Les chats d'is­tan­bul à l'af­fiche !

City Pattes - - CHIENS & CHATS -

UN ANI­MAL VÉ­NÉ­RABLE

Les chats au­raient élus do­mi­cile dans les rues d’is­tan­bul il y a quelques siècles grâce aux na­vires qui y fai­saient es­cale. A cette époque, les ma­rins les em­bar­quaient afin de pro­té­ger leur car­gai­son de grains des sou­ris. Une fois à quai, les fé­lins par­taient en va­drouille faire des ren­contres et agran­dir leur pe­tite com­mu­nau­té pour, fi­na­le­ment, s’ins­tal­ler dé­fi­ni­ti­ve­ment chez les ha­bi­tants. Une au­baine pour ces der­niers, puisque les chats fai­saient fuir les rats. La lé­gende veut qu’ils aient même pro­té­gé la ville des ra­vages de la peste noire. Comme les vaches en Inde, le chat turc est un ani­mal vé­né­rable. Il pos­sède un rang pri­vi­lé­gié dans la re­li­gion mu­sul­mane puis­qu’il y est dé­crit, à maintes re­prises, aux cô­tés du pro­phète Ma­ho­met. On ra­conte, par exemple, que lorsque sa chatte s’en­dor­mait sur un pan de sa tu­nique alors qu’il de­vait se rendre à la prière, il pré­fé­rait cou­per le mor­ceau de tis­su plu­tôt que de la ré­veiller. Avoir de la com­pas­sion pour tout être vi­vant était le mes­sage que Ma­ho­met sou­hai­tait faire pas­ser. Pas de doute que les stam­bou­liotes l’ob­servent scru­pu­leu­se­ment !

LE MI­ROIR DE LA VIE DES STAM­BOU­LIOTES

Prendre soin des chats fait par­tie de la culture lo­cale turque. Les ha­bi­tants ne « pos­sèdent » pas un chat mais en prennent soin lorsque l’un d’eux se ma­ni­feste. Ils sont mi-sau­vages, mi-do­mes­tiques au gré de leurs en­vies et de leurs be­soins du mo­ment. Ils chassent les pe­tits ron­geurs de la ville, se nour­rissent des restes des bou­chers et des pois­son­niers, écument les mar­chés et viennent qué­man­der des ca­resses aux clients des ca­fés du coin. Il ar­rive par­fois que cer­tains ha­bi­tants nour­rissent leur hôte fé­lin… sans ou­blier, bien en­ten­du, tous ceux du quar­tier ! Les dis­tricts de la ville s’in­ves­tissent, eux aus­si, dans la pro­tec­tion des mi­nets en char­geant leurs em­ployés mu­ni­ci­paux de mettre en place des abris et des ga­melles col­lec­tives. Vous avez sû­re­ment re­mar­qué sur les ré­seaux so­ciaux, des images de ma­chines qui dis­tri­buent des cro­quettes lorsque l’on y in­tro­duit une bou­teille en plas­tique à re­cy­cler… et bien cette idée nous vient tout droit de Tur­quie !

STAR DES RÉ­SEAUX SO­CIAUX…

Les chats d’is­tan­bul sont les stars des ré­seaux so­ciaux. Ha­bi­tants et tou­ristes prennent plai­sir à les prendre en pho­tos et d'y as­so­cier le ha­sh­tag #Cat­so­fis­tan­bul. Un phé­no­mène qui a dé­bu­té avec la créa­tion, par Mi­chel Ber­thaud, d’un compte Fa­ce­book @street.cats.is­tan­bul. Il y poste de ma­gni­fiques cli­chés de ma­tous réa­li­sés au coeur de cette mé­tro­pole aux mul­tiples fa­cettes.

ET DU CI­NÉ­MA…

Dans le ma­gni­fique do­cu­men­taire de Cey­da To­run « Ke­di » (sor­tie le 27 dé­cembre 2017), vous pour­rez dé­cou­vrir l’au­then­tique Is­tan­bul via sept por­traits de chats dé­crits par des Stam­bou­liotes qui les cô­toient de près ou de loin. De la chatte mé­gère qui ter­ro­rise tout un quar­tier, au grand chas­seur de rats qui a élu do­mi­cile près d’un res­tau­rant sur le port, les ha­bi­tants se confient sur la joie et le bien-être que ces fé­lins pro­curent à ceux qu’ils choi­sissent d’adop­ter. Un do­cu­men­taire tou­chant et haut en cou­leurs à ne man­quer sous au­cun pré­texte ! « KE­DI » au ci­né­ma le 27 dé­cembre

Ils sont des cen­taines de mil­liers et font par­tie in­té­grante du pay­sage de la ci­té d’is­tan­bul en Tur­quie. De­puis des siècles, les chats y mènent une pe­tite vie bo­hème en sillon­nant les rues et pro­fi­tant de la bien­veillance des stam­bou­liotes.

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