Mort de rire

Causette - - POLITIQUE -

En Sy­rie, on ne meurt pas

que sous les bombes, on meurt aus­si de faim… Et il y en a que ce­la fait rire ! Ma­daya, Za­ba­da­ni, Foua, Ka­fraya et Deir ez-Zor sont des villes sy­riennes as­sié­gées par le ré­gime, les re­belles ou l’État is­la­mique. À Ma­daya, par exemple, 40 000 ci­vils sont en­cer­clés par les forces du ré­gime As­sad de­puis juillet 2015. As­sié­gés, ils ne re­çoivent plus les vivres. Un ki­lo de riz s’y né­go­cie jus­qu’à 150 dol­lars. De­puis dé­cembre, au moins ving­thuit per­sonnes sont ain­si mortes de faim, se­lon Mé­de­cins sans fron­tières. Pour aler­ter l’opi­nion in­ter­na­tio­nale, un mé­de­cin pré­sent sur place s’est mis à pu­blier sur In­ter­net des vi­déos et des pho­tos des corps dé­char­nés de ses pa­tients. Des pe­tits ma­lins pro-As­sad s’en sont em­pa­rés, ont tour­né en ri­di­cule ces images, al­lant jus­qu’à créer un ha­sh­tag en arabe, que l’on peut tra­duire par « so­li­da­ri­té avec Ma­daya ». Ils y postent des pho­tos de fri­gos pleins ou de fes­tins de roi. Mais le cri d’alarme du mé­de­cin n’a pas fait rire tout le monde. La com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale a fi­ni par faire pres­sion sur Ba­char el-As­sad, ob­te­nant de lui, le 8 jan­vier, de lais­ser des as­so­cia­tions hu­ma­ni­taires comme la Croix-Rouge et le Crois­sant-Rouge pé­né­trer dans Ma­daya avec des co­lis ali­men­taires et des mé­di­ca­ments. À leur ar­ri­vée, ils dé­couvrent des af­fa­més par mil­liers, des en­fants, des bé­bés qui n’ont rien ava­lé de­puis plu­sieurs jours et le corps sque­let­tique d’un ado­les­cent re­trou­vé dans son lit, pour le­quel les mé­de­cins ne peuvent plus rien. Mort de rire. Un (pe­tit) ouf de sou­la­ge­ment pour tous les couples en­ga­gés dans un par­cours de pro­créa­tion mé­di­ca­le­ment as­sis­tée (PMA) Grâce à la nou­velle loi de san­té les femmes sa­la­riées peuvent s’ab­sen­ter de leur tra­vail pour au­tant d’exa­mens et d’actes mé­di­caux que le pro­to­cole l’exige. Idem pour les conjoints sa­la­riés, dans la li­mite de trois ­ren­dez­vous maxi­mum. Comme pour le sui­vi des gros­sesses, ces ab­sences n’en­traînent au­cune di­mi­nu­tion de la ré­mu­né­ra­tion et sont as­si­mi­lées à une pé­riode de tra­vail ef­fec­tif. Plus be­soin de jon­gler avec ses RTT, mais ce­la sup­pose de dé­voi­ler à son em­ployeur une par­tie de sa vie pri­vée. Le droit avance, es­pé­rons que les men­ta­li­tés suivent.

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