Ca­fé pi­peau

Causette - - ON NOUS PREND POUR DES QUICHES ! -

Voi­là une belle fa­çon de re­mer­cier nos hommes tra­vailleurs qui se tuent à la tâche toute la jour­née. Pour 90 francs suisses, le tout pre­mier « ca­fé pipe » d’Eu­rope, si­tué au De­li­cious Club de Ge­nève, pro­pose à ces mes­sieurs un bar à « ori­fices » sous le­quel de « très jo­lies hô­tesses ajou­te­ront au plai­sir de [leur] ca­fé un pe­tit mo­ment de bon­heur » . Beau joueur, son heu­reux pro­prié­taire, Da­vid Ra­my, rap­pelle que ce « fa­bu­leux concept » est le fruit d’un autre gé­nie. Brad­ley Char­vet, de son faux nom, co­gé­rant du site de ser­vices éro­tiques Fa­ce­girl, avait ten­té d’en ou­vrir un en 2015. Sans suc­cès : si la pros­ti­tu­tion est lé­gale en Suisse, elle reste in­ter­dite dans les lieux pu­blics. Une ré­gle­men­ta­tion fa­ci­le­ment contour­née par Da­vid Ra­my, puisque le De­li­cious Club est es­tam­pillé « sa­lon de mas­sage », donc consi­dé­ré comme un éta­blis­se­ment pri­vé.

N’es­pé­rez pas pour au­tant dé­gus­ter un latte raf­fi­né dans l’es­pace amé­na­gé « ca­fé pipe » du De­li­cious Club : « gra­cieu­se­ment of­fert par le ma­na­ger ita­lien Er­nes­to », le pe­tit noir res­semble ici à un pré­texte ­lyo­phi­li­sé, aus­si ins­tan­ta­né que la jouis­sance des clients. Der­rière ce lieu convi­vial, les ré­sul­tats d’une soi-di­sant étude ci­tée par le gé­rant : « Les hommes [se­raient] plus per­for­mants au tra­vail après avoir été ­sa­tis­faits du­rant la ma­ti­née. » On n’est pas scien­ti­fiques, mais le club n’ouvre qu’à 15 heures...

Mer­ci, Char­lotte. Crus­ta­frais dit res­pec­ter « les col­la­bo­ra­teurs, les clients, les pê­cheurs, la na­ture et la mer», mais prend vi­si­ble­ment les femmes pour des mo­rues.

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