Z comme Z’Eu­ropes

Cheval Pratique - - Édito -

• Zé­ro poin­té, ou presque, pour les Fran­çais aux « Z’Eu­ropes » ! Oui, c’est ain­si que, pour être dans l’im­pul­sion lan­ga­gière de la presse spor­tive et équestre en par­ti­cu­lier, il faut dé­si­gner les cham­pion­nats d’Eu­rope : les Z’Eu­ropes ; sans ou­blier de faire la liai­son (on aime les sub­ti­li­tés de la langue) et le S fi­nal qui ne se rap­porte pas à la zone géo­gra­phique, qui est unique, mais aux cham­pion­nats mul­ti­dis­ci­pli­naires. Ou­bliée, la cha­leur de l’été der­nier à Rio pour nos équipes de CSO et de com­plet qui ont su­bi une douche froide. Pour le dres­sage, c’est une ha­bi­tude, mais on ne peut que pro­gres­ser. Le plus inquiétant reste l’en­du­rance où, pour le coup, on n’avait plus trop l’ha­bi­tude de voir nos ca­va­liers ren­trer bre­douilles. En horse-ball, la France, pays « in­ven­teur » du jeu, qu’elle do­mi­nait de la tête de­puis un quart de siècle, a lais­sé cette fois-ci, chez les Se­niors, l’or à l’Espagne. Ce qui, en soi, est de bon au­gure pour ne pas dé­cou­ra­ger les équipes des quelques autres pays pra­ti­quant cette dis­ci­pline à per­sé­vé­rer et à pro­gres­ser sur l’échi­quier in­ter­na­tio­nal. C’est ce que l’on s’ef­force de faire de­puis des an­nées en dres­sage, ça fi­ni­ra bien aus­si par payer un jour. Rê­vons… Il n’y a donc guère que la vol­tige qui nous a rap­por­té, chez les hommes, une mé­daille de bronze, mer­ci Vincent Taillez.

• Voi­là un che­val fran­çais qui ne connaî­tra plus jamais les « Z’Eu­ropes » : Bart L. Le com­pa­gnon de vic­toire de Ma­thieu Le­moine, cham­pion olym­pique par équipe à Rio, est pas­sé sous pa­villon ja­po­nais. Le ca­va­lier lan­dais, pour des tas de rai­sons, ne l’avait plus sous sa selle de­puis le prin­temps der­nier. Les pro­prié­taires l’ont donc ven­du à la fé­dé­ra­tion équestre du Ja­pon, qui l’a confié à Yo­shi­kia Oi­wa (34e au clas­se­ment mon­dial). À no­ter que l‘équipe ja­po­naise de com­plet est ma­na­gée par Laurent Bous­quet et qu’ils ont ache­té trois autres che­vaux fran­çais. Ça n’est pas pour au­tant que Bart L va se cou­cher au Pays du so­leil le­vant, puisque son ca­va­lier vit et s’en­traîne en Al­le­magne. Mais c’est quand même re­gret­table de voir un bon che­val quit­ter notre ter­ri­toire, sur­tout qu’avec une mé­daille d’or au­tour de l’en­co­lure, ça doit pe­ser son mon­tant de yens. Yo­shi, c’est le sur­nom af­fec­tueux du ca­va­lier, a la chance d’avoir une fé­dé­ra­tion si gé­né­reuse. La nôtre ne l’est pas au­tant. En­fin, c’est ce que de (trop ?) nom­breux adeptes de nos ré­seaux dits so­ciaux re­prochent à notre Fé­dé­ra­tion fran­çaise d’équi­ta­tion de­puis l’an­nonce de l’ar­rêt dé­fi­ni­tif de la chaîne Equi­dia Life à la fin de cette an­née. Ils tombent à « mots rac­cour­cis » sur la FFE qui n’a pas es­sayé de sau­ver du nau­frage leur (si) chère chaîne fa­vo­rite. Certes, cette in­for­ma­tion est triste mais est-ce le rôle d’une fé­dé­ra­tion spor­tive de sou­te­nir une en­tre­prise pri­vée de son sec­teur, sauf à la na­tio­na­li­ser ? Et pour­quoi, dans ce cas, ne de­vrait-elle pas aus­si sou­te­nir la presse écrite, les sites In­ter­net d’in­for­ma­tion, les photographes et jour­na­listes équestres in­dé­pen­dants ?

• Sans tran­si­tion. L’équipe suisse de CSO est mé­daille de bronze par équipe aux cham­pion­nats d’Eu­rope. C’est un pays de grands ca­va­liers dont Steve Guer­dat est la tête de pont de­puis quelques an­nées. Mais pour­quoi la Suisse est-elle aus­si un re­fuge pour, entre autres, les fé­dé­ra­tions spor­tives in­ter­na­tio­nales, dont la Fé­dé­ra­tion équestre in­ter­na­tio­nale ? Parce que celles-ci sont exo­né­rées de l’im­pôt fé­dé­ral di­rect ! Épa­tant, non ? Le doux pays des boîtes à cou­cou et montres de luxe ou autres cou­teaux mul­ti­fonc­tions en compte 47 de ces fé­dés, dont 19 re­pré­sen­tantes de dis­ci­plines olym­piques. Eh bien, fi­gu­rez-vous que la Fé­dé­ra­tion suisse des sports équestres (FSSE) a dit : et pour­quoi pas nous ? Pour ce­la, elle a eu le cou­rage d’al­ler frap­per à la porte du Tri­bu­nal fé­dé­ral. Et ce­lui-ci lui a ré­pon­du : non, nein, no ! — on parle plu­sieurs langues dans la Confé­dé­ra­tion. Le Tri­bu­nal a ar­gu­men­té ain­si son re­fus : « La Suisse doit of­frir des condi­tions-cadres at­trac­tives aux fé­dé­ra­tions spor­tives in­ter­na­tio­nales pour conser­ver à l’ave­nir sa po­si­tion de leader au ni­veau de la com­pé­ti­ti­vi­té des sites (…) Et te­nir compte des as­pects de pro­mo­tion de la paix et des rap­pro­che­ments des peuples qui sont le fait des fé­dé­ra­tions in­ter­na­tio­nales, même si ce­la n’ex­clut pas une cer­taine ac­ti­vi­té com­mer­ciale. » (source : zo­ne­bourse.com) La ré­ponse est à la li­mite du co­mique. La FSSE s’est dite dé­çue. On la com­prend. Pour­quoi n’irait-elle pas au fond se ré­fu­gier dans un autre pe­tit pa­ra­dis « z’eu­ro­péens », Mo­na­co, Luxem­bourg… Peut-être se­ront-ils plus com­pré­hen­sifs ?

Cham­pion olym­pique sous cou­leurs fran­çaises, Bart L vient d’être ache­té par la fé­dé­ra­tion ja­po­naise.

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