L’art de ser­vir

Connaissance de la Chasse - - Rencontre Solognote -

Co­co nous ex­plique concrè­te­ment sa fa­çon de ser­vir un san­glier au ferme, ou coif­fé : « - D’abord je fais le si­lence. Je n’en­cou­rage pas les chiens qui sont suf­fi­sam­ment ex­ci­tés. Je me rap­proche dis­crè­te­ment et ra­pi­de­ment de l’ani­mal. J’en­fourche le san­glier, j’em­poigne une écoute d’une main et j’en­fonce la dague de l’autre main. Puis, je tourne la lame, au ni­veau du coeur, afin qu’elle fasse son oeuvre, qu’une hé­mor­ra­gie af­fai­blisse l’ani­mal. L’écoute te­nue et la dague fi­chée consti­tuent deux points d’an­crage qui me per­mettent de main­te­nir le san­glier en place ; - ja­mais, on ne doit ser­vir de cô­té, si­non l’ani­mal se re­tourne illi­co, vous charge, vous dé­coud, ou vous mord s’il s’agit d’une laie ; - je sers tou­jours à la dague, pas à la ca­ra­bine pour évi­ter les risques d’at­teindre les chiens, ni à l’épieu, car j’aime le contact avec l’ani­mal ; - les san­gliers les plus gros ne sont pas les plus dan­ge­reux. Pour les chiens, les ani­maux de 60-80 kg peuvent être re­dou­tables car ils cu­mulent la vi­va­ci­té, la force et les dents. » Ré­cu­pé­rer le gi­bier, le pré­pa­rer, mettre en place le ta­bleau. Et bien sûr rendre les hon­neurs, avec des trompes de vè­ne­rie de pré­fé­rence. Il faut prendre le temps de faire tout ce­la, et de bien le faire. Or, au­jourd’hui, nous pre­nons de moins en moins le temps. » Co­co par­vient à prendre le temps de tra­quer. Pour ce­la, il tra­vaille de nuit, sur Or­léans. Ce qui lui laisse da­van­tage d’op­por­tu­ni­tés pour al­ler à la chasse, à la traque, les ven­dre­dis, sa­me­dis, di­manches et lun­dis. « Une sai­son, j’ai dû faire 70-80 chasses. » À Cham­bord, sa bonne ré­pu­ta­tion de tra­queur l’a pré­cé­dé. Aus­si, une fois par se­maine, dès le deuxième ven­dre­di de no­vembre, il re­joint le fa­meux do­maine. Ce qui re­pré­sente 15 à 17 chasses an­nuelles. « For­cé­ment, il s’agit d’un for­mi­dable ter­ri­toire, qui me per­mit de créan­cer mes chiens sur le seul san­glier. » Au cours des cinq bat­tues de la jour­née, cinq maîtres-chiens re­con­nais­sables à leur gi­let jaune traquent si­mul­ta­né­ment, mais sé­pa­ré­ment. Cha­cun d’eux se voit re­mettre une carte lui in­di­quant son

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