Bien­faits des ana­lyses Adn

Connaissance de la Chasse - - Étranger -

Au cours de la confé­rence an­nuelle de l’As­so­cia­tion for the Ad­van­ce­ment of Science (AAAS) qui s’est te­nue à la mi­fé­vrier 2015 à Wa­shing­ton, Sa­muel Was­ser, pro­fes­seur de bio­lo­gie à l’uni­ver­si­té de la ville, a ré­vé­lé que le nombre de « ba­rons » contrô­lant le tra­fic d’ivoire était re­la­ti­ve­ment pe­tit et que ceux-ci étaient concen­trés dans deux sec­teurs géo­gra­phiques pré­cis. Cette af­fir­ma­tion a été ren­due pos­sible grâce à une banque de don­nées bâ­tie via les ana­lyses Adn réa­li­sées sur une mul­ti­tude de dé­fenses sai­sies. Le scien­ti­fique, dont les tra­vaux ont fait l’ob­jet d’une pu­bli­ca­tion dans la re­vue Science en 2015, a réus­si à dé­mon­trer que 85 % des pointes d’élé­phants de fo­rêt in­ter­cep­tées entre 2006 et 2014 étaient ori­gi­naires d’une zone pro­té­gée s’éten­dant entre le Ca­me­roun, le Con­go et le Ga­bon. De même, il est prou­vé que plus de 85 % de l’ivoire d’élé­phants de sa­vane pro­vient d’Afrique de l’Est et plus spé­ci­fi­que­ment de Tan­za­nie. Concer­nant cette fi­lière, il est avé­ré que la très large ma­jo­ri­té des dé­fenses tran­site par Mom­ba­sa au Ke­nya. Pour Sa­muel Was­ser, ce­la in­dique que le nombre de ba­rons est as­sez li­mi­té car les points chauds du bra­con­nage sont très ré­duits. Il es­time que ce tra­fic est contrô­lé par un ou deux tra­fi­quants et que Mom­ba­sa est ac­tuel­le­ment la plus grande plaque tour­nante d’Afrique. Et d’ajou­ter : « Nos tra­vaux ont dé­jà per­mis de neu­tra­li­ser l’un des plus grands tra­fi­quants d’ivoire d’Afrique de l’Ouest et nous sommes pro­ba­ble­ment main­te­nant sur la piste du plus gros tra­fi­quant du con­tinent afri­cain. » Pour rap­pel, la Chine re­pré­sente plus de 70% de la de­mande mon­diale d’or blanc. Dans un com­mu­ni­qué da­té du 29 oc­tobre 2015, l’Union in­ter­na­tio­nale pour la con­ser­va­tion de la na­ture (Uicn) a fait sa­voir que six des onze es­pèces de vau­tours évo­luant sur le con­tinent afri­cain pré­sentent un risque éle­vé d’ex­tinc­tion. Les oi­seaux me­na­cés sont no­tam­ment vic­times d’em­poi­son­ne­ment par des car­casses far­cies, par les pas­teurs, de pes­ti­cides agri­coles hau­te­ment toxiques des­ti­nés au dé­part à tuer les pré­da­teurs du bé­tail. Les bra­con­niers uti­lisent la même tech­nique à l’égard des élé­phants pour ré­cu­pé­rer l’ivoire. Les vau­tours font aus­si l’ob­jet de chasses spé­ci­fiques car cer­taines par­ties de leurs dé­pouilles sont uti­li­sées en mé­de­cine tra­di­tion­nelle. Se­lon Ju­lius Ari­naitwe, le di­rec­teur du pro­gramme Afrique de Bird­life in­ter­na­tio­nal, le dé­clin ra­pide des­dits cha­ro­gnards est alar­mant car, en éli­mi­nant les dé­pouilles en dé­com­po­si­tion, ces vo­la­tiles contri­buent ac­ti­ve­ment à stop­per la pro­pa­ga­tion des ma­la­dies.

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