Le Ch­rist s'est ar­rê­té en Ka­by­lie

Causeur - - Sommaire N° 46 – Mai 2017 -

Depuis 1962, l’al­gé­rie re­con­naît l’église ca­tho­lique comme Église na­tio­nale du fait de son sou­tien à la cause in­dé­pen­dan­tiste… mais voit d’un mau­vais oeil les conver­sions, a for­tio­ri depuis l’adop­tion d’une loi an­ti­pro­sé­lyte en 2006. Cu­rieu­se­ment, Al­ger semble plus to­lé­rante en­vers les évan­gé­liques pro­tes­tants qui consti­tuent le gros des 52 000 Al­gé­riens conver­tis au chris­tia­nisme. Ain­si, la Grande Ka­by­lie est à la fois un foyer ac­tif d’évan­gé­lisme et le der­nier ré­duit de ter­ro­risme is­la­miste dans le pays. Ce pa­ra­doxe s’ex­plique par le jeu trouble du pou­voir central qui agite deux chif­fons rouges : ber­bé­risme et is­la­misme. En ma­ni­pu­lant ces par­ti­cu­la­rismes trop faibles pour le me­na­cer, le ré­gime se pose en ga­rant de la pé­ren­ni­té na­tio­nale. Mal­gré leur achar­ne­ment à attaquer les sym­boles de l’état, les dji­ha­distes prennent soin de ne ja­mais attaquer les pre­miers, dans un contexte de dé­fiance en­vers l’ara­bi­té. À Ti­zi Ou­zou, les évan­gé­liques ont pi­gnon sur rue et des mil­liers de mu­sul­mans non pra­ti­quants dé­jeunent pu­bli­que­ment en plein ra­ma­dan, mais rares sont les en­seignes en arabe. •

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