Le na­tu­rel re­vient au ga­lop

Cheval Pratique - - Édito - PAR FRÉDÉRICK HALM

• L’été, sur les routes, il s’en passe, des choses. Même en Nor­man­die — ré­gion ap­pré­ciée par ceux qui aiment les cli­mats tem­pé­rés et aus­si les che­vaux —, di­sons entre Pont-L’Évêque et Cor­meille, on peut croi­ser des scènes in­so­lites sur les pe­tites voies qui bordent vertes prai­ries et ver­gers odo­rants. Ce fut le cas de cette jeune conduc­trice. Ne dé­voi­lons pas sa vraie iden­ti­té pour ne pas éveiller la ma­ré­chaus­sée. Ap­pe­lons-la Bri­gitte, c’est ten­dance, Bri­gitte, comme pré­nom. Elle est équi­pée d’un smart­phone. Elle l’uti­lise pen­dant qu’elle conduit, et ça n’est pas bien du tout ! D’où notre ga­lan­te­rie à lui conser­ver son ano­ny­mat. Bri­gitte, quand elle est au vo­lant, conserve son té­lé­phone à por­tée de main, quitte à se prendre 135 € d’amende et trois points en moins, ou, pire, ver­ser dans le fos­sé en en­voyant un « SMS hy­per urgent », style « MDR ». LOL ! En­fin, ce jour-là, ce qu’elle voit sur l’as­phalte, ça n’est pas « su­per poi­lant » non plus. D’abord, ça la gêne car elle est blo­quée der­rière un ca­mion, et en plus ce­lui-ci traîne un che­val qui trot­tine un peu de tra­vers, ac­cro­ché au pont. Bri­gitte pense qu’elle est le té­moin d’une scène de mal­trai­tance ani­male. Elle dé­gaine son smart­phone, en­clenche la ca­mé­ra, filme. Elle réus­sit à dé­pas­ser le vé­hi­cule pour apos­tro­pher le conduc­teur et lui dire que son che­val, der­rière, s’énerve. Ce­lui-ci lui ré­pond « Il va s’ha­bi­tuer ! » On la sent fu­rieuse, Bri­gitte. Elle poste le film sur les ré­seaux so­ciaux. Fait-elle ce­la chez elle ou au vo­lant ? On ne sait pas. Les images en­flamment le Web aus­si vite que le feu ra­vage la gar­rigue en Pro­vence. Huit mille par­tages, ça fait du monde, je vous le dis. Des noms d’oi­seaux volent pour ac­ca­bler le tor­tion­naire. La Gen­dar­me­rie est aler­tée, les as­so­cia­tions de pro­tec­tion ani­male idem. Heu­reu­se­ment, nos amis d’Equi­dia ne se laissent pas im­pres­sion­ner. Ils re­trouvent l’ac­teur prin­ci­pal, Jacques Enos, un pro­prié­taire de trot­teurs, qui leur ex­plique qu’il ne fai­sait que suivre l’or­don­nance de son vé­té­ri­naire pour son che­val en pleine ré­édu­ca­tion, la­quelle sti­pu­lait « qu’il de­vait par­cou­rir 5 à 6 km à 12 km/h maxi » sur le ma­ca­dam. Il pré­cise aus­si que le ca­mion est équi­pé de pro­tec­tions la­té­rales et que, si le che­val pa­rais­sait aga­cé, c’était parce qu’il n’avait pas en­core l’ha­bi­tude de l’exer­cice. Le professionnel a por­té plainte pour dif­fa­ma­tion. Bri­gitte a re­ti­ré la vi­déo. Il n’em­pêche, faire cou­rir son che­val les na­seaux dans les gaz d’échap­pe­ment d’un vé­hi­cule die­sel (même équi­pé d’un pot ca­ta­ly­tique) et sur or­don­nance mé­di­cale, ça n’est pas très sym­pa, ni très na­tu­rel…

• Peut-être le pro­prié­taire du trot­teur se­ra-t-il contraint, après cette cure de gou­dron, de soi­gner son che­val pour des pro­blèmes res­pi­ra­toires ? Nous lui conseille­rons alors d’op­ter pour un trai­te­ment à base de plantes, de pe­tites gra­nules et autres es­sences vé­gé­tales, car le na­tu­rel re­vient au ga­lop pour soi­gner les che­vaux. C’est le thème de notre dos­sier du mois (page 60). Le che­val étant un her­bi­vore, c’est donc presque un re­tour aux sources pour lui. Est-ce pour au­tant la pa­na­cée ? Les plantes sont aus­si à ma­ni­pu­ler avec cir­cons­pec­tion, no­tam­ment dans leur do­sage car toutes ne sont pas ano­dines. Faut-il dé­fi­ni­ti­ve­ment aban­don­ner les mo­lé­cules chi­miques ? Pas vrai­ment. Les ver­mi­fuges « na­tu­rels » par exemple ont dé­mon­tré leurs li­mites, voire leur to­tale in­ef­fi­ca­ci­té.

• L’été, c’est aus­si la pé­riode de gloire des Miss (et des Mr. Freeze), no­tam­ment des Miss Cam­ping, en­fin d’hô­tel­le­rie de plein air comme on dit main­te­nant. Qua­si­ment une par jour sur nos côtes dans tous les éta­blis­se­ments, ou presque. En Suisse, ils sont loin des flots bleus, sans doute ont-ils aus­si moins de cam­pings, donc ils or­ga­nisent des élec­tions de Miss Se­maine du che­val ! Où ça ? Dans le Ju­ra, le 9 août à Sai­gne­lé­gier, le pays du che­val franches-mon­tagnes. Mais at­ten­tion, les pré­ten­dantes (19, âgées de 16 à 42 ans) n’avaient pas à dé­fi­ler en tee-shirt mouillé, elles de­vaient prou­ver leur ta­lent de ca­va­lière en selle et en te­nue de soi­rée ! Classe, la Suisse.

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