LONDRES, LA VILLE AUX 10 000 RE­NARDS !

City Pattes - - LES POURQUOI -

La ré­dac de Ci­ty Pattes a dé­ci­dé de faire un saut de puce jus­qu'à Londres pour dé­cou­vrir les us et cou­tumes de nos chers voi­sins avec leurs 4 pattes ! Nous avons pu consta­ter qu'ils étaient "ve­ry" ga­ga de leurs boules de poils mais sur­tout que la ca­pi­tale bri­tan­nique abri­tait une in­croyable co­lo­nie de re­nards...god save the gou­pil* !

Au dé­but, notre re­por­tage était simple : par­tir à la ren­contre des pro­prié­taires d'ani­maux outre manche ! Une chose est sûre, Londres "is the place to be" pour dé­gour­dir les pa­pattes de nos com­pa­gnons. En té­moigne les in­nom­brables parcs au­to­ri­sant l'ac­cès aux chiens te­nus en laisse ou en se­mi li­ber­té. Pra­tique, la ville a même édi­té un guide "Dogs In the Royal Parks" qui com­pile les es­paces verts (et il y en a énor­mé­ment) ou­verts à la gente ca­nine. A peine ar­ri­vés, nous avons été sub­ju­gués par la beau­té des jar­dins à l'an­glaise et par la tonte du ga­zon digne d'un green de golf ! A peine ose-t-on y po­ser le bout d'un or­teil de peur d'abî­mer cette verte mo­quette... et pour­tant... des chiens de toutes tailles y gam­badent al­lé­gre­ment pen­dant que leurs pro­prié­taires conversent tran­quille­ment sur le prix de l'im­mo­bi­lier lon­do­nien (so ex­pen­sive), les consé­quences du Brexit (so stu­pid) et sur la mé­téo du week-end (so bad). Mais le plus éton­nant reste à ve­nir avec une ap­pa­ri­tion digne d'une fable de La­fon­taine.

Ef­fec­ti­ve­ment, vers 22h30 per­chés sur le bal­con d'un ap­par­te­ment du quar­tier de Not­ting Hill, nous avons ob­ser­vé la scène im­pro­bable d'un re­nard se fau­fi­lant entre les voi­tures en quête de quelques vic­tuailles. Je dois dire que nous n'y avons pas vrai­ment cru pen­sant qu'il s'agis­sait d'un chien dont la queue en pa­nache était l'oeuvre d'un maître toi­let­teur (à moins que cette vi­sion ne fut le fruit des quelques pintes que nous ve­nions d'in­gur­gi­ter - à consom­mer avec mo­dé­ra­tion -). Le len­de­main à la même heure (mais à jeun cette fois), ce n'est plus un, mais... deux re­nards qui dé­am­bu­laient en plein centre sous nos yeux !

POUR­QUOI UNE TELLE AM­PLEUR ?

Comme l'ex­plique le mam­ma­lo­giste Pa­trick Haff­ner dans une vi­déo de Sciences et Ave­nir, "le re­nard a ten­dance à conqué­rir de nou­veaux es­paces, en par­ti­cu­lier les villes et mi­lieux ur­bains. Il y trouve de la nour­ri­ture, de nom­breux ron­geurs sont pré­sents dans les parcs et il bé­né­fi­cie d'une cer­taine tran­quilli­té car moins pour­chas­sé en ville qu'à la cam­pagne."

Et cette ap­pa­ri­tion ne date pas d'hier. Avec ses nom­breux parcs et ses jar­dins de ville, Londres est un pa­ra­dis pour les re­nards qui y ont élu do­mi­cile dès les an­nées 1930, lorsque la ville s'est dé­ve­lop­pée vers les cam­pagnes en­vi­ron­nantes.

Que pensent les lon­do­niens de cette co­ha­bi­ta­tion ? Les avis sont très par­ta­gés mais glo­ba­le­ment po­si­tifs. Se­lon un son­dage, plus de 80% des lon­do­niens aiment le re­nard. Une autre étude a même chif­fré à 10% le nombre de per­sonnes qui leur donnent ré­gu­liè­re­ment à man­ger. Na­tu­rel­le­ment il a aus­si ses dé­trac­teurs ; cer­tains au­raient même mon­té de fausses in­for­ma­tions lais­sant croire que gou­pil avait at­ta­qué des en­fants, jusque dans leur ber­ceau.

Quoi qu'il en soit, si vous al­lez à Londres, n'hé­si­tez pas dès la nuit tom­bée à contem­pler la rue de­puis votre fe­nêtre car mis­ter re­nard pour­rait bien ve­nir vous sa­luer.

* Gou­pil est le terme dé­si­gnant au Moyen Âge le re­nard, avant que cette der­nière dé­si­gna­tion ne le sup­plante sous l'in­fluence en par­ti­cu­lier de Re­nart le gou­pil, hé­ros du Ro­man de Re­nart (dé­fi­ni­tion Wi­ki­pé­dia)

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