“Daech” ou “État is­la­mique” ?

Causette - - POLITIQUE -

Une poi­gnée de jour­na­listes et de cher­cheurs ont alors re­fu­sé de se mettre au pas, conti­nuant de par­ler de l’État is­la­mique : « S’il est tout à fait nor­mal que les gou­ver­ne­ments se po­si­tionnent avec “Daech” dans un ef­fort de pro­pa­gande, mon rôle à moi est de res­ter neutre. Or, dé­nom­mer une or­ga­ni­sa­tion comme elle-même se nomme est en soi un acte de neu­tra­li­té », ex­plique Ro­main Caillet, cher­cheur, spé­cia­liste de l’or­ga­ni­sa­tion. Pour Fran­çois-Ber­nard Huy­ghe, de l’Ins­ti­tut de re­la­tions in­ter­na­tio­nales et stra­té­giques (Iris), que ce­la plaise ou non, l’or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste, de fac­to, s’or­ga­nise en État : elle im­pose sa jus­tice, pré­lève l’im­pôt, vend du pé­trole, fait (sur)vivre hô­pi­taux, écoles et bat sa propre mon­naie. Même si au­cun pays ne re­con­naît son exis­tence en tant qu’État, uti­li­ser « État is­la­mique » rend compte d’une réa­li­té. Le quo­ti­dien Le Monde a, quant à lui, tou­jours par­lé d’« État is­la­mique ». Pour l’un de ses cor­rec­teurs, Luc Le Di­ga­bel, c’est un prin­cipe d’hon­nê­te­té : « Ap­pe­lons les choses par leur nom et ex­pli­quons par ailleurs ce qu’elles sont. Je trouve que cette so­lu­tion est simple et plus hon­nête, car elle évite un ar­ti­fice et une langue au goût de bois. » Il semble que l’idée ait fait son che­min. Lors de la tra­di­tion­nelle in­ter­view du 14 juillet, cet été, Fran­çois Hol­lande dé­cla­rait vou­loir conti­nuer à « sou­te­nir ceux qui en Sy­rie se battent contre l’État is­la­mique ».

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