La po­li­tique de la Mar­chan­dise

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Char­lotte Mar­chan­dise n’a pas de par­ti, pas de fi­nan­ce­ments, mais elle est peut-être la can­di­date qui pour­rait bien (re) don­ner à cer­tains l’en­vie d’al­ler glis­ser son bul­le­tin dans l’urne à la pro­chaine élec­tion pré­si­den­tielle. D’abord, parce que cette Ren­naise de 42 ans a rem­por­té, le 30 dé­cembre, LaP­ri­maire.org, à 50,64 %, par­mi quatre autres can­di­dats is­sus de la so­cié­té ci­vile. En­suite, parce que son pro­gramme tranche quelque peu avec ce­lui des can­di­dats tra­di­tion­nels. « Je pense que les gens ont vo­té pour moi parce que j’étais celle qui avait le moins en­vie d’être pré­si­dente de la Ré­pu­blique ! », s’amuse-t-elle. D’ailleurs, elle se­ra pré­si­dente le moins long­temps pos­sible car le pre­mier axe de son pro­gramme, une consti­tuante pour ré­for­mer le sys­tème, se­ra de « ne plus avoir de pré­sident dans ce pays » ! Pour le reste, son pro­jet four­mille de ré­formes, mé­lange de voeux pieux et d’idées am­bi­tieuses : re­ve­nu de base in­con­di­tion­nel, tran­si­tion éco­lo­gique à fond les bal­lons ( « étendre la ga­ran­tie des pro­duits élec­tro­mé­na­gers à dix ans et ce­la de ma­nière obli­ga­toire », par exemple) ; et une jus­tice in­dé­pen­dante qui pro­té­ge­rait les po­li­ciers ré­pu­bli­cains in­cor­rup­tibles, voire les ai­de­rait à si­gna­ler les sol­li­ci­ta­tions dont ils ont fait l’ob­jet, sans ris­quer de blo­cage ou de sanc­tion par leur hié­rar­chie. « Ceux qui font de vraies ré­vo­lu­tions ne sont pas les po­li­tiques pro­fes­sion­nels : ce sont les gens en­ga­gés », as­sume-t-elle. Et, de fait, les pro­grammes « mo­cas­sins à glands » (ou l’in­verse) d’autres can­di­dats res­semblent, en com­pa­rai­son, à des in­ven­taires de mu­sée. Ne lui reste plus qu’à ré­col­ter les 384 si­gna­tures d’élus qui manquent pour l’autre élec­tion, la grosse.

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