Deux mi­nutes trente-huit de bon­heur

Causeur - - Brèves - Par Fran­çois-xa­vier Aja­von

Le peuple bri­tan­nique, qui a vo­té en fa­veur du Brexit, n'a peut-être pas me­su­ré l'am­pleur de son geste. Non seule­ment le Royaume-uni est mon­tré du doigt sur la scène in­ter­na­tio­nale, des sièges so­ciaux de mul­ti­na­tio­nales s'ap­prêtent à dé­ser­ter la Ci­ty au pro­fit d'autres ca­pi­tales… mais le mé­ri­dien de ré­fé­rence de Green­wich est ou­ver­te­ment contes­té ! Jus­qu'à pré­sent, ce mé­ri­dien de ré­fé­rence où la lon­gi­tude est dé­fi­nie comme égale à zé­ro, passe conven­tion­nel­le­ment par l'ob­ser­va­toire royal de Green­wich, dans la ban­lieue de Londres. Il per­met no­tam­ment de dé­fi­nir les fu­seaux ho­raires mon­diaux. Or, voi­là qu'un vil­lage d'ir­ré­duc­tibles Ven­déens, La Cha­pelle-aux-lys, en­tend lui vo­ler la ve­dette. Son maire ex­plique à Ouest-france : « Puisque les An­glais ne veulent plus de l’eu­rope, nous, on ne veut plus de Green­wich ! » L'édile, par ar­rê­té mu­ni­ci­pal, a tout sim­ple­ment créé son propre mé­ri­dien, qui passe par la cour de la mai­rie. Dans cette com­mune de 250 ha­bi­tants, l'heure of­fi­cielle se­ra cal­cu­lée avec un re­tard de deux mi­nutes et tren­te­huit se­condes sur l'heure of­fi­cielle. On sou­haite vi­ve­ment que l'ini­tia­tive soit sui­vie et, pour­quoi pas, que d'autres vil­lages créent leurs propres mé­ri­diens. Oui, le pays aux 258 va­rié­tés de fro­mages mé­rite plu­sieurs cen­taines d'heures dif­fé­rentes ! Il se­ra alors dé­fi­ni­ti­ve­ment im­pos­sible de le gou­ver­ner et de re­mettre les pen­dules à l'heure. •

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