Vé­lo et pro­blèmes car­dio­vas­cu­laires

City Ride - - Sante -

Le corps mé­di­cal es­time que les bé­né­fices de l’ac­ti­vi­té phy­sique sont su­pé­rieurs aux risques qu’elle peut en­gen­drer, pour une per­sonne ne souf­frant pas de pro­blèmes co­ro­na­riens connus. La pra­tique ré­gu­lière d’une ac­ti­vi­té phy­sique per­met une va­so­di­la­ta­tion des pe­tites ar­tères, ce qui fait bais­ser la ten­sion ar­té­rielle, la quan­ti­té d’hor­mones de stress, ain­si que le taux de mau­vais cho­les­té­rol. Le coeur ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment les ac­ti­vi­tés phy­siques dites d’en­du­rance, dont le vé­lo. L’ac­ti­vi­té phy­sique joue donc un rôle es­sen­tiel dans la pré­ven­tion des ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires. Néan­moins, à forte in­ten­si­té, cer­taines ac­ti­vi­tés spor­tives telles que le jogging, la na­ta­tion, et le cyclisme sous toutes ses formes, peuvent se ré­vé­ler dan­ge­reuses et pro­vo­quer in­farc­tus du myo­carde et mort su­bite. Mais la pra­tique d’une ac­ti­vi­té phy­sique ne pro­voque pas la ma­la­die car­diaque, elle la ré­vèle ! de plus, l’aug­men­ta­tion du risque car­diaque est beau­coup plus im­por­tante chez les sé­den­taires que chez les pra­ti­quants ré­gu­liers d’une ac­ti­vi­té phy­sique. Quoi qu’il en soit, il est es­sen­tiel, avant de se lan­cer dans un sport, avec un ob­jec­tif com­pé­ti­tif, de se rendre chez son mé­de­cin pour ef­fec­tuer un bi­lan mé­di­cal. Cette vi­site est d’au­tant plus im­por­tante que l’on est un su­jet à risque : plus de 35 ans chez l’homme et 50 ans chez la femme, an­té­cé­dents fa­mi­liaux, ta­ba­gisme im­por­tant, hy­per­ten­sion, dia­bète, sur­poids. La délivrance d’un cer­ti­fi­cat d’ap­ti­tude au sport ne donne gé­né­ra­le­ment pas lieu à des exa­mens pous­sés chez le mé­de­cin : l’examen se li­mite gé­né­ra­le­ment à la prise de la ten­sion, une aus­cul­ta­tion pul­mo­naire et car­diaque et un mi­ni test d’ef­fort afin d’éva­luer les ca­pa­ci­tés de ré­cu­pé­ra­tion. Néan­moins, en cas de pa­tho­lo­gie car­dio­vas­cu­laire connue et si vous pré­sen­tez des fac­teurs de risque, le mé­de­cin est en droit (de­voir) de pres­crire un test d’ef­fort et éven­tuel­le­ment un élec­tro­car­dio­gramme. Lors de cette consul­ta­tion, c’est au pa­tient d’in­di­quer clai­re­ment ses ob­jec­tifs spor­tifs à son mé­de­cin. Par ailleurs, il est im­por­tant de si­gna­ler au mé­de­cin si votre pra­tique se li­mite à de la ba­lade ou si vous avez des ob­jec­tifs com­pé­ti­tifs. Le bi­lan ne se­ra pas le même. No­tez qu’il convient de res­pec­ter des phases d’échauf­fe­ment, de ré­cu­pé­ra­tion, pour ne pas faire mon­ter son muscle car­diaque trop haut. Mais qu’en est-il de la pra­tique du vé­lo après la sur­ve­nue d’un ac­ci­dent co­ro­na­rien ? de nom­breux pa­tients tendent à ré­duire leurs ac­ti­vi­tés phy­siques et spor­tives, par peur d’une nou­velle dé­té­rio­ra­tion de leur condi­tion car­dio­vas­cu­laire. Pour­tant, l’im­pact fa­vo­rable d’une ré­adap­ta­tion, as­so­ciant édu­ca­tion thé­ra­peu­tique et ré­en­traî­ne­ment phy­sique a été dé­mon­tré par de nom­breux tra­vaux, y com­pris de­puis la gé­né­ra­li­sa­tion de la fi­bri­no­lyse (mé­thode uti­li­sée pour éli­mi­ner la fi­brine, pro­téine fi­la­men­teuse qui in­ter­vient dans le phé­no­mène de la coa­gu­la­tion et dont la pré­sence et trop grande quan­ti­té peut en­traî­ner la for­ma­tion de caillot) et de l’an­gio­plas­tie (mé­thode qui consiste à in­tro­duire dans l’ar­tère ma­lade, un ca­thé­ter mu­ni à son ex­tré­mi­té d’un bal­lon gon­flable. Le bal­lon est po­si­tion­né sous contrôle ra­dio­lo­gique au ni­veau de la sté­nose, puis gon­flé grâce à une se­ringue équi­pée d’un ma­no­mètre). Plu­sieurs études mettent en avant une ré­duc­tion de la mor­ta­li­té to­tale de 20% et de la mor­ta­li­té car­diaque de 26% chez les su­jets re­pre­nant une ac­ti­vi­té phy­sique lé­gère après un ac­ci­dent co­ro­na­rien. Bien sûr, cette re­prise doit s’ef­fec­tuer en ac­cord avec le car­dio­logue. en fonc­tion des ré­sul­tats de élec­tro­car­dio­gramme, il éta­bli­ra des plans de re­prise per­son­na­li­sés. Par­mi les sports pou­vant être pra­ti­qués par une per­sonne souf­frant de pro­blèmes car­diaques, cer­tains sont conseillés ou to­lé­rés, mais uni­que­ment quand ils sont pra­ti­qués hors com­pé­ti­tion, à une in­ten­si­té mo­dé­rée. L’ac­ti­vi­té spor­tive au quo­ti­dien a donc plus de bé­né­fices que de risques chez les per­sonnes sans pro­blème car­dio­vas­cu­laire connu. Mais elle doit s’ef­fec­tuer à in­ten­si­té mo­dé­rée et as­so­ciée à une bonne hy­giène de vie. Pour les per­sonnes souf­frant de troubles car­diaques, la re­prise d’une ac­ti­vi­té phy­sique est re­com­man­dée, mais doit s’ef­fec­tuer sous contrôle mé­di­cal.

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