Au son de la corne

Connaissance de la Chasse - - Courrier -

Fi­dèle lec­teur de votre re­vue, je viens vers vous pour abor­der un su­jet qui me pré­oc­cupe par­ti­cu­liè­re­ment, à sa­voir les son­ne­ries d’an­nonce en bat­tue. Ne se­rait-ce pas une bonne idée que d’es­sayer de “stan­dar­di­ser” le code de ces son­ne­ries où il règne, il faut bien l’ad­mettre, une jo­lie pa­gaille bien “fran­chouillarde” ? Ce­la ai­de­rait, sans nul doute, à la sé­cu­ri­té et évi­te­rait que les in­vi­tés soient per­dus par la di­ver­si­té des codes. En s’ap­puyant sur ce qui se pra­tique, dans une bonne lo­gique, je pense qu’il est pos­sible de s’en te­nir à 5 types, plus le dé­but et la fin de bat­tue. De tels codes de­vraient, se­lon moi, être dé­cré­tés par la FNC, et ren­dus uni­formes et obli­ga­toires sur tout le ter­ri­toire fran­çais. Chaque zone pour­rait en­suite com­plé­ter sa “gamme” en fonc­tion de sa spé­ci­fi­ci­té, mais nous au­rions néan­moins une “co­lonne ver­té­brale” com­mune. » Do­mi­nique Mé­dard, Six-Fours (Var)

Force est d’ad­mettre que le terme de « jo­lie pa­gaille » uti­li­sé par notre lec­teur est on ne peut mieux choi­si dès lors que l’on aborde le su­jet des an­nonces en bat­tue. Au­cune uni­for­mi­sa­tion n’existe, et il faut bien avouer que pour le chas­seur ré­gu­liè­re­ment in­vi­té, à gauche à droite, il y a de quoi y perdre son la­tin. Quand son­ne­ries il y a… Et pour­tant, la corne d’ap­pel ou pi­bole est un ac­ces­soire in­dis­pen­sable, tant en termes de sé­cu­ri­té que pour le res­pect du plan de chasse. Cer­tains ter­ri­toires ne s’y sont d’ailleurs pas trom­pés en im­po­sant l’uti­li­sa­tion de cet ins­tru­ment à tous les par­ti­ci­pants, faute de quoi ils ne pour­raient par­ti­ci­per à la bat­tue. Certes, d’au­cuns pré­ten­dront qu’il existe au­jourd’hui des moyens plus mo­dernes pour com­mu­ni­quer entre chas­seurs et tra­queurs, tels le tal­kie-wal­kie ou le té­lé­phone por­table qui sont dé­sor­mais to­lé­rés au cours de l’ac­tion de chasse. Con­cer­nant les sys­tèmes ra­dio, en­core fau­drait-il que chaque ti­reur et pi­queux en soit équi­pé, et que le bio­tope ou la taille de la traque au­to­risent une ré­cep­tion op­ti­male. Quant au té­lé­phone, il ne per­met de joindre, quand si­gnal il y a, qu’une seule per­sonne à la fois, d’où une cir­cu­la­tion trop res­treinte ou beau­coup trop longue de l’in­for­ma­tion. La pi­bole s’avère donc l’ou­til in­con­tour­nable, à condi­tion que les son­ne­ries soient évi­dem­ment ré­pé­tées de ligne en ligne, car par­fois la di­men­sion des en­ceintes et/ou les vents ne fa­vo­risent pas une écoute op­ti­male de l’ins­tru­ment. Tout comme M. Mé­dard, nous nous sommes rap­pro­chés de ter­ri­toires et de fé­dé­ra­tions pour sa­voir quelles étaient les cou­tumes pra­ti­quées. S’il n’existe, a prio­ri, au­cune règle clai­re­ment dé­fi­nie, cer­tains codes re­viennent tou­te­fois de ma­nière ré­cur­rente.

Cette col­lecte d’in­for­ma­tions nous a donc per­mis de cons­truire, à titre d’exemple, le pro­to­cole sui­vant qui se sin­gu­la­rise par sa sim­pli­ci­té et sa lo­gique : - dé­but de bat­tue : 1 coup long si­gni­fiant que tous les ti­reurs sont pos­tés et qu’il est dé­sor­mais pos­sible d’ap­pro­vi­sion­ner les armes ; - fin de traque : 2 coups longs or­don­nant le dé­char­ge­ment im­mé­diat des armes et le chan­ge­ment de traque ; - cas d’ur­gence : 3 coups longs or­don­nant le dé­char­ge­ment im­mé­diat des armes, la fin de bat­tue et le ras­sem­ble­ment en un lieu préa­la­ble­ment dé­fi­ni. Les an­nonces de vue peuvent s’ins­pi­rer du nombre de syl­labes re­la­tives à chaque es­pèce : - che­vreuil : 2 coups courts ; - san­glier : 3 coups courts ; - biche ou faon : 4 coups courts (pour grand-cer-vi-dé) ; - cerf : 5 coups courts (pour cer-vi-dé coif-fé) ; - laie sui­tée : 6 coups courts (pour laie sui-tée mar-cas-sins) ; - la mort : la vue plus le ri­go­don, aus­si uti­li­sable pour un ani­mal bles­sé afin d’évi­ter un dé­pas­se­ment éven­tuel des quo­tas. À cha­cun de l’adap­ter par la suite, en fonc­tion des spé­ci­fi­ci­tés du ter­ri­toire et du plan de chasse, comme le sug­gère M. Mé­dard. Reste tou­te­fois à convaincre nos ins­tances cy­né­gé­tiques du bien­fon­dé d’une telle « stan­dar­di­sa­tion », quelle qu’elle soit.

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