LAU­RIANE

Gar­dien de la paix en bri­gade équestre, elle pa­trouille à che­val. Mais cô­té coeur, elle a les deux pieds sur terre.

Cosmopolitan (France) - - A 30 Ans - Par Jeanne Fer­ney. Pho­to Ju­lie An­siau.

Pe­tite, je rêve de de­ve­nir vé­té­ri­naire. Ga­gner sa vie en la pas­sant avec des ani­maux, c’est pos­sible ça ? Je gran­dis en ban­lieue pa­ri­sienne, au sein d’une fa­mille très unie : des pa­rents amou­reux, un grand frère pro­tec­teur. Une vraie pub Ri­co­ré ! Les ani­maux, c’est pas vrai­ment leur truc, on m’ins­crit quand même au po­ney, mais on par­tage en­semble la pas­sion de la mu­sique. Mon père com­pose et joue du pia­no. On va chan­ter tous les deux dans des mai­sons de re­traite. À 15 ans, je re­nonce à de­ve­nir vé­té­ri­naire. Je conti­nue l’équi­ta­tion et je m’en sors bien. Après le bac, je m’ins­cris en BTS ac­tion com­mer­ciale, his­toire d’avoir un ba­gage. Mon frère, dans la po­lice de­puis plu­sieurs an­nées, me vante ré­gu­liè­re­ment les mé­rites de sa pro- fes­sion. Et m’ap­prend l’exis­tence d’une bri­gade équestre au sein de la po­lice na­tio­nale. As­su­rer la sécurité à che­val ? Je m’y vois bien. Ga­lop 6, je passe le concours de gar­dien de la paix tout en pour­sui­vant mon BTS. Pas fa­cile, mais je m’en tire plu­tôt pas mal : j’ar­rive 76e sur 5 000. Je fais un an d’école de po­lice à Reims. C’est la plus belle an­née de ma vie. À croire que j’étais faite pour ça ! L’uni­forme nous loge tous à la même en­seigne, les dif­fé­rences se gomment. Cette men­ta­li­té me plaît. J’en­chaîne sur deux ans au com­mis­sa­riat de Nan­terre. 23 ans, j’in­tègre la bri­gade équestre des Hauts-deSeine. J’ai un amou­reux, mon ga­lop 7 et tout va bien. En plus, je passe ma vie à che­val, comme j’en rê­vais. Les mis­sions sont va­riées, de la bat­tue en fo­rêt pour re­trou­ver une per­sonne dis­pa­rue, au main­tien de l’ordre pen­dant un match de foot… L’ani­mal a un tas d’avan­tages : d’abord, le che­val im­pres­sionne, en­suite, on est en hau­teur, donc plus de vi­si­bi­li­té. Tout en nous ren­dant plus sym­pa­thique aux yeux des gens. 26 ans, j’adore mon bou­lot, mais je ne trouve pas la même sa­tis­fac­tion cô­té coeur. Après deux ans de re­la­tion, je sens qu’on s’éloigne. Il n’est pas pres­sé de construire, alors que moi, je n’at­tends que ça. Mieux vaut ar­rê­ter là… L’an­née sui­vante, je quitte les Hauts-de-Seine pour une plus grosse uni­té, dans les Yve­lines. En même temps qu’une pas­sion, j’ai trou­vé une se­conde fa­mille. Tout le monde se sou­tient même si ce n’est pas non plus le monde des Bi­sou­nours. Pour une fille, ça reste de toute fa­çon un mé­tier de mecs. Même si les men­ta­li­tés évo­luent, il faut tou­jours faire ses preuves sur le ter­rain : dea­ler entre le fait qu’on est flic, donc mon­trer qu’on en a, qu’on est une fille, donc qu’on a des formes, et en­fin qu’on est à che­val, donc qu’on est une su­per ca­va­lière. 29 ans, sen­ti­men­ta­le­ment, ce n’est tou­jours pas ça. Des pe­tites his­toires, mais rien de sé­rieux. Les mecs qui veulent s’en­ga­ger, ça ne court pas les rues. Ma meilleure amie vient d’ac­cou­cher, je suis aux anges pour elle… Être la ta­ta ado­rée, ça me va pour l’ins­tant. Parce qu’en plus, j’adore les en­fants. D’ici mes 40 ans, j’es­père ren­con­trer la bonne per­sonne, fon­der une fa­mille aus­si unie que celle dans la­quelle j’ai gran­di. Et parce qu’on a bien le droit de rê­ver, ga­gner au Lo­to et mon­ter un centre équestre pour les en­fants dé­fa­vo­ri­sés. Et pour vous, avoir 30 ans, qu’est-ce que c’est ? Dites-le-nous sur cos­mo­po­li­tan.fr/30ans.

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