Læ­ti­tia Dosch fait tout pé­ter

Dans Jeune Femme, pre­mier film ébou­rif­fant de Léo­nor Ser­raille, Ca­mé­ra d’or au Fes­ti­val de Cannes, la co­mé­dienne ex­plose. Ren­contre avec une ac­trice, qui ap­porte au ci­né­ma fran­çais bien ca­li­bré un vent de li­ber­té. Tant par ses choix de rôles et la fa­çon d

Causette - - LA COPINE DE CAUSETTE - Par sa­rah gan­dillot – pho­tos ré­my ar­tiges pour cau­sette

Quand le pho­to­graphe ar­rive, ça fait bien deux plombes qu’on pa­pote avec Læ­ti­tia Dosch comme deux vieilles co­pines, chez elle, au­tour d’un li­tron de ti­sane Sa­veurs du soir (il est 10 heures du mat), qui in­fuse de­puis trop long­temps dans un ther­mos d’avant-guerre. La co­mé­dienne, qui vit dans une sorte d’an­cien ate­lier d’ar­tiste, au fond d’une im­passe fleu­rie du XXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, s’est en­voyé la moi­tié d’un pa­quet de bis­cuits au cho­co­lat en guise de pe­tit déj et a dé­jà fu­mé quatre ou cinq clopes. Elle avait pré­vu de re­pas­ser son che­mi­sier et de se faire une pe­tite beau­té avant la séance photo, mais notre dis­cus­sion l’a clai­re­ment dé­tour­née de son ob­jec­tif. C’est à l’ar­rache, et de­vant un pe­tit mi­roir de poche, qu’elle s’étale mal­adroi­te­ment sur la tronche un peu d’un fond de teint sor­ti des en­trailles de sa salle de bains. Elle n’a pas l’air d’avoir trop l’ha­bi­tude… Quand on sait que la plu­part des ac­trices re­fusent ca­té­go­ri­que­ment une séance photo sans une ar­mée de ma­quilleurs-coif­feurs-sty­listes (sans par­ler de la re­touche Pho­to­shop de ri­gueur), l’at­ti­tude de Læ­ti­tia Dosch, af­fran­chie des normes propres à son mé­tier et à son sexe, a de quoi nous ra­vir.

Le pu­blic ne l’a vrai­ment dé­cou­verte qu’en 2013, au ci­né­ma, dans La Ba­taille de Sol­fé­ri­no, de Jus­tine Triet. Elle y cam­pait une jour­na­liste pour iTé­lé, com­plè­te­ment dé­pas­sée par ses deux filles qui hurlent et son ex bor­der­line ( Vincent Ma­caigne). Le tout sur fond de di­rects cha­hu­tés par la foule, de­puis la rue de Sol­fé­ri­no, le jour de l’élec­tion de Fran­çois Hol­lande. On y dé­cou­vrait l’am­pleur de la tor­nade Dosch. Et l’ex­trême in­ten­si­té de son jeu. Sa voix de cré­celle un peu na­sillarde, son dé­bit mi­traillette, son corps phy­sique et sen­suel. Mais aus­si cette im­pres­sion qu’elle donne, tou­jours, de se foutre roya­le­ment de se mon­trer sous son ­meilleur jour. Ce rôle l’a ré­vé­lée au ci­né­ma, elle en est consciente, mais elle l’a en­suite por­té un peu « comme un far­deau » . « On me voyait comme l’hys­té­rique de ser­vice. Je dé­teste ce mot, dé­jà, et puis je me suis sen­tie pri­son­nière de cette image », confie-t-elle. Pas sûr que le per­son­nage de Pau­la, dans Jeune Femme, qui sort dé­but no­vembre, puisse lui per­mettre de se dé­col­ler de cette éti­quette. Le rôle n’en est pas moins beau.

