Ja­pon : il faut sauver les « ca­fés à chats » !

Chats d'Amour - - INSOLITE -

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un ca­fé à chats ? Ce n’est pas évident. Il s’agit d’éta­blis­se­ments – des bars ou des ca­fés – pro­po­sant à leurs clients de se dé­tendre en ca­res­sant un fé­lin. On les appelle les « Ne­ko Ca­fé » . L’am­biance y est zen, les fé­lins se pro­me­nant à leur guise de client en client. Tout est fait pour qu’ils – les chats – s’y sentent bien : pa­niers, jeux, nour­ri­ture… Les règles à suivre sont strictes pour res­pec­ter la tran­quilli­té de ces bars : on se dé­chausse à l’en­trée, on se lave les mains et tout ce qui pour­rait per­tur­ber la tran­quilli­té des ani­maux est pros­crit (par­ler fort, faire des gestes brusques, etc.). Le phé­no­mène de ces Ne­ko Ca­fés connait une vé­ri­table ex­plo­sion de­puis que les pre­miers ont ou­verts, il y a 5 ans. Ce sont par­ti­cu­liè­re­ment les em­ployés de bu­reau qui les fré­quente à la sor­tie du travail, mais aus­si les jeunes.

Un phé­no­mène de so­cié­té

Il faut dire qu’on ne plai­sante pas avec les chats au Ja­pon. Ils y sont vé­né­rés car cen­sés por­ter chance à leur maître et éloi­gner les mau­vais es­prits. Nous en vou­lons pour preuve le temple boud­histe « Go­to­ku­ji » , le temple du chat qui cé­lèbre la lé­gende du chat « Ta­ma » , sym­bole de pros­pé­ri­té. On le sait, au Ja­pon sans doute plus qu’ailleurs, le stress est un mal de so­cié­té. Or, il se trouve que les ani­maux de com­pa­gnie, par­ti­cu­liè­re­ment les chats, sont un fac­teur de re­laxa­tion et per­mettent de lut­ter contre les ef­fets né­fastes du stress : hy­per­ten­sion, dé­pres­sion, mal de dos, etc. Si si, c’est avé­ré scien­ti­fi­que­ment. Mais il se trouve aus­si qu’il est très dif­fi­cile de pos­sé­der et d’en­tre­te­nir son propre ani­mal de com­pa­gnie chez soi dans les pe­tits ap­par­te­ments de la ca­pi­tale ja­po­naise, les pro­prié­taires s’y op­po­sant le plus souvent.

La fin des Ne­ko Ca­fés ?

Les ama­teurs de ce type de dé­tente ont ap­pris la nou­velle avec conster­na­tion : le gou­ver­ne­ment ja­po­nais s’ap­prê­te­rait à im­po­ser la fer­me­ture de ces éta­blis­se­ments après 20h, pour mé­na­ger le stress su­bi par ces ma­tous. « Dans ces ca­fés, il y a énor­mé­ment de pas­sage. Du ma­tin au soir, les chats se font ca­res­ser par des in­con­nus. Pour les ani­maux, c’est une source de stress énorme. », confirme à l’AFP une vé­té­ri­naire, membre de l’as­so­cia­tion ja­po­naise du bien-être ani­mal. En grande ha­bi­tuée des Ne­ko ca­fés, Aya­ko Kan­za­ki, une jeune femme de 22 ans, ne voit pas les choses sous le même angle : « Pen­dant la jour­née, les chats sont souvent en­dor­mis, ou com­plè­te­ment amorphes. Il n’y a pas d’in­ter­ac­tion. C’est pour ça que je viens le soir. »

les chats sont un fac­teur de re­laxa­tion

Rien ne va plus au pays du So­leil Le­vant. Alors que la po­pu­la­tion ja­po­naise a en­fin trou­vé un moyen d’échap­per au stress quo­ti­dien de la vie to­kyoïte, le gou­ver­ne­ment se pré­pare à adop­ter une loi pro­té­geant les droits des ani­maux qui pour­rait re­mettre en cause les « ca­fés à chats » qui font des émules de­puis 5 ans.

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