Ma­riage : THE er­reur à ne pas com­mettre

THE er­reur à ne pas com­mettre

Cosmopolitan (France) - - Cosmopolitain Mai - Par Ka­ren McCul­lah

Quand l’au­teur du scé­na­rio de « la Re­vanche d’une blonde » s’est ma­riée, elle était loin d’ima­gi­ner à quel point son suc­cès joue­rait contre elle lors de son di­vorce. Par Ka­ren McCul­lah.

iQuand l’au­teur du scé­na­rio de « La re­vanche d’une blonde » s’est ma­riée, elle était loin d’ima­gi­ner à quel point son suc­cès joue­rait contre elle, lors de son di­vorce.

l y a des cen­taines de dé­tails à ré­gler dans les mois qui pré­cèdent son ma­riage : la mu­sique, les fleurs, comment faire co­ha­bi­ter toute une soi­rée des gens qui se dé­testent et vont pro­ba­ble­ment se je­ter des ob­jets à la fi­gure… Et hé­las il y en a un au­quel on ne pense ja­mais : le contrat pré­nup­tial. Nor­mal. Mal­gré mises en garde et sta­tis­tiques, qui a en­vie de se pré­oc­cu­per d’un éven­tuel di­vorce ? Mais si on n’y pense pas, c’est surtout que beau­coup de femmes sont dans la si­tua­tion dans la­quelle j’étais alors : elles n’ont rien, à part des dettes.

Lui ver­ser une s***** de pen­sion ?

Quand je me suis ma­riée à 24 ans, je n’ai pas en­vi­sa­gé une se­conde de faire un contrat de ma­riage. Qu’est-ce que mon ma­ri pour­rait me prendre ? Mes cré­dits en cours ? Sauf que dix-huit ans plus tard, quand nous avons di­vor­cé, j’étais un au­teur re­con­nu avec pas mal d’ar­gent de cô­té. Mon ex est par­ti avec… la moi­tié. Lui don­ner la moi­tié de cet ar­gent, jusque-là, ok. Mais ce qui m’a ren­due dingue, c’est qu’il a exi­gé que je lui verse tous les mois une pen­sion ali­men­taire. Je n’avais qu’une en­vie, me mettre à hur­ler et noyer ma frus­tra­tion dans des litres d’al­cool et de glace au cho­co­lat. De­puis, je lui signe chaque mois une s***** de p***** de chèque de 6 000 dol­lars. Ça fait deux ans et de­mi. Il m’en reste en­core cinq. Si j’en suis là, c’est que la loi ca­li­for­nienne en ma­tière de di­vorce donne tou­jours l’avan­tage à ce­lui des époux qui gagne le moins. On pour­rait pen­ser que pen­dant que je rap­por­tais l’ar­gent du mé­nage, mon ex-ma­ri res­tait à la mai­son pour éle­ver nos en­fants. Mais pas du tout : nous n’avons pas eu d’en­fants. Mais l’État de Ca­li­for­nie m’oblige à ga­ran­tir à mon ex le ni­veau de vie au­quel il était ha­bi­tué lorsque nous étions en­semble. Même s’il est ar­chi-di­plô­mé, même si un pro­fil comme le sien est très re­cher­ché sur le mar­ché du tra­vail, pour ga­ran­tir sa qualité de vie, je dois res­treindre la mienne. Au point de ne plus pou­voir me per­mettre un abon­ne­ment au câble ou une vi­rée chez le coif­feur.

On m’avait bien pré­ve­nue…

Pour­tant quand Mé­la­nie, mon avo­cate, m’a ex­pli­qué que mon ex pou­vait pré­tendre à un « sou­tien ma­ri­tal » (le nou­veau mot pour pen­sion ali­men­taire ou pres­ta­tion com­pen­sa­toire) je lui ai ré­pon­du du tac au tac : « Mais non, il ne le fe­ra ja­mais ! C’est un truc de femme au foyer ça. » Elle m’a re­gar­dée droit dans les yeux et m’a dit : « Toutes les femmes qui sont pas­sées dans mon bureau m’ont ré­pon­du la même chose. Mais te­nez-vous prête. Parce que c’est exac­te­ment ce qu’il va faire. » Elle avait rai­son. Mé­la­nie et son ca­bi­net, Was­ser, Coo­per­man & Car­ter, ont une liste longue comme le bras de clientes qui comme moi ai­me­raient re­mon­ter le temps et faire si­gner à leur ex un contrat pré­nup­tial. J’en ai ren­con­tré quelques-unes. Dans les soi­rées, on n’a même pas be­soin de se par­ler pour se re­con­naître. Peut-être à cause de ce sen­ti­ment de rage et de dé­cep­tion que nous avons en com­mun. Alors on se pose dans un coin et on s’échange les trucs et as­tuces qui nous per­mettent de ré­duire nos

bud­gets men­suels et de si­gner cette s***** de chèque. L’une de nous a même pro­po­sé à son ex de l’en­ga­ger comme nou­nou. Il a re­fu­sé. Il n’a pas be­soin de tra­vailler vu qu’il touche sa pen­sion tous les mois.

Plus ja­mais ça !

Il y a peu de temps, j’ai ren­con­tré quel­qu’un. Un pom­pier. La classe. Jus­qu’à ce que lors d’un dî­ner à deux la dis­cus­sion glisse sur mon di­vorce et la pen­sion. Il s’est ex­cla­mé : « C’est co­ol d’être ton ex ! À sa place, moi aus­si j’au­rais pris l’ar­gent. » Je me se­rais sen­tie moins hu­mi­liée s’il m’avait dit que Kim Kar­da­shian était en train de le su­cer sous la table. Fu­tures ma­riées, c’est à vous que je m’adresse. Même si pour le mo­ment vous n’êtes pro­prié­taires de rien, en de­hors des dettes, faites un contrat pré­nup­tial. Pré­voyez une juste ré­par­ti­tion des biens entre vous, éta­blis­sez des règles sur ce qui ap­par­tient à l’un et à l’autre, à ce qui pour­rait vous ap­par­te­nir à l’ave­nir. Et surtout, pré­ci­sez bien qu’en cas de di­vorce au­cun de vous n’au­ra à payer de pen­sion ali­men­taire. Parce qu’un jour, peut-être que vous, ta­len­tueuse Cos­mo Girl, vous al­lez in­ven­ter, écrire, chan­ter, peindre, créer quelque chose, jouer la co­mé­die, ou mon­ter une en­tre­prise flo­ris­sante. Et il n’y a au­cune rai­son pour que vous soyez pé­na­li­sée par votre suc­cès en en­tre­te­nant votre ex-ma­ri. Pen­sez à mon his­toire comme à celle d’un conte sur la pru­dence. Si j’ai convain­cu ne se­rait-ce que l’une d’entre vous, je se­rai moins fu­rax le mois pro­chain, au mo­ment de lui si­gner cette s***** de p***** de chèque.

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