Com­prendre leurs pho­bies

City Pattes - - CHIENS & CHATS -

Peur de l'as­cen­seur, de l'océan, de l'avion, de la foule, des grands es­paces, de l'au­to­route... Nous autres hu­mains, pos­sé­dons une belle col­lec­tion de pho­bies plus ou moins han­di­ca­pantes et pa­ra­ly­santes. Nos com­pa­gnons sont, eux aus­si, su­jets à des peurs exa­cer­bées simples ou com­plexes. Ap­prendre à les com­prendre, c'est aus­si ai­der nos 4 pattes à les sur­mon­ter ou du moins à les y confron­ter.

"Dès que je sors mon chien il se met à aboyer mé­cham­ment alors qu'il n'y a per­sonne ". Nous en­ten­dons de nom­breux té­moi­gnages de pro­prié­taires pour les­quels la pro­me­nade quo­ti­dienne de­vient un cal­vaire. Leur chien a tout sim­ple­ment une peur pa­nique de croi­ser des congé­nères ou des hu­mains. En aboyant dès la sor­tie de la mai­son, il veut tout sim­ple­ment faire fuir les éven­tuels in­trus pré­sents sur son che­min (je ne suis pas ras­su­ré, écar­tez-vous j'ar­rive !). Car votre com­pa­gnon a bien com­pris que les aboie­ments - sur­tout si vous pos­sé­dez un mo­losse - in­citent tout être vi­vant du quar­tier à chan­ger de trot­toir. La peur des autres peut aus­si en­gen­drer d'autres formes de com­por­te­ment : votre chien peut être té­ta­ni­sé et re­fu­ser d'avan­cer, ou au contraire cher­cher à fuir pour évi­ter de s'ex­po­ser à une si­tua­tion an­xio­gène. La pho­bie so­ciale (peur des autres chiens et/ou de cer­taines per­sonnes) est au­jourd'hui la plus fré­quente des peurs pa­niques.

QUELLE PEUT EN ÊTRE LA SOURCE ?

Pen­dant les 3-4 pre­miers mois du chiot il est es­sen­tiel de l'ex­po­ser à tous les sti­mu­li de la vie cou­rante : foule, en­fants, bruits, tran­sports, chiens, chats... Mais les ani­maux qui ont été in­suf­fi­sam­ment mis au contact avec le monde ex­té­rieur peuvent dé­ve­lop­per des pho­bies en pré­sence d'élé­ments aux­quels ils n'ont ja­mais été confron­tés. On parle alors de syn­drome de pri­va­ti­sa­tion.

D'autres pho­bies peuvent sur­gir après un évé­ne­ment trau­ma­ti­sant et ce, même si votre chiot a été par­fai­te­ment so­cia­li­sé : at­taque d'un autre chien par exemple, ac­ci­dent de voi­ture, bruit de l’as­pi­ra­teur qui l'a fait sur­sau­ter du­rant son som­meil....

Il est im­por­tant de pou­voir agir au plus vite car une pho­bie simple (di­ri­gée vers un élé­ment ou une per­sonne) peut évo­luer vers une pho­bie com­plexe et dé­gé­né­rer vers une an­xié­té gé­né­ra­li­sée. Pre­nons le cas d'un chien qui a peur des tran­sports, il va s'ef­frayer dès lors qu'il vous ver­ra prendre vos ba­gages ou réa­li­ser toute ac­tion qu'il as­so­cie­ra au dé­pla­ce­ment en voi­ture. Dès lors, votre com­pa­gnon risque de par­tir en cou­rant dès que vous pren­drez un sac. Sans trai­te­ment, le simple fait de sor­tir pour­ra pro­vo­quer au fil des mois un état an­xieux gé­né­ra­li­sé et dé­clen­cher de nou­velles pho­bies face à des sti­mu­li même ano­dins (peur des oi­seaux, des lam­pa­daires, des plaques d'égout, des cerf-vo­lants...) Consé­quence : vous ris­quez de ré­duire ses sor­ties ou de pri­vi­lé­gier des ho­raires (tôt le ma­tin et tard le soir) qui li­mi­te­ront les risques de stress (ren­contres avec des congé­nères, bruits de voi­tures...). Or en choi­sis­sant cette at­ti­tude, vous confor­tez votre chien dans ses pho­bies alors qu'au contraire il doit s'y confron­ter mais de fa­çon pro­gres­sive (le con­seil d'un pro­fes­sion­nel est in­dis­pen­sable).

COM­MENT AGIR FACE À UNE PHO­BIE ?

Ne per­dez pas de temps, ren­con­trez un spé­cia­liste au plus tôt pour évi­ter que l'an­xié­té de votre com­pa­gnon ne se dé­ve­loppe à vi­tesse grand V. Une consul­ta­tion chez un vé­té­ri­naire est in­dis­pen­sable pour vé­ri­fier au préa­lable que votre chien ne souffre pas d'un trouble hor­mo­nal qui pour­rait mo­di­fier son com­por­te­ment. Lorsque la pho­bie est ponc­tuelle (ex : bruit de ton­nerre) le trai­te­ment n'est pas in­dis­pen­sable. En cas de pho­bies com­plexes et in­va­li­dantes pour votre com­pa­gnon, un trai­te­ment mé­di­cal peut être pres­crit par votre vé­té­ri­naire avec un pro­to­cole bien spé­ci­fique. Il per­met­tra de res­tau­rer un fonc­tion­ne­ment nor­mal des voies du cer­veau et sur­tout de pré­pa­rer le ter­rain à une thé­ra­pie com­por­te­men­tale. Un édu­ca­teur pro­fes­sion­nel ca­nin ou un vé­té­ri­naire com­por­te­men­ta­liste peuvent vous y ai­der.

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