La condi­tion fé­mi­nine, un ques­tion­ne­ment per­pé­tuel

Quand le film dé­marre, Pau­la vient de se faire pla­quer par son pho­to­graphe de mec. Elle se fra­casse la tête de rage sur la porte de leur ap­par­te­ment, le har­cèle sur son in­ter­phone, leur gros chat an­go­ra dans les bras et des chaus­settes tur­quoise dans ses sa­bots. La scène se ter­mine à l’hô­pi­tal, un gros pan­se­ment sur le front, dans une sé­quence aus­si drôle que déses­pé­rée. Le reste du film dé­roule le par­cours ini­tia­tique de Pau­la pour s’af­fran­chir de cet homme et re­con­qué­rir sa li­ber­té. Une longue er­rance dans Pa­ris, faite de ren­contres aty­piques, de so­li­tude à cre­ver aus­si, de pré­ca­ri­té, de pe­tits bou­lots. « Ce que j’aime chez

Pau­la, c’est que sa li­ber­té ne passe pas par une réus­site so­ciale. Elle peut trou­ver sa voie en fai­sant du ba­by-sit­ting ou en travaillant dans un bar à cu­lottes. Je trouve qu’au­jourd’hui, on as­so­cie trop sys­té­ma­ti­que­ment la conquête de la li­ber­té à celle du pou­voir. Et puis cette fa­çon qu’elle a, très franche, voire bru­tale, de s’ex­pri­mer. On voit ra­re­ment ça au ci­né­ma… », ex­plique Læ­ti­tia Dosch pour qui ce que si­gni­fie être une femme au­jourd’hui est, sans au­cun doute, l’une de ses interrogations per­ma­nentes. La ques­tion de la femme comme ob­jet l’ob­sède pas mal. Comme celle de la do­mi­na­tion. Ces su­jets de ré­flexion sont d’ailleurs au coeur de sa pro­chaine créa­tion. Un duo – elle, nue, avec un che­val – dans le­quel elle met en pa­ral­lèle la condi­tion ani­male et celle de la femme. Elle y a d’ailleurs tra­vaillé tout l’été, dans un ha­ras en Suisse. « Être ac­trice, et donc dé­pendre du dé­sir des autres, est très com­pli­qué pour moi. Rai­son pour la­quelle j’ai be­soin de créer mes propres spec­tacles. Ça com­pense ! » re­con­naît-elle.

Jus­qu’ici, Læ­ti­tia Dosch avait donc conquis sa li­ber­té plu­tôt du cô­té des planches. Avec d’autres, bien sûr, et pas des moindres, tels Éric Vi­gner, Éric Ruf, Mar­co Ber­ret­ti­ni, Jo­na­than Cap­de­vielle, mais aus­si, et sou­vent, seule, dans ses propres créa­tions. Des spec­tacles ov­nis qui, tou­jours, flirtent avec les li­mites et le ma­laise. En par­ti­cu­lier dans Læ­ti­tia fait pé­ter, mon­té en 2010. Un spec­tacle dans le­quel elle jouait une co­mique de stand-up hy­per nulle qui ne fai­sait que des blagues ab­jectes sur les juifs, les han­di­ca­pés ou les pé­do­philes. Une sorte de mé­tas­pec­tacle qui ques­tion­nait le rôle des co­miques et autres « stand-up­pers » d’au­jourd’hui, mais aus­si les li­mites de l’hu­mour et du rire. « Oui, et aus­si le déses­poir et l’am­bi­guï­té qu’il peut y avoir der­rière ce type de blagues que j’en­ten­dais par­fois, en fin de soi­rée, dans la bouche de cer­tains de mes amis, un peu al­coo­li­sés. Et pour­quoi, même moi, ça pou­vait aus­si me faire rire de temps en temps », ana­lyse-t-elle. Un spec­tacle très « au­to­des­truc­teur » , mais « gé­nial à in­ter­pré­ter » qu’elle ado­re­rait re­jouer si les pro­gram­ma­teurs, un peu fri­leux jus­qu’ici, le vou­laient bien. « Le fait que ce soit une femme, aus­si, qui dise des hor­reurs m’in­té­res­sait », ajoute-t-elle.

