Le san­glier, al­lié ou han­di­cap pour le fo­res­tier ?

Connaissance de la Chasse - - Premier Suivi Gps -

C’est un lieu com­mun que d’af­fir­mer que si les cer­vi­dés « abîment » la fo­rêt, le san­glier lui est bé­né­fique. So­nia Saïd nous éclaire sur le su­jet : « Cer­taines études me­nées en Corse ont dé­mon­tré ef­fec­ti­ve­ment que le san­glier peut jouer un rôle po­si­tif en mi­lieu fo­res­tier, no­tam­ment les plus pauvres (pi­nèdes). Lors de sa quête ali­men­taire, les in­nom­brables bou­tis qu’il com­met per­mettent d’aé­rer la

de points dans les cultures est pro­por­tion­nel au temps pas­sé dans les cultures : les san­gliers ont donc pas­sé au to­tal seule­ment 0,6 % de leur temps dans les cultures. Ce­pen­dant, nous n'avons pas me­su­ré les dé­gâts oc­ca­sion­nés, c'est la pro­chaine étape. Il fau­dra que l'on aille sur les cultures vi­si­tés afin de cal­cu­ler la sur­face et le coûts des sorties noc­turnes ! « Nous avons donc éga­le­ment comp­ta­bi­li­sé le nombre de nuits pas­sées dans les zones agri­coles pour chaque mois de l’an­née. Une nuit est dé­cla­rée “dans les cultures” dès qu’un des points noc­turnes se trouve dans les cultures. Nos ré­sul­tats montrent que c’est en août 2014 que les san­gliers sui­vis ont pas­sé le plus de nuits “de­hors” ; soit 17,4 % des nuits et ce­la pour trois san­gliers par­ti­cu­liè­re­ment en­clins à cette conduite, sur cinq ani­maux sui­vis. Au fi­nal, on montre d’une part qu’une ma­jo­ri­té des san­gliers sui­vis res­tent can­ton­nés à la ré­serve et ne mettent ja­mais le bout du groin de­hors, même sur les places terre et donc d’amé­lio­rer sa qua­li­té et son ren­de­ment sur le plan syl­vi­cole. En re­vanche, sur d’autres types de fo­rêt, no­tam­ment les plus riches, une forte po­pu­la­tion de san­gliers peut lit­té­ra­le­ment ava­ler

d’agrai­nage en pé­ri­phé­rie, et d’autre part que quelques in­di­vi­dus, qui vivent sur un grand do­maine vi­tal, sortent en plaine à la belle saison. » Si l’on peut dé­plo­rer la taille de l’échan­tillon de san­gliers et la du­rée de leur sui­vi (un an au maxi­mum) de cette étude, il res­sort néan­moins deux idées fortes qui en­tourent le san­glier. La pre­mière qui de­meure est qu’il existe une grande hé­té­ro­gé­néi­té dans le com­por­te­ment des ani­maux sui­vis. Même si quelques ten­dances émergent, comme un do­maine vi­tal plus res­treint que beau­coup le pensent, ou une vie ponc­tuée d’ha­bi­tudes, chaque san­glier semble avoir sa propre oc­cu­pa­tion de son do­maine vi­tal. En­fin, mal­gré cette une énorme par­tie de la glan­dée et donc contri­buer à li­mi­ter la ré­gé­né­ra­tion na­tu­relle d’un mas­sif. Sur ce point, je ne suis pas sûre que vous trou­ve­rez un fo­res­tier pour vous dire que ce­la est bé­né­fique. »

hé­té­ro­gé­néi­té, tous les ani­maux sui­vis ont dé­mon­tré, dans tous leurs as­pects com­por­te­men­taux, une uti­li­sa­tion très ré­flé­chie de leur ter­ri­toire. « Nous re­trou­vons sur cette étude des in­for­ma­tions si­mi­laires qui res­sor­taient de celles me­née à Arc-enBar­rois, conclut So­nia Saïd. Lors des bat­tues, les san­gliers quittent les zones les plus four­rées pour al­ler se re­mi­ser dans des taillis, sa­chant qu’ils ne se­ront pas sus­pec­tés d’y être. Cette at­ti­tude dé­montre que l’es­pèce a une cer­taine connais­sance de l’homme et qu’elle se sert de sa maî­trise de son ter­ri­toire pour lui échap­per. » Qui, du san­glier ou de l’homme, connaît le mieux l’autre ? texte et pho­tos Thi­baut Macé

« Le san­glier uti­lise son ter­ri­toire d’une fa­çon très ré­flé­chie, rien n’est ha­sar­deux chez lui. »

« Notre étude montre que cer­tains san­gliers sont in­féo­dés à la fo­rêt, même en pé­riode de di­sette ali­men­taire. »

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