Ailleurs,

• Le chat, la cui­sine et le plan de tra­vail.

Chats d'Amour - - SOM­MAIRE -

Pra­tique

l’herbe est tou­jours plus verte d’usage : le chat reste-t-il en per­ma­nence dans la mai­son? Oui. Est-il à jour sur le plan des vac­ci­na­tions? Oui. Mange-t-il et boit-il nor­ma­le­ment? Oui. Pas de vo­mis­se­ment, pas de diar­rhée, d’autres signes de ma­la­die? Non, au­cun. De­puis quand souffre-t-il? Ça vient tout juste de com­men­cer. Donc, jus­qu’à au­jourd’hui tout al­lait bien? « Oui, tout al­lait bien jus­qu’il y a 10 mi­nutes » me dit-elle. J’étais oc­cu­pé à dé­jeu­ner tran­quille­ment, dans une pièce voi­sine de mon bu­reau, nous étions un mar­di après-mi­di, l’ac­ti­vi­té était plu­tôt calme. Syl­vie, mon as­sis­tante, glisse sa tête dans l’en­tre­bâille­ment de la porte et me dit : « On a une ur­gence. En­fin, di­sons plu­tôt que la cliente parle d’ur­gence mais que je ne crois pas que c’en soit une ! Il fau­drait que vous ve­niez voir. » Je tente d’exa­mi­ner Cock­tail, mais l’éter­nue­ment constant fait que sa tête bouge aus­si sans ar­rêt. Je re­çois sim­ple­ment quelques éclats de sa­live et de sé­cré­tions na­sales : pas très grave, il m’est ar­ri­ver de re­ce­voir pire ! À pre­mière vue, les yeux, les oreilles, le nez et la bouche sont nor­maux. Le reste de l’exa­men ne montre rien de par­ti­cu­lier (Cock­tail est par ailleurs ado­rable), si­non cette taille mi­nus­cule et le fait que je ne sois pas très ha­bi­tué à Je passe donc dans une des deux salles d’in­ter­ven­tion et aper­çoit une dame, Ma­dame Veillon, et son chat Cock­tail, un Mun­ch­kin nain do­té de pattes très courtes et lé­gè­re­ment ar­quées, ca­rac­té­ris­tiques de sa race. Cock­tail ne ces­sait d’éter­nuer, et chaque éter­nue­ment sou­le­vait lit­té­ra­le­ment son pe­tit corps de la table d’ob­ser­va­tion. Je com­mence par po­ser les ques­tions

cette race, et je ne peux m’em­pê­cher de ques­tion­ner sa pro­prié­taire sur l’ori­gine du pe­tit fé­lin. Pen­dant ce temps, Cock­tail se net­toie conscien­cieu­se­ment avec sa patte. « Je crains qu’il faille y ajou­ter la dou­leur des ho­no­raires, Ma­dame Veillon. Mais voyons : je vois le prix des vac­ci­na­tions, des rayons X, des in­ter­ven­tions den­taires… mais rien pour les ex­trac­tions de brin d’herbe !… di­sons alors qu’il s’agit d’un exa­men de rou­tine et nous se­rons quitte. Qu’en pen­sez-vous ? » Sou­dain, Cock­tail se met à éter­nuer cinq fois de suite, en ra­fale ; au cin­quième éter­nue­ment, un brin d’herbe d’au moins 3 cm ap­pa­raît et se met à dé­pas­ser de sa na­rine gauche. Je le re­tire ra­pi­de­ment, ce qui fait ap­pa­raître en­core 5 cm de plus! Et voi­là : l’éter­nue­ment a ces­sé comme il avait com­men­cé. Tout-à-coup, Mme Veillon est à nou­veau heu­reuse. J’es­père sim­ple­ment que, si la maî­tresse a la main verte, le chat, lui, ces­se­ra de jar­di­ner avec le nez ! « Il me semble que vous aviez dit que Cock­tail vi­vait en per­ma­nence dans la mai­son » dis-je à Mme Veillon. « Mais c’est vrai » ré­pond-elle dé­so­lée et au bord des larmes, ajou­tant que « ce doit être cette herbe que j’ai ache­tée hier au mar­ché, il n’a ces­sé de jouer avec. Comme il a dû avoir mal ! »

(Té­moi­gnage ano­nyme, les noms ont été mo­di­fiés)

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