Pour­quoi la rou­tine est-elle si im­por­tante pour le chat ?

Chats d'Amour - - TOUT CHAVOIR -

De la vie sau­vage au confort d'une mai­son

Au­tre­fois donc, notre chat Ha­ret vi­vait sur un ter­ri­toire, qu'il gar­dait à vie, en ef­fet, le chat n’est pas un no­made. La ma­jeure par­tie de la jour­née, et de la nuit, le chat doit chas­ser, il faut en moyenne une ving­taine de pe­tites proies par jour pour sur­vivre. Ce­la prend du temps. Beau­coup de temps. Le chat va par­cou­rir des ki­lo­mètres pour trou­ver de quoi se nour­rir nor­ma­le­ment. Entre 2 proies, il se re­pose, afin de ré­cu­pé­rer toute son agi­li­té et sa ra­pi­di­té pour la pro­chaine proie. Il pré­fè­re­ra chas­ser de nuit, ce qui le fa­vo­rise : la struc­ture de son oeil lui per­met de voir la nuit, à la seule lueur d’une étoile, comme en plein jour. Les proies n’ayant pas cette fa­cul­té, il en pro­fi­te­ra pour les at­tra­per mieux et plus vite. Ce­ci n’est qu’une pa­ren­thèse pour ex­pli­quer que cer­tains chats pré­fèrent man­ger ou jouer

la nuit. Puis le chat voit l’homme sé­den­ta­ri­sé : il vit sur un ter­ri­toire sans en chan­ger, comme le chat. L’homme se pro­tège des in­tem­pé­ries, il éloigne les pré­da­teurs, et les proies ha­bi­tuelles du chat sont lé­gions dans son sillage… Tou­te­fois, l’homme tente de se dé­bar­ras­ser de ces dé­li­cieuses proies bien do­dues… Et si le chat ve­nait ai­der ce

bi­pède ? Il pour­rait être nour­ri fa­ci­le­ment en ren­dant ser­vice, et en contre par­tie, il pour­ra pro­fi­ter d’un toit et de murs, le pro­té­geant du froid et de la pluie, mais aus­si il se­ra hors de por­tée des pré­da­teurs ! Voi­là notre chat Ha­ret dans une grange, à cou­rir der­rière des mu­lots, des sou­ris, des rats, et à at­tra­per les oi­seaux ni­chant dans l’étable… Plus de re­nards, de be­lettes ou autres pré­da­teurs, et sur­tout plus be­soin de cher­cher un abri en cas de froid ! Seule­ment voi­là, que faire de la jour­née ? Ses 20 proies quo­ti­diennes, pas be­soin de faire des ki­lo­mètres pour les trou­ver, quelques heures suf­fisent, et le reste du temps ?

Ri­tua­li­ser la jour­née pour s'oc­cu­per

Et voi­là en­core un autre sou­ci pour notre chat Ha­ret, un voi­sin aus­si a éta­bli do­mi­cile dans la grange, et en bon chat, on ne co­ha­bite pas… Di­lemme… res­ter et sup­por­ter l’in­trus ou re­par­tir et mou­rir de faim et de froid ? Tant pis, on reste, le sa­cri­fice n’est pas si énorme, même s’il est fait à contre coeur… Reste à sa­voir quoi faire de la jour­née, qui pa­rait bien longue à notre pauvre chat Ha­ret, plus vrai­ment sau­vage, mais de plus en plus do­mes­tique. Et là notre ami chat va re­gar­der au­tour de lui. Que font les bi­pèdes de leurs jour­nées, eux qui vivent comme des chats ou presque ? Ils ont un rythme fixe, re­fai­sant jour après jours les mêmes gestes aux mêmes mo­ments. La so­lu­tion est là pour notre chat : s’oc­cu­per. C’est là que le chat va com­men­cer à ri­tua­li­ser sa jour­née, re­fai­sant tou­jours les mêmes choses aux mêmes mo­ments pré­cis. Bien sûr il y a des va­ria­tions dans le temps, en fonc­tion de l’âge de la mé­téo, des autres ani­maux etc. Mais la trame jour­na­lière, elle, elle reste en place. Les an­nées passent pour notre chat de ferme de­ve­nu do­mes­tique. Les villes se créent, se rem­plissent, et les hu­mains ap­portent les chats avec eux. Tou­jours dans le sou­ci pre­mier d’éli­mi­ner la ver­mine, avant de pen­ser à la com­pa­gnie. Les chats se mul­ti­plient dans les villes, s’ap­pro­priant les rues, se nour­ris­sant dans les pou­belles quand les rats ne sont pas as­sez nom­breux. La nour­ri­ture est de plus en plus fa­cile à trou­ver et le temps de plus en plus long et dif­fi­cile à com­bler. Et dans les an­nées 60/70, le chat rentre dans les ap­par­te­ments, se fait nour­rir de pâ­tés et de cro­quettes, pre­nant en­core moins de temps à être trou­vées. Pro­gres­si­ve­ment, les hu­mains ver­ront même d’un mau­vais oeil de lais­ser un chat chas­ser et se nour­rir de sou­ris et autres ron­geurs. Les ta­pettes et autres pièges rem­placent les chats dans cette fonc­tion. Le chat de­vient notre ami et

confi­dent, plus le chas­seur de ver­mine. Il de­vient le com­pa­gnon idéal des per­sonnes seules, des en­fants et des per­sonnes âgées. Il rentre dans tous les foyers, mêmes les hommes cé­li­ba­taires ont sou­vent un chat pour leur te­nir com­pa­gnie.

Sans rou­tine, le chat an­goisse

La ri­tua­li­sa­tion de­vient de plus en plus in­tense, ne lais­sant qua­si­ment plus de temps aux temps morts. Et dès que cette rou­tine s’in­ter­rompt, le chat s’an­goisse. Ce­la de­vient une ob­ses­sion : rem­plir sa jour­née, faire ce qui doit être fait quand il le faut. Pas­ser du grif­foir au ca­na­pé en mon­tant par le bon ac­cou­doir… Ne pas ou­blier de se frot­ter long de la porte en ren­trant dans le cou­loir… Faire sa toi­lette après les 3 cro­quettes de 13h30… Un tour­ment sans fin pour notre pe­tit com­pa­gnon. Et s’il doit par­ta­ger sa vie avec un autre chat, il faut prendre soin de ne pas créer d’in­ter­ac­tions entre les ma­nies de cha­cun. Mais là, il s’agit d’un autre su­jet !

On consi­dère donc que nos chats souffrent de TOC (Troubles Ob­ses­sion­nels Com­pul­sifs). Aus­si, pour fa­ci­li­ter la vie de Fé­lix, évi­tez de chan­ger les meubles de place, voir de chan­ger les meubles, pen­sez à lais­ser les choses à leurs places pour ne pas le stop­per dans sa course contre l’an­goisse, si­non on court droit au stress. Ce stress que le bien heu­reux chat Ha­ret ne connaît pas et n’a pas le temps de tes­ter… Ce stress qui est le prix à payer pour nos chats pour vivre au chaud et sans di­settes. Il peut pa­raître un mo­deste sa­cri­fice face aux nom­breux avan­tages de la do­mes­ti­ca­tion, mais cer­tains chats ne s’y font ja­mais. Aus­si, ai­dons-les du mieux que nous le pou­vons en met­tant à dis­po­si­tion suf­fi­sam­ment d’ac­ti­vi­tés pour que les ri­tuels puissent être nom­breux et va­riés. Pen­sez aus­si à pré­pa­rer les chan­ge­ments de rythme de vie à l’avance.

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