Texte et photos : Ca­ro­line et An­tho­ny Lo­pez

City Ride - - Tour Du Monde -

Se pro­me­ner dans les rues d'une ville ja­po­naise, c'est dé­cou-

vrir le brou­ha­ha des im­menses ca­si­nos. Ce va­carme, aux

fausses so­no­ri­tés cui­vrées, s'ap­pa­rente à ce­lui d'un orgue

commandé par un hys­té­rique trans­cen­dé. Et ce qui se passe

à l’in­té­rieur a quelque chose de mys­tique : des lu­mières de toutes les

cou­leurs et des Ja­po­nais hyp­no­ti­sés, as­sis de­vant une ma­chine. Cô­té

cir­cu­la­tion, les routes du Ja­pon sont en bon état et re­la­ti­ve­ment sûres,

grâce à des conduc­teurs dis­ci­pli­nés pour qui rou­ler vite n'est pas la

pre­mière des pré­oc­cu­pa­tions. Mais, on a beau prendre son temps, pas

ques­tion d'ar­ri­ver en re­tard à un ren­dez-vous ! Et s'il y a une chose

pour la­quelle nous n'étions ja­mais en re­tard c'est pour man­ger des

su­shis ! Ces der­niers sont conformes à l'image de raf­fi­ne­ment que

nous en avons, même dans de pe­tites ta­vernes qui ne payent pas de

mine. Ils sont pré­pa­rés avec des pois­sons is­sus de la pêche lo­cale et

ser­vis avec du wa­sa­bi ou du gin­gembre fraî­che­ment ha­ché. Cô­té dou-

ceurs, les plus belles ex­pé­riences pour le pa­lais ont le par­fum du thé

vert (mat­cha). La glace au thé mat­cha est un pur dé­lice.

Cô­té re­la­tion­nel, la so­cié­té ja­po­naise est ré­gie par toute une bat­te­rie

de prin­cipes et de nom­breuses conven­tions so­ciales. Ain­si, il n’est pas

bon d’ac­cueillir quel­qu’un sans connaître son rang so­cial. Cet as­pect

de la culture ja­po­naise nous a lais­sé un sen­ti­ment mi­ti­gé. Dans ce

pays peu su­jet à l’im­mi­gra­tion ou au mé­tis­sage, l'étran­ger, sur­tout s'il

voyage à vé­lo, est un in­trus qui n'a pas sa place… Nous avons néan-

moins pu réa­li­ser des ren­contres ex­tra­or­di­naires : mon­sieur et ma­dame

yo­ma­gu­chi, 78 et 81 ans, nous ont ac­cueillis alors que nous n'avions

nul en­droit où cam­per. Ra­mas­sage de lé­gumes au po­ta­ger, 2 ki­los de

riz, du fro­mage, de la bière et sur­tout une douche chaude et un apé­ri­tif

cha­leu­reux dans leur mai­son où la com­mu­ni­ca­tion s’ef­fec­tuait par

gestes et l'aide in­es­pé­rée d'un vieux tra­duc­teur jau­ni mais ô com­bien

utile. A Osa­ka, nous avons ren­con­tré At­su­shi qui a par­cou­ru le Ja­pon

en Bromp­ton. Il nous a em­me­né chez Loro, re­ven­deur Bromp­ton, qui

a ré­vi­sé nos vé­los et of­fert des pièces de re­change à Ca­ro­line, avant

de nous em­me­ner dans sa ville où nous avons tour­né des sé­quences

pour une vi­déo sur notre voyage ! Enfin, nous avons ren­con­tré Mme

Kyo­ta, dans un parc de Mai­zu­ru où l'on tuait le temps après

avoir lou­pé le fer­ry. Elle nous a in­vi­té chez elle pour nous of­frir

un goû­ter de rois et nous pré­sen­ter à sa fa­mille. Nous avons

éga­le­ment dé­cou­vert les On­sen, des bains pu­blics où les Ja­po-

nais de tous âges bar­botent dans des bas­sins aux dif­fé­rentes

ver­tus pour le corps et l’es­prit. Rien de mieux après une jour­née

de vé­lo pour se la­ver et se dé­tendre. En plus, les es­paces com-

muns des On­sen pos­sèdent des salles de re­pos avec tables, cui-

sine, par­fois une ca­fet' et thé à vo­lon­té. Cam­per aux abords

d'un On­sen est une ex­cel­lente op­tion ! La deuxième par­tie de

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