La Jeune Fille sans mains Ex­quises es­quisses

Causette - - CINÉMA -

Une épo­pée, cruelle mais re­belle. Fé­mi­niste, en fin de compte. Une ex­plo­sion de cou­leurs, de sons et de mou­ve­ments. Un film d’ani­ma­tion à nul autre pa­reil, en somme. Si­gné Sé­bas­tien Lau­den­bach, La Jeune Fille sans mains se dis­tingue par son gra­phisme. Épu­ré, fas­ci­nant : on os­cille entre Ma­tisse, l’es­tampe ja­po­naise et l’abs­trac­tion ! Les images s’ap­pa­rentent à des es­quisses, des traits fur­tifs qui se ré­in­ventent sans cesse, com­po­sant une danse gra­cieuse et sau­vage. Rac­cord avec une bande-son non moins pal­pi­tante. Un sen­ti­ment de vie, très fort, s’échappe ain­si de ce bal­let fan­tas­tique. D’au­tant plus puissant qu’il est pa­ra­doxal, La Jeune Fille sans mains étant l’adap­ta­tion (libre) d’un conte, très noir, des frères Grimm. On y dé­couvre ain­si un meu­nier ca­pable de vendre sa fille (si pure) au diable (si fourbe et si vi­lain), et même de lui cou­per les mains pour qu’elle ne puisse se dé­ro­ber. Mais comme cette sombre his­toire re­late un par­cours vers la lu­mière (chic, c’est la jeune fille qui ter­rasse le dé­mon et sauve le prince !), on che­mine éga­le­ment de mo­ments fée­riques en pauses fran­che­ment sen­suelles. Un film jouis­sif, à tout point de vue.

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