Les chat au Moyen-Âge

Chats d'Amour - - SOMMAIRE -

Àtra­vers les siècles et les dif­fé­rentes ci­vi­li­sa­tions, le chat a été ap­pri­voi­sé, ai­mé, par­fois même vé­né­ré comme en Égypte an­tique, mais s’il y a bien une pé­riode à la­quelle il a eu plus de mal à se faire une place bien au chaud dans les foyers, c’est bien le Moyen-âge. Il y était consi­dé­ré comme un ani­mal ma­lé­fique, hy­po­crite, cruel et do­té de pou­voirs ef­frayants. En consé­quence, comme les hommes de cette époque n’était pas fran­che­ment des tendres, il

a long­temps été per­sé­cu­té ! Nous al­lons vous ex­pli­quer pour­quoi nos an­cêtres ont fi­ni par ac­cep­ter nos amis à poils. Tout d’abord grâce aux échanges com­mer­ciaux avec les Ro­mains, qui eux avaient des chats de­puis des siècles. Les fé­lins ont dé­bar­qué par ba­teau en Eu­rope à l’époque de l’aube son dé­ve­lop­pe­ment après di­verses co­lo­ni­sa­tions (ro­mains, celtes, slaves... Etc).

En Gaule, jus­qu’au Vème siècle, le chat laisse nos an­cêtres plu­tôt in­dif­fé­rents, alors qu’il est plu­tôt ap­pré­cié par les Ger­ma­nique qui ont com­pris l’in­té­rêt de le gar­der à proxi­mi­té des ré­coltes, d’où il chasse les ron­geurs. En Scan­di­na­vie les rites païens l’as­so­cient à la déesse de l’amour et de la beau­té, Fre­ja. Grâce à sa four­rure, sa grâce, sa cha­leur et sa sou­plesse, on as­so­cie le chat à la sen­sua­li­té, voir même à la sexua­li­té.

Du­rant tout le Haut Moyen Âge, c’est-à-dire entre le Vème et le Xéme siècle, deux opi­nions sur le chat s’op­posent; les pay­sans et les moines se rendent compte de l’in­té­rêt des fé­lins pour pro­té­ger les ré­coltes, mais aus­si les pré­cieux ma­nus-

crits dans les mo­nas­tères, contre les sou­ris et autres pe­tites bêtes, tan­dis que l’Église consi­dère le chat comme un dé­mon fait ani­mal. Les moines, re­clus dans leur si­lence, ap­pré­cient le chat pour son in­dé­pen­dance, sa tran­quilli­té en plus de ses at­tri­buts de chas­seurs, et tentent de convaincre leur contem­po­rains de lais­ser l’ani­mal tran­quille. Néan­moins, la pa­pau­té et l’Église chré­tienne prennent de plus en plus d’am­pleur, et in­fluent même sur les su­per­sti­tions des pay­sans et vil­la­geois. Le chat, as­so­cié dans les re­li­gions païennes à la sen­sua­li­té, est consi­dé­ré comme un ani­mal du Diable con­trai­re­ment au chien qui est ci­té dans la bible comme une « créa­tion de Dieu ». Ain­si les per­sé­cu­tions en­vers les chats ne font que s’am­pli­fier, il est même sti­pu­lé dans une bulle pa­pale (comme une loi dic­tée par l’Église) que le chat est les ser­vi­teurs du Diable. On com­mence éga­le­ment à faire la chasse aux sor­cières et aux re­bou­teux, et on prête aux chats noirs l’idée qu’ils sont des in­car­na­tions de ces per­sonnes mal­fai­santes qui uti­lisent des pou­voirs ma­lé­fiques pour com­mettre leurs mé­faits. Nos an­cêtres vont ain­si se mettre à brû­ler les pauvres mi­nous, au même titre que les sor­cières, et le plus sou­vent le 24 juin à l’oc­ca­sion des grands bû­chers de la Saint-Jean !

L’ins­tau­ra­tion de l ’ I nqui­si­ti on au XI I ème s i ècl e dur­cit en­core plus la lutte contre tous ce qui va en­contre les règles dic­tées par l’Église, com­mence ain­si la pire pé­riode pour les chats et leurs maîtres, consi-

dé­rés im­man­qua­ble­ment comme des per­sonnes en lien avec le Ma­lin par le biais des fé­lins trop ru­sés pour être hon­nêtes. Du­rant deux siècles, on éli­mine in­las­sa­ble­ment tout les fé­lins qui ont le mal­heur de pas­ser dans les villes à la re­cherche de nour­ri­ture, et les vil­la­geois ont pris l’ha­bi­tude de per­sé­cu­ter les par­ti­sans de Lu­ci­fer. Les papes eux­mêmes or­donnent de brû­ler vif chats et sor­cières, ce qui a éten­du et en­té­ri­né le phé­no­mène. Ain­si, l’Eu­rope su­bit une re­cru­des­cence de ron­geurs qui ame­nèrent leur lot de ma­la­die... Dont la peste noire.

Au XIVème siècle en ef­fet l’épi­dé­mie se ré­pand à tra­vers les villes, jus­qu’à faire 25 mil­lions de morts. Face à cette hé­ca­tombe, on se rend compte que le chat en chas­sant les rats, éloigne la ma­la­die et pro­tège ses maîtres. On se rend éga­le­ment compte que c’est un ani­mal très propre et on re­com­mence à l’ap­pré­cier. En ef fet les au­to­ri­tés avaient com­men­cé à es­sayer de ré­duire la po­pu­la­tion de ron­geurs avec des be­lettes édu­quées,mais avaient échoués. Le chat re­gagne un peu ses gal­lons de no­blesses dans les villes, mais les per­sé­cu­tions tou­chant les sor­cières conti­nuent jus­qu’au XVIIIème siècle ; ain­si il fau­dra at­tendre jus­qu’au mi­lieu de la Re­nais­sance et la mon­tée de l’Hu­ma­nisme pour qu’on laisse ces bêtes tran­quille.

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