Il n’y a qu’à Cos­mo qu’on avoue ça.

Cosmopolitan (France) - - Nos Confessions -

Image de marque

Je me lance en­fin : après une école de stylisme et des heures de tra­vail dans le ga­rage de mes pa­rents, je crée ma propre ligne de bi­joux. Le nom de ma marque ? Noune, mon sur­nom de­puis l’en­fance. Je tra­vaille mon image, mon lo­go, les pho­tos de mes bi­joux et, quand tout est prêt, c’est avec une pe­tite boule au ventre que je mets en ligne mon site in­ter­net. Dès la pre­mière se­maine, je saute de joie de­vant les sta­tis­tiques : j’ai des cen­taines de vi­sites au comp­teur ! La se­maine sui­vante, je passe la barre des mil­liers ! Mais pas de com­mandes pour le mo­ment… En creu­sant plus loin dans mes stats, je dé­couvre avec éton­ne­ment que la plu­part des vi­si­teurs sont ca­na­diens. Une re­cherche Google plus tard, tout s’éclaire : noune, en qué­bé­cois, veut dire vulve. Rien à voir avec les bi­joux. Seule so­lu­tion : chan­ger de nom. Ma­rion, 25 ans, na­nouk­je­wel.com

Man­ne­quin ca­bine

Ce ma­tin, je mets le pa­quet de­vant le mi­roir : stick an­ti-im­per­fec­tions + fond de teint + blush + mas­ca­ra + rouge à lèvres + bru­shing de Kate Midd­le­ton = une bombe. Quand je li­bère en­fin la salle de bains, mon mec hal­lu­cine : « Waouh ! Mais tu vas où comme ça ? » Faire des pho­tos d’identité pour re­nou­ve­ler mon pas­se­port. Dans la ca­bine, je règle le fau­teuil, trouve la pose avan­ta­geuse, trois, deux, un, flash ! Du pre­mier coup, ma pho­to est ca­non. Le len­de­main ma­tin au comp­toir de la mai­rie, l’agent en charge des pas­se­ports n’est pas du même avis : « La pho­to n’est pas va­lide, il est in­ter­dit de sou­rire. » D’un coup de web­cam, il a im­mor­ta­li­sé ma tête « saut du lit » sans ma­quillage et avec fri­settes re­belles. Pour dix ans. Catherine, 30 ans

Lan­gage tech­nique

Cet après-mi­di, j’en­voie un Po­wer­Point qui tue à mon boss. Avec slides ani­més, ca­mem­berts en cou­leur, et jo­lis mots qui font pro. Il ré­pond dans la fou­lée : « Bra­vo ! Vous pré­sen­te­rez ça de­main. » Aaaah ! Pre­mière fois qu’il me laisse faire une pré­sen­ta­tion de­vant les clients. Je suis aus­si stres­sée qu’ex­ci­tée, et à peine ren­trée je re­passe mon tailleur le plus classe. Le len­de­main, de­vant une di­zaine de per­sonnes, j’as­sure. Tel­le­ment que mon boss me tend ses notes pour ani­mer la phase des ques­tions/ ré­ponses. C’est fiè­re­ment que je lis la pre­mière : « Quel est le roi de cette opé­ra­tion ? » Re­gard per­plexe des clients, in­ter­ven­tion de mon boss : « Cé­line veut par­ler du R. O. I. » L’abré­via­tion de Re­turn On In­vest­ment, bien sûr, je le sa­vais. Cé­line, 23 ans

L’amour rend aveugle

Ras- le- bol de la ville, j’em­barque mon amou­reux pour un week-end im­pro­vi­sé en So­logne. Sur in­ter­net, j’ai dé­go­té un pe­tit hô­tel pas cher à une heure de voiture, avec vue sur la Loire. Nos va­lises po­sées, on part se ba­la­der au bord du fleuve. C’est fou ce so­leil, on a de la chance ! Éblouie, j’at­trape le bras de Jo­ris, je ferme les yeux et me laisse gui­der par mon amou­reux, le vi­sage le­vé vers le ciel pour faire le plein de vi­ta­mine D. C’est si bon de sen­tir la cha­leur sur ses joues, d’en­tendre le chant des oi­seaux, le cla­po­tis de l’eau, le souffle lé­ger de la brise… BAM ! Je re­viens d’un coup à la réa­li­té, le nez dans un arbre. « Aïeuuuuh ! », je m’énerve contre Jo­ris. Mais lui aus­si se tient le front : il a eu la même idée que moi et, de­puis trois mi­nutes, on marche tous les deux les yeux fer­més en se lais­sant gui­der par l’autre. Lu­di­vine, 32 ans

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.