LES COU­LEURS DU FÉ­MI­NISME « Name & shame » à la fran­çaise : un tout pe­tit, pe­tit pi­lo­ri

Causette - - SOMMAIRE -

De­puis sep­tembre, Mar­lène Schiap­pa, la se­cré­taire d’État char­gée de l’Éga­li­té entre les femmes et les hommes, fait la chasse aux mau­vais élèves de la fé­mi­ni­sa­tion. En guise de bon­net d’âne, seuls les noms des deux der­niers de la classe ont été lâ­chés pu­bli­que­ment. Vous n’en avez pas eu vent ? C’est bien dom­mage, car cette dé­non­cia­tion contrain­drait les en­tre­prises à (en­fin !) mieux nous payer et nous faire évo­luer dans notre car­rière ! Cau­sette vous pro­pose donc ce pe­tit ma­nuel du name & shame pour les nul·les. En es­pé­rant que nos élu·es veuillent bien s’en ins­pi­rer. la mi­li­tante éco­lo­giste amé­ri­caine Jen­ni­fer Jac­quet, au­teure du pre­mier es­sai sur le su­jet, Is Shame Ne­ces­sa­ry? New Uses for an Old Tool (2015). Les pre­mières pra­tiques qui s’ap­pa­rentent au name & shame re­montent au mi­lieu des an­nées 1980. Des mi­li­tant·es contre l’apar­theid en Afrique du Sud ont dé­non­cé les mul­ti­na­tio­nales pré­sentes dans le pays et ont pous­sé au boy­cott de leurs pro­duits. Shell et Co­caCo­la en ont fait les frais. Les as­so­cia­tions en­vi­ron­ne­men­tales comme Green­peace en sont cou­tu­mières. Aux États-Unis, la mé­thode a fait la preuve de son ef­fi­ca­ci­té. En Ca­li­for­nie, par exemple, un site Web re­cense les cinq cents plus mau­vais payeur·ses en ma­tière d’im­pôts – celles et ceux qui n’ont pas ré­glé leur dû, mal­gré un rap­pel et six mois de dé­lai. In­tran­si­geant ? Sur­tout peu coû­teux et ef­fi­cace, le dis­po­si­tif a rap­por­té à cet État 395 mil­lions de dol­lars d’ar­rié­rés d’im­pôts entre 2007 et 2015. La pre­mière fois qu’on en parle chez nous, c’est en 2008, lors d’un name & shame or­ga­ni­sé par une ins­ti­tu­tion. La Haute Au­to­ri­té de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions et pour l’éga­li­té (Halde) vient d’épin­gler plu­sieurs en­tre­prises ac­cu­sées de pra­ti­quer de la dis­cri­mi­na­tion à l’em­bauche vi­sant deux ca­té­go­ries de can­di­dat·es : celles et ceux d’ori­gine magh­ré­bine et celles et ceux âgés de plus de 45 ans. Des so­cié­tés comme Accor Jobs et le Cré­dit agri­cole sont clouées au pi­lo­ri et pous­sées à chan­ger leurs

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