Pre­mier CDD, pre­mière fiche de paye, ça fait quelque chose.

Cosmopolitan (France) - - Ça Alors, Je Suis Une Adulte -

Quand j’ai eu ma pre­mière fiche de paye

Des stages j’en ai fait, pas payés, des jobs d’été aus­si, payés euh… au lance-pierre, voire au black. Alors quand la bou­tique dans la­quelle j’ef­fec­tue mon pre­mier CDD m’en­voie ma fiche de paye, ça me fait quelque chose. Cet ar­gent, ce n’est pas de l’ar­gent de poche, je l’ai ga­gné à la sueur de mon front et avec, je paye mon loyer, mes courses… Bref, je n’ai plus de comptes à rendre à mes pa­rents sur la ges­tion de mes fi­nances. Je de­viens of­fi­ciel­le­ment au­to­nome et ça change vrai­ment la vie. Béa­trice, 31 ans

Quand je ne connais pas le der­nier groupe de mu­sique en vogue chez les jeunes.

Le nom ne me re­vient tou­jours pas. Émi­ly, 27 ans.

Quand j’ai tout gé­ré

Avec mes 26 ans ar­rive un dé­luge de contraintes ad­mi­nis­tra­tives : je dois me dé­ta­cher de la mu­tuelle de mes pa­rents pour prendre la mienne, chan­ger mon titre de trans­port, pas ac­ces­sible aux plus de 25 ans, avec la pe­tite blague de l’em­ployé RATP qui va bien : « Ça se voit que vous avez dé­pas­sé l’âge. » Ah, ah, très drôle. Dans les mu­sées, je n’ai plus les ré­duc­tions « jeunes » et j’ai l’im­pres­sion que la so­cié­té me crie : « Eh, oh ! T’es adulte main­te­nant. » Alors que moi, par­ta­gée, je me sens trop fra­gile pour prendre cer­taines dé­ci­sions tout en com­pre­nant qu’il est temps de me prendre en main. Trou­ver un bou­lot, chan­ger l’adresse de mes pa­piers, mo­di­fier mon sta­tut d’af­fi­liée à la Sécurité so­ciale… Même si je ne suis pas tout à fait prête, c’est là que je pige que c’est à moi de tout gé­rer. Ka­rine, 29 ans

Quand j’ai dé­cou­vert le ré­seau so­cial qui car­tonne

C’est en re­gar­dant le jour­nal té­lé­vi­sé que je dé­couvre Snap­chat, le nou­veau ré­seau so­cial qui car­tonne chez les ados. Moi qui me croyais ten­dance en ayant des pro­fils Fa­ce­book, Twit­ter, Linkedin et Via­deo… Je suis to­ta­le­ment dé­pas­sée ! Avec cette pla­te­forme dont les mes­sages s’au­to­dé­truisent au­to­ma­ti­que­ment en quelques se­condes, les jeunes re­ven­diquent leur in­dé­pen­dance et je me prends dix ans dans la fi­gure. Je me ren­seigne sur Snap­chat mais je com­prends vite que ce n’est pas pour moi… Je vais plu­tôt chan­ger ma pho­to de pro­fil sur Fa­ce­book. Em­ma, 26 ans

Quand je me suis mo­quée de ce que l’on pen­sait

« Tu vas ache­ter ça ? ! » Au vu du re­gard in­cré­dule qu’Au­drey jette sur le pull fuch­sia à noeuds verts que je suis en train d’es­sayer, je suis prise d’un doute. « Vais-je as­su­mer de le por­ter en pu­blic ? » OK, il n’est pas dis­cret. Mais après tout, qu’est-ce que ce­la peut faire ? Avec un jean et des bot­tines noires il se­ra tel­le­ment chouette. Hop, le pull fi­nit dans ma pen­de­rie. Et je n’ai au­cun pro­blème pour l’en­fi­ler. Je me fiche des re­marques ! J’as­sume la femme que je suis de­ve­nue, avec ses goûts par­fois étranges. Et c’est là que je com­prends que j’ai pas­sé un cap : l’ado com­plexée a dis­pa­ru et c’est tant mieux ! Ma­non, 27 ans

Quand je suis par­tie de chez mes pa­rents

Je suis une Tan­guy­nette, j’avoue. Comme mes pa­rents ha­bitent une grande ville, j’ai pu vivre chez eux du­rant mes études. Et j’en ai bien pro­fi­té. Ils gèrent les contraintes quo­ti­diennes, je vis la dolce vita. Mais quand après cinq an­nées d’études su­pé­rieures j’évoque une an­née sab­ba­tique, ils voient rouge. « My­lène, on ne peut plus te fi­nan­cer. Il faut que tu te prennes en charge. » Sur le coup, je suis en co­lère et je boude dans ma chambre toute la soi­rée. Le len­de­main, je leur an­nonce que d’ac­cord, je vais cher­cher un job et un ap­par­te­ment. Il me faut quelques mois pour dé­cro­cher un CDD d’abord et trou­ver un stu­dio en­suite. Ce n’est pas le grand luxe mais une se­maine après mon em­mé­na­ge­ment, je re­garde mes 18 m2 et je me sens eu­pho­rique. J’ai un chez-moi !!! My­lène, 24 ans

Quand j’ai eu ma pre­mière re­la­tion sexuelle

Avec Adrien on est en­semble de­puis deux ans lors­qu’on dé­cide de sau­ter le pas. On a 17 ans et on s’aime. C’est là que je me sens adulte. J’ai conscience des sub­ti­li­tés de mon corps. Je me dé­com­plexe. Je prends mes propres dé­ci­sions en ma­tière de gar­çons, mal­gré le désac­cord de mes pa­rents. Évi­dem­ment, je fais des er­reurs, mais c’est en me cas­sant la fi­gure que j’ap­prends à me re­le­ver. Ni­non, 22 ans

Quand je me suis po­sé des ques­tions

En­fant, je me po­sais un mil­liard de ques­tions. Pour­quoi la Terre est ronde ? Comment un avion peut vo­ler ? Pour­quoi les ha­ri­cots sont verts ? Je pen­sais que lorsque je se­rais adulte, je ne me po­se­rais plus de ques­tions. Tout se­rait évident. En réa­li­té, je m’en pose au­tant même si elles sont d’une autre na­ture. Est-ce que je dois chan­ger de bou­lot ? Marc est- il l’homme de ma vie ? J’achète ou je loue mon ap­part ? J’ai com­pris que c’était nor­mal d’avoir des in­cer­ti­tudes. Être adulte ce n’est pas tout sa­voir… C’est juste sa­voir ca­cher que l’on ne sait pas. Émilie, 29 ans

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