“Peur de rien, et sur­tout pas de dé­plaire”

Il faut avoir du cran pour oser jouer ça. Mais, de l’aveu du réa­li­sa­teur Jé­rôme Bon­nell, ami de la co­mé­dienne de­puis le ly­cée, « Læ­ti­tia n’a peur de rien. Et sur­tout pas de dé­plaire ». « Elle prend des risques et se met en dan­ger », confirme Léo­nor Ser­raille. Son nou­veau spec­tacle, Un al­bum, qu’elle re­prend ac­tuel­le­ment au Théâtre du Rond-Point, à Pa­ris, en té­moigne lui aus­si. Elle y joue, sans tran­si­tion, et comme par as­so­cia­tions d’idées, près de quatre-vingts per­son­nages, croi­sés dans la rue au gré de ses pé­ré­gri­na­tions ou dans sa vie : « Je marche beau­coup et je passe du temps dans les ca­fés. Je dis­cute avec les gens. Et comme j’ai une très bonne mé­moire, je re­tiens tout. Pour ce spec­tacle, je suis al­lée ob­ser­ver

ce que di­saient les gens dans les bi­blio­thèques, les hô­pi­taux ou à Pôle Em­ploi. Et sur­tout, comment ils le di­saient. » Au fi­nal, sur scène, Læ­ti­tia Dosch, éton­nante trans­for­miste, est suc­ces­si­ve­ment un bé­bé, une vieille dame pros­trée dans un fau­teuil, un ma­ri quit­té, une maî­tresse de mai­son ul­tra snob, un psy qui n’en peut plus de ses pa­tients, une ac­trice qui en fait des caisses ou des pa­rents au bout du rou­leau. « Ce qui m’a plu chez elle, avant de la ren­con­trer, se sou­vient Léo­nor Ser­raille, c’est que, se­lon les pho­tos sur les­quelles je la voyais, elle n’avait ja­mais la même tête. Par­fois une tête d’en­fant, par­fois de femme fa­tale, par­fois un vi­sage très brut sans ma­quillage. » De ces mille vi­sages, la co­mé­dienne a fait sa force. De ses mille ren­contres for­tuites aus­si.

Un en­ga­ge­ment vis­cé­ral

« Læ­ti­tia est quel­qu’un de très bien­veillant et de pro­fon­dé­ment tour­né vers l’autre. Elle nour­rit les SDF dans sa rue, s’est louée une pe­tite chambre d’hô­tel pour­rie à Ca­lais pour al­ler voir les mi­grants, a sau­vé un mec en over­dose à Ge­nève qui al­lait se foutre sous le bus et s’est pris une beigne au pas­sage, peut pas­ser une soi­rée en­tière à jouer avec des en­fants dans une fête ou quatre heures à mas­ser le ventre de mon fils quand il avait mal au bide, bé­bé », ra­conte sa meilleure amie, la met­teuse en scène Noë­mie Ksi­co­va. « Je crois que ce n’est pas po­li­tique, mais plu­tôt un en­ga­ge­ment hu­main vis­cé­ral. La souf­france lui est in­sup­por­table. » Po­li­tique, elle l’est tout de même un peu, elle qui a pas­sé des heures à Nuit de­bout, pre­nant lar­ge­ment part aux dif­fé­rentes com­mis­sions sur la place de la Ré­pu­blique et aux ma­ni­fes­ta­tions qui ont sui­vi. Et qui tracte pour un par­ti po­li­tique dont elle tai­ra le nom, sou­dai­ne­ment prise de pu­deur.

