Sé­duc­tion Leurs bottes 10se­crètes

Drôle, ro­man­tique ou dé­loyale : à cha­cun sa mé­thode.

Cosmopolitan (France) - - Confidentiel - Par So­phie Hé­naff. Pho­to Pa­me­la Han­son.

Je re­père la bonne

Plu­tôt que de se lan­cer sur la base d’un jo­li vi­sage, Clément, 24 ans, joue la sécurité et étu­die sa cible. Il pra­tique le contact cour­tois. « Je tiens la porte à la fille croi­sée au bou­lot ou je m’ex­cuse après avoir lé­gè­re­ment bous­cu­lé une fille dans un bar. Je fais très court, fur­tif même, jus­te­ment pour ne pas avoir l’air de dra­guer. Une se­conde d’échange, ça suf­fit pour voir si la fille est sou­riante, douce, éner­vée… J’ai une idée du tem­pé­ra­ment, de la ges­tuelle. Je sais dé­jà si on se convient et si ça vau­dra le coup, plus tard, de se lan­cer. »

Je m’im­misce dans la conver­sa­tion

Quand Alexandre, 22 ans, re­marque une fille dans un ca­fé, il s’ins­talle à la table libre la plus proche et com­mande un verre. « J’es­saie de cap­ter son re­gard, mais sans trop in­sis­ter. Quand ça me pa­raît de cir­cons­tance, j’ar­bore un lé­ger sou­rire pour mon­trer que je m’in­té­resse à sa conver­sa­tion, et j’at­tends le mo­ment op­por­tun pour dire “je suis d’ac­cord”. En gé­né­ral, elle me ré­pond et la dis­cus­sion s’en­gage na­tu­rel­le­ment. Pour moi qui suis ti­mide, c’est la meilleure mé­thode. »

Je crée une com­pli­ci­té par l’hu­mour

Si­mon, 26 ans, opère sur le long terme. Sa mé­thode a par­ti­cu­liè­re­ment fonc­tion­né sur Va­len­tine, sa fiancée. « Va­len­tine, ma col­lègue d’open space, une pe­tite blonde avec un bun, me plai­sait beau­coup. Alors au bou­lot, j’es­sayais d’être le plus drôle pos­sible. On bos­sait sur une pla­te­forme de voyages, et elle rê­vait tou­jours du Ca­na­da. Le jour où on a re­çu les af­fiches pub, j’ai dé­cou­pé plein de mi­ni-sil­houettes à chi­gnon et je les ai col­lées dans tous les coins : sur un caribou, der­rière un érable, en haut de la tour CN… J’ai ac­cro­ché l’af­fiche cus­to­mi­sée au-des­sus de son bureau et ça l’a fait rire un mo­ment. L’af­fiche est tou­jours en place d’ailleurs. Après, quand j’ai sen­ti que je com­men­çais à lui plaire aus­si, j’ai en­tre­te­nu la flamme avec des vannes plus sug­ges­tives, genre la ten­sion sexuelle dans cette pièce est in­sup­por­table, je dois li­bé­rer la sou­pape. Je les ba­lan­çais à la can­to­nade, sans la viser pour ne pas la gê­ner, mais avec tou­jours un sou­rire à son at­ten­tion, qu’elle com­prenne qu’elle était à l’ori­gine du trouble. Le jour où “GQ” a mis Mi­chael Fass­ben­der, son pré­fé­ré, en cou­ver­ture, j’ai dé­ci­dé de me lan­cer. J’ai col­lé un ban­deau sur le titre où j’ai écrit : “Mi­chael signe une pro­cu­ra­tion à Si­mon pour ven­dre­di 20 heures. Tu veux ve­nir ?” Elle a ré­pon­du oui. »

J’ai mes pun­chlines

« My name is Tesson, Ju­ju Tesson. » C’est par ces mots que Ju­lien, 29 ans, a l’ha­bi­tude d’abor­der une fille qui lui plaît. « L’im­por­tant, c’est l’at­ti­tude : je me tiens droit pour dé­ga­ger une cer­taine confiance en moi, mais j’ai le bon sou­rire franc qui marque le se­cond de­gré, la gen­tillesse. J’évite l’iro­nie du boloss qui sort sa vanne aux trente jupes du bar. Mais, pour lier connais­sance, le meilleur plan c’est la ba­lade avec Sam, mon ne­veu de 3 ans, ou Bra­zil, mon co­cker : au­cun ef­fort à four­nir, c’est la fille qui m’aborde. Et si elle me plaît, j’ai une autre ré­plique : je me tourne vers mon ne­veu – ou mon chien – et je dis : “Elle te plaît la dame ? C’est celle-là que tu as choi­sie pour ton­ton – ou pa­pa, si je suis avec Bra­zil ?” La plu­part du temps, j’ob­tiens au moins un sou­rire. »

