Le page : un mythe ?

Connaissance de la Chasse - - Découverte Scientifique -

Le sui­vi des san­gliers grâce aux tech­niques de l’ob­ser­va­tion di­recte et in­di­recte (té­lé­mé­trie) nous per­met d’af­fir­mer qu’un san­glier, une fois so­li­taire, le de­meure toute sa vie à l’ex­clu­sion de la pé­riode de rut et, en­core une fois, des re­mises très fré­quen­tées. Il n’y au­rait donc au­cune rai­son pour qu’un mâle s’as­so­cie à un autre plus jeune. Au­cune ob­ser­va­tion n’a d’ailleurs été faite pour cor­ro­bo­rer cette thèse. Pour Éric Bau­bet, chef de projet san­glier au Ce­ra, ce­la re­lève plus du mythe que d’autre chose. « En re­vanche, il est tout à fait pos­sible d’ob­ser­ver deux mâles en­semble dont l’un est plus grand que l’autre », pour­suit notre scien­ti­fique. Deux scé­na­rii, au moins, peuvent ex­pli­quer cette ob­ser­va­tion. Il peut ar­ri­ver en cas de fuite pré­ci­pi­tée (dé­ran­ge­ment par la chasse ou autres) qu’un jeune so­li­taire suive de près les traces d’un plus grand et, dès lors, on peut en dé­duire qu’ils sont « in­sé­pa­rables ». En­fin, il se peut tout à fait dans le groupe de ju­vé­niles qui sub­siste du­rant quelques mois que les san­gliers n’aient pas la même cor­pu­lence et donc en ex­tra­po­ler une grande dif­fé­rence d’âge (in­fon­dée) entre les deux. Mais il est sûr que l’image d’un mâle et de son page est plus belle que celle de deux cou­sins ou deux fuyards al­lant dans la même di­rec­tion. Autre idée à com­battre, un san­glier so­li­taire n’est pas obli­ga­toi­re­ment un mâle. Une jeune laie is­sue d’une com­pa­gnie ayant per­du la laie adulte (par pré­lè­ve­ment à la chasse, par exemple) peut connaître éga­le­ment la so­li­tude si elle est la seule fe­melle d’une por­tée. Elle le de­meu­re­ra jus­qu’à ce qu’un mâle viennent la saillir, mais elle ne cher­che­ra pas à se sou­der à une autre com­pa­gnie.

Une laie iso­lée at­ten­dra le rut pour être en contact avec d’autres san­gliers.

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