Læ­ti­tia Dosch a 37 ans. Elle vit seule et n’a pas d’en­fants. « Jus­qu’à très ré­cem­ment, je n’y avais pas pen­sé », dit-elle. La so­cié­té s’em­ploie à lui rap­pe­ler que l’hor­loge tourne, et elle trouve « trop in­juste que les femmes n’aient pas au­tant de temps que les hommes » . Elle ai­me­rait bien en faire, trou­ve­rait ça gé­nial, mais pour ce­la, « il fau­drait d’abord trou­ver un homme qui ac­cepte que sa femme soit vrai­ment libre » , ce qu’elle trouve « pas évident » . « J’ai ren­con­tré plein d’hommes, pour­tant très pro­gres­sistes, très in­tel­li­gents, qui, au fond, pré­fé­raient que leur femme soit plu­tôt der­rière eux. Ou au mieux, à cô­té », dé­plore-t-elle. Par­fois, elle se dit que ça la « re­po­se­rait » un peu de se lo­ver dans cette fa­ci­li­té, de s’ap­puyer sur quel­qu’un, elle qui ne compte ja­mais que sur elle-même. Mais le dé­sir de créer et d’inventer son propre des­tin sans cesse la rat­trape. Elle a conscience que, du coup, il y a peut-être des choses qu’elle va « ra­ter dans [sa] vie pri­vée » . Mais elle a l’air d’en prendre son par­ti.

Elle a dé­ci­dé, il y a deux ans, de quit­ter son tout pe­tit ap­par­te­ment du centre de Pa­ris pour cette mai­son de pou­pée trop chère pour elle. « Mais je me suis dit que comme j’y pas­sais ma vie, j’al­lais y foutre tout mon po­gnon », lance-t-elle, hi­lare. Quand elle rit, c’est à gorge dé­ployée. Læ­ti­tia Dosch est « in­con­tes­ta­ble­ment tour­née du cô­té de la joie », dit Léo­nor Ser­raille. Et à pleu­rer de rire. « Un hu­mour de gaffes, par­fois fait ex­près, par­fois pas », confirme Noë­mie Ksi­co­va. « Un hu­mour de l’ins­tant, sans re­te­nue, les pieds dans le plat », pré­cise Jé­rôme Bon­nell, qui ajoute : « Læ­ti­tia ne met ja­mais en avant sa fra­gi­li­té. Au contraire, elle dé­pense beau­coup d’éner­gie à la plan­quer. Il y a une vio­lence en elle qui existe, qui fait par­tie de ses se­crets, et qu’elle s’em­ploie sans cesse à sur­mon­ter. C’est ce qui est émou­vant chez elle. »

Le se­cret se­rait-il plan­qué du cô­té de l’en­fance ? Sans doute, si l’on s’en tient à ce qu’elle en dit : « J’étais qua­si­ment muette jus­qu’en ter­mi­nale. » Il faut dire que l’am­biance à la mai­son est spé­ciale. Læ­ti­tia vit avec sa mère, sa soeur et… tout le reste de sa fa­mille ma­ter­nelle ! Les oncles, les tantes, les cou­sins, les grands-pa­rents. Toute une tri­bu d’aris­tos folk­lo en co­loc dans un grand ap­par­te­ment pa­ri­sien. « Ça s’est fait comme ça… Plein d’entre eux avaient di­vor­cé. Alors, tout le monde est re­tour­né au ber­cail. » Le père de Læ­ti­tia, suisse, l’avait dé­ser­té très tôt, le ber­cail. Un homme très drôle – « trop grand, trop gros, Or­son Welles quoi ! » – qu’au­jourd’hui elle voit une fois tous les quatre ans. « On se voit, on s’en­gueule et c’est re­par­ti pour quatre ans. »