Je tex­tote dès que j’ai son nu­mé­ro

Meh­di, 23 ans, se montre ré­ac­tif : « Quand une fille me donne son nu­mé­ro de por­table, je l’en­re­gistre et dans la fou­lée, l’air de rien pen­dant qu’on se parle en­core, je lui en­voie un tex­to du genre “je t’ai en­re­gis­trée à In­ou­bliable”. Il y a tou­jours un pe­tit rire de sur­prise à l’ou­ver­ture. Je marque des points. »

Je soigne le ti­ming

Pour Étienne, 25 ans, un temps pour chaque chose : «Je ne fais pas confiance à mon ins­tinct : par­fois j’ai en­vie de me

pré­ci­pi­ter ou, au contraire, de vou­loir jouer les mecs dé­bor­dés, je laisse trop traî­ner. Donc, je me suis fixé un ti­ming pré­cis : après avoir eu un 06, j’ap­pelle le len­de­main ; pour les mails re­çus, je ré­ponds dans la de­mi-jour­née, et pour les tex­tos, je ré­ponds au bout d’un quart d’heure. Je crée de l’at­tente sans faire lan­guir, je ne suis ni un né­ces­si­teux ni un cha­cal. Faut une bonne montre, mais ça vaut le coup. »

Ja­mais de bar pour le pre­mier ren­dez-vous

Steve, 31 ans, est ca­té­go­rique : «Si c’est moi qui pro­pose un lieu de ren­contre, j’évite les bars ou les res­taus, trop bateau. Je choi­sis en fonc­tion de l’ac­tua­li­té et de ce que je connais des goûts de la fille : un concert, une expo… Si­non, je pré­pare un sac et un plaid pour un pique-nique sur la plage du Pra­do ou en hau­teur, à Notre-Da­mede-la-Garde. Il faut que le lieu sorte de l’or­di­naire et crée en soi un su­jet de conver­sa­tion. Tout de suite, c’est plus fluide. Et la fille s’en sou­vient. »

Je peau­fine mon Fa­ce­book

La pho­to du mec bour­ré en ca­le­çon, au mi­lieu de ses potes qui bran­dissent une bière, on ne la trouve pas sur la page de Ke­vin, 26 ans. « Le pre­mier ré­flexe d’une fille, c’est de che­cker Fa­ce­book, alors j’ai peau­fi­né mon pro­fil. Pas de sel­fie en­tou­ré de meufs en string, j’ai choi­si des cli­chés qui m’avan­tagent, sans trop faire bo­gosse : as­sis à cô­té de mon surf aux Arcs, dans la Mé­ha­ri de mon grand­père, sou­riant avec mes potes en ter­rasse… Je n’ai pas ren­sei­gné mon sta­tut et je donne peu d’in­fos, vrai­ment très peu d’in­fos, pour conser­ver une part de mys­tère. »

Je ne couche pas le pre­mier soir

La botte se­crète de Di­mi­tri, 23 ans ? « Comme dit mon co­loc, je fais Blanche-Neige, la prin­cesse ef­fa­rou­chée. Je suis d’une na­ture pru­dente et sen­ti­men­tale, alors d’en­trée de jeu, je me place dans la du­rée. Au cours de la conver­sa­tion, je parle au fu­tur. Si la fille évoque un film qui la tente ou un quar­tier qui lui plaît, je pro­pose qu’on y aille la se­maine sui­vante. Nor­ma­le­ment, à ce stade, elle com­prend que je ne cherche pas un coup d’un soir, elle se dé­tend. Les choses sont claires. En­suite, je la rac­com- pagne à la porte de son im­meuble, une bise sur la joue et je m’en vais. Je n’ai pas à me for­cer pour me com­por­ter de cette fa­çon, mais je vous jure que ça éveille l’in­té­rêt… »

Je pré­pare le ter­rain

Mar­co, 28 ans, est pré­voyant : « Dès la pre­mière ren­contre, je crée une note dans mon iP­hone pour en­re­gis­trer tout ce qu’elle aime : chee­se­cake, ca­rottes râ­pées, co­teaux-du-layon… Et quand je sens ar­ri­ver le grand soir, je m’ar­range pour tout avoir dans mon fri­go. En­suite, je pré­pare le reste de l’ap­par­te­ment : je mets la housse de couette Ralph Lau­ren que mes potes m’ont of­ferte pour ma cré­maillère, je vé­ri­fie que j’ai une brosse à dents neuve dans la salle de bains, je planque ma phar­ma et je range quelques pré­ser­va­tifs – mais pas 60 non plus – dans la caisse qui me sert de che­vet. En­suite, bien sûr, mé­nage. Puis je laisse traî­ner quelques trucs pour faire à la fois na­tu­rel et vi­ril : la Xbox, un ti­cket frois­sé, mon bras­sard de run­ning, un po­lar de Con­nel­ly… C’est pas le piège à filles de Bar­ney Stin­son, mais j’ai l’es­prit tran­quille pour jouer à do­mi­cile. »

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