Ed­dy de Pret­to

the Kid

Causette - - LIVRES -

Dès la pre­mière écoute, la claque. Des textes aus­si poé­tiques que puis­sants, par­lés-chan­tés, pro­je­tés de­puis la bouche d’un mys­té­rieux jeune homme au nom fait pour la scène : Ed­dy de Pret­to. Né « dans les an­nées 1990 » à Cré­teil ( Val-de-Marne), ce jeune mu­si­cien-in­ter­prète, ber­cé par Diam’s et Jacques Brel, ques­tionne avec ­bru­ta­li­té l’iden­ti­té et le monde qui l’en­toure. In­tense, son pre­mier EP Kid est pour lui « un dé­but de ré­ponse » . De­puis Stro­mae, on n’avait pas en­ten­du ça. Cau­sette l’a ren­con­tré.

Cau­sette : C’est ar­ri­vé comment la mu­sique ?

J’ai tou­jours chan­té. Je créais mes spec­tacles à

Ed­dy de Pret­to : la mai­son, j’ap­pe­lais mes voi­sins et les ins­tal­lais sur le ca­na­pé pour faire mon show. Ça m’a tou­jours ren­du heu­reux. À 12 ans j’ai com­men­cé la tech­nique vo­cale, puis j’ai in­té­gré une école des arts de la scène et, en­fin, le conser­va­toire. Je dan­sais, chan­tais et jouais de 8 à 18 heures, c’était gé­nial. Au­jourd’hui, je bouffe la scène, j’es­saie de lui rendre tout ce qu’elle m’ap­porte.

Qu’est-ce qu’on écou­tait chez toi ?

Ma mère était une grande fan de Claude Nou­ga­ro, Georges

E. D. P. : Bras­sens et Jacques Brel. Ça ren­trait, mais ça ne me plai­sait pas trop. Je pré­fé­rais écou­ter Diam’s et Boo­ba en bas de chez moi. Il y avait un fos­sé entre le haut de mon im­meuble et le bas de ma rue. Main­te­nant, c’est moi qui rap­proche les deux.

Mais, du coup, toi, tu chantes ou tu rappes ?

Je viens d’abord de la chan­son, le rap est ve­nu en­suite.

E. D. P. : Mes textes sont ba­vards, bruts, mais, se­lon moi, je chante. Je cherche un dé­bit as­sez souple et te­nu, mais avec des mots pré­cis, sub­tils et une dic­tion par­ti­cu­lière, pour que l’on me com­prenne.

Ton titre, Kid, dé­nonce avec jus­tesse les in­jonc­tions à la vi­ri­li­té. Tu parles d’ex­pé­rience ?

J’ai un père attaché aux codes mas­cu­lins. Quand j’étais pe­tit,

E. D. P. : il me tan­nait pour que j’aille jouer au bal­lon plu­tôt que d’al­ler faire du théâtre. En me voyant jouer à la pou­pée avec la voi­sine, il se di­sait qu’il y avait un pro­blème. Quand tu gran­dis avec ce dis­cours, tu ne te sens ja­mais à la hau­teur pour ton père, tu ne brilles pas dans ses yeux. C’est ce qui était le plus dur, car j’es­sayais de com­prendre comment le sa­tis­faire. Kid, c’était ma ré­ponse pour lui. On n’a plus vrai­ment de contact au­jourd’hui, mais je pense qu’il est fier de moi.

U

pro­pos re­cuei llis par maË­lys pei­tea­do

Kid, d’Ed­dy de Pret­to. Ini­tial Ar­tist Ser­vices, CD à 9,99 eu­ros, 2,99 eu­ros en té­lé­char­ge­ment. Sor­tie le 6 oc­tobre.

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