Drôles d’oiseaux

À l’époque de la grande co­loc, donc, son grand-père, or­ni­tho­logue, col­lec­tionne les oeufs d’oiseaux. « Il les vi­dait, puis les ran­geait dans des boîtes. J’ai gran­di en­tou­rée de dix mille oeufs ex­po­sés dans des bi­blio­thèques et d’oiseaux em­paillés, c’était quelque chose… » Sur le bal­con trô­nait une grande vo­lière avec des oiseaux bien vi­vants. Près du té­lé­phone, une pie qui avait ap­pris à par­ler. « À une pé­riode, y a même eu un fen­nec et des chin­chil­las. » Drôle d’his­toire ! Une fa­mille à la « fan­tai­sie cruelle, avec beau­coup de règles à res­pec­ter, pas mal d’hu­mi­lia­tions et de pu­ni­tions, se sou­vient-elle. Un monde du se­cret, où tout ce qui n’était pas gai de­vait être ca­ché. Beau­coup de choses sous le ta­pis… » Læ­ti­tia est une en­fant so­li­taire, « très dans [sa] tête » . Et ça ne s’est pas ar­ran­gé quand le beau-père, avec le­quel elle ne s’en­ten­dait pas « DU TOUT », in­siste-t-elle, dé­barque. « Alors, je me suis pro­té­gée. Il y avait tel­le­ment de choses que je ne pou­vais pas dire que je me suis tue. » Toute son en­fance, elle passe pour « la bi­zarre » , celle qui a « trop d’émo­tions » . « D’au­tant que ma mère m’ha­billait avec

“Être ac­trice, et donc dé­pendre du dé­sir des autres, est très com­pli­qué pour moi. Rai­son pour la­quelle j’ai be­soin de créer mes propres spec­tacles. Ça com­pense ! ”

des robes à smocks et des kilts. Des trucs qui ne se fai­saient plus de­puis vingt ans » , se marre-t-elle. Une en­fance si­len­cieuse, le nez plan­qué dans Le Club des cinq à rê­ver de de­ve­nir la meilleure amie de Claude, l’hé­roïne qui ose tout, quand on vou­lait lui re­four­guer Le prince Éric, « un scout bon à rien » . Pen­dant les va­cances, heu­reu­se­ment, il y a les Ha­ra-Ki­ri plan­qués dans le gre­nier du ton­ton. « C’est comme ça que j’ai dé­cou­vert la sexua­li­té ! »

La bande des “freaks”

Tout se dé­coince au ly­cée, où Læ­ti­tia ren­contre ceux qui sont en­core au­jourd’hui ses meilleurs amis. Une bande de quatre ou cinq potes qui, eux non plus, n’avaient pas réus­si à trou­ver leur place. « L’un parce qu’il avait une grosse ci­ca­trice au mi­lieu du vi­sage, l’autre parce qu’il était un peu mons­trueux », ra­conte-t-elle. La bande de freaks réus­sit à re­tour­ner le ly­cée. Ils en de­viennent les stars. « On était fous. On cra­chait dans la classe, on fai­sait que des conne­ries. » Jé­rôme Bon­nell confirme : « On fai­sait des pa­ris et ce­lui qui per­dait de­vait al­ler imi­ter un ani­mal de­vant tout le monde, en plein mi­lieu de la cour. J’ai de beaux sou­ve­nirs de Læ­ti­tia fai­sant la poule en hur­lant sur le ter­rain de volley », ri­gole-t-il. «À l’époque, elle ne di­sait pas en­core qu’elle vou­lait être ac­trice. Elle avait la pu­deur des exu­bé­rants, se sou­vient le réa­li­sa­teur. Au ly­cée, on ne voyait qu’elle. De longues robes co­lo­rées, des se­melles com­pen­sées hy­per hautes, les che­veux très courts qu’elle tei­gnait d’une cou­leur dif­fé­rente tous les mois. » Belle re­vanche sur l’en­fance !

C’est une his­toire d’amour avec un co­mé­dien connu, quelques an­nées plus tard, qui lui donne l’en­vie fou­gueuse de faire ce mé­tier. Même si, au fond, elle était « née pour ça » . Après lui avoir mis le pied à l’étrier, il l’a quit­tée en lui di­sant : « Il n’y a pas de place pour deux co­mé­diens dans un couple. » Elle l’a com­pris, et de­puis quinze ans, elle trace sa route. Route qui de­vrait la conduire ra­pi­de­ment en haut de la mon­tagne.

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