CLAUDE LUX

Al­lez sa­voir pour­quoi, cer­taines idées re­çues se trans­mettent au fil des gé­né­ra­tions, sou­vent sans avoir été vé­ri­fiées. On af­firme ain­si d’une fa­çon pé­remp­toire des pseu­do-vé­ri­tés ba­sées sur l’em­pi­risme, qu’il est bon de re­mettre en ques­tion. En voi­ci que

Cheval Pratique - - Mon Cheval Me Dit - Texte : Claude Lux. Pho­tos : Thier­ry Sé­gard (sauf men­tion)

Alors que le che­val peut crot­ter en se dé­pla­çant, mâles et fe­melles ne peuvent uri­ner qu’à l’ar­rêt. Pour per­mettre au che­val de vi­der com­plè­te­ment sa ves­sie en dé­ten­dant les psoas, le ca­va­lier doit sou­la­ger le rein de sa mon­ture en se pen­chant en avant, en équi­libre au des­sus sur les étriers. On a long­temps af­fir­mé que la corne noire est plus dure que la blanche. Une idée re­çue sou­vent re­mise en ques­tion. Le vé­té­ri­naire Oli­vier Laude pré­cise ce­pen­dant que la struc­ture tis­su­laire des sa­bots noirs est plus riche en mé­la­nine que celle des sa­bots blancs ou striée. Le po­do­phylle et le tis­su ké­ra­phyl­leux sont plus riches en cel­lules fi­breuses et en ké­ra­tine. Les peaux dé­pig­men­tées (bal­zanes par exemple), dé­pour­vues de mé­la­nine, sont donc plus sen­sibles aux agres­sions, no­tam­ment so­laires. Une bal­zane est le siège de plus de pa­tho­lo­gies (gale de boue, lym­phan­gite et pho­to­sen­si­bi­li­sa­tion) que lorsque la peau est pig­men­tée. De même, un sa­bot clair ou strié se­ra moins ré­sis­tant aux trau­ma­tismes, donc plus fré­quem­ment le siège de bleimes, de seimes et ab­cès ce pied. Voi­ci ce qu’en dit le Gé­né­ral Dau­mas, dans son ou­vrage Les che­vaux du dé­sert : « Choi­sis des robes franches et fon­cées. Les robes claires et la­vées, ain­si que les taches blanches à la tête, sur le corps et aux ex­tré­mi­tés, sur­tout quand elles sont larges, longues ou hautes ; regarde-les comme des dé­gé­né­res­cences de race et des in­dices de fai­blesse. » Ce qui n’em­pêche pas de trou­ver d’ex­cel­lents che­vaux à bal­zanes ! Un che­val ne peut pas brou­ter sous l’eau, sauf chez cer­taines races comme le ca­margue. Vivant dans des ma­rais, il a dû s’ha­bi­tuer à plon­ger l’ex­tré­mi­té de sa tête sous l’eau pour at­tra­per des plantes aqua­tiques. Mais il ne va pas jus­qu’à se mouiller les yeux !

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