La re­la­tion entre la ci­té et son hôte fé­lin a connu le meilleur et le pire

Chats d'Amour - - PORTRAITS -

Seule l’odeur du chat per­met de te­nir en res­pect les ron­geurs de mau­vais au­gure dont le nom, à lui seul, conti­nue d’évo­quer les ter­ribles épi­dé­mies de peste des siècles pas­sés. Que les chats viennent à dis­pa­raître, et l’in­va­sion se­rait iné­luc­table. de l’Eu­rope, l’In­qui­si­tion n’épar­gna pas les chats. Les in­qui­si­teurs, qui voyaient de la sor­cel­le­rie par­tout, avaient ac­cu­sé le mys­té­rieux ani­mal de faire com­merce avec Lu­ci­fer. In­jus­te­ment, on l’ex­ter­mi­na, et, quand les croi­sés rap­por­tèrent d’Orient la ter­rible peste noire, il avait presque dis­pa­ru. Bien sûr, cer­tains trouvent que cette odeur de fé­lin dans les pe­tites ruelles de la ville est in­com­mo­dante. Les mêmes qui se plaignent des dé­ran­ge­ments noc­turnes des ma­tous quand ar­rivent les beaux jours. Sans doute est-ce là le prix à payer. Tout le monde re­con­naît en ef­fet que, dans la lutte contre les rats, les chats sont de­puis tou­jours nos al­liés les plus sûrs. La re­la­tion entre la ci­té et son hôte fé­lin a connu le meilleur et le pire. À Ve­nise, comme dans le reste

55 C’est alors que, dans la dé­tresse, cha­cun réa­li­sa à quel point les chats étaient in­dis­pen­sables à la sur­vie d’une ville, à plus forte rai­son d’une ci­té comme Ve­nise, dont les pe­tites ruelles fa­vo­risent la pro­li­fé­ra­tion des ron­geurs. On dé­ci­da d’al­ler les cher­cher par ba­teaux en­tiers en Orient, où ils avaient la ré­pu­ta­tion d’être beau­coup plus com­ba­tifs. Ils furent lâ­chés dans les rues, et les rats tra­qués se ca­chèrent dans les ca­naux, ce qui mar­qua la fin de l’épi­dé­mie.

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