Leurs confes­sions

Il n’y a qu’à Cos­mo qu’ils avouent ça.

Cosmopolitan (France) - - Leurs Confessions -

Mau­vaise note

Pre­mier ren­card avec Isa­belle, je me fais un peu mous­ser avec mes ori­gines ita­liennes, les yeux noirs de ma mé­mé si­ci­lienne et la vraie moz­za­rel­la qui n’a rien à voir avec celle de nos su­per­mar­chés. Deuxième ren­card, sur­prise ! C’est Isa qui a choi­si le res­tau­rant. Elle a dé­go­té une mi­nus­cule trat­to­ria te­nue par des ri­tals pure souche. Je dis­serte sur le menu, les pâtes, les an­ti­pas­tis, les vins, je suis par­fait. À la fin du re­pas, content de moi, je ré­clame « lo scon­to, per fa­vore ». Sou­rire gê­né du ser­veur : « On n’a pas l’ha­bi­tude… » Pas l’ha­bi­tude, comment ça ? Ah oui. L’ad­di­tion, c’est « il con­to ». « Lo scon­to », c’est la ris­tourne. Je passe soit pour un ra­din, soit pour un cré­tin. Car­lo, 24 ans

LOL cat

Ce soir, mi­racle, je rentre plus tôt que d’ha­bi­tude. J’en profite pour pas­ser à la cave à vins et chez le trai­teur : Cé­line bosse de la mai­son, un pe­tit apé­ro la fe­ra sor­tir en dou­ceur de sa jour­née. J’entre sans bruit pour ne pas la dé­ran­ger pen­dant ses ap­pels. Quand, douche froide, je l’en­tends glous­ser : « Bon ben, ne sois pas en re­tard. Tu me manques cha­ton. » Cha­ton ??? Ça vaut le coup de ren­trer à l’im­pro­viste !!! Je pose mes sacs et dé­boule pour la scène du siècle. Cé­line me calme : c’est à mon ré­pon­deur qu’elle par­lait. Mon té­lé­phone était res­té sur muet après ma réu­nion. Sé­bas­tien, 25 ans

Li­vrai­son spé­ciale

Deuxième se­maine de stage aux ser­vices gé­né­raux de la boîte de mon frère. C’est l’été, l’ac­ti­vi­té tourne au ra­len­ti et je m’en­nuie à mou­rir. Sym­pa, mon frère me de­mande de gé­rer le ré­as­sort de four­ni­tures pour le ser­vice com­mer­cial. Ce­lui où bossent Aglaë et Syl­vie, deux déesses à qui je n’ai pas en­core osé adres­ser la parole. Je note scru­pu­leu­se­ment leurs be­soins : sty­los, Post-it, même les rou­leaux de pa­pier toi­lette. Puis j’at­tends im­pa­tiem­ment la li­vrai­son pour pou­voir re­tour­ner à leur étage. Le jour J, je suis en che­mise et ra­sé de près quand le li­vreur m’appelle : « Vous pou­vez en­voyer des gars pour m’ai­der ? » Un car­ton de sty­los et trente rou­leaux de PQ, il n’y arrive pas tout seul ? Non, il a deux pa­lettes : le pa­pier toi­lette s’en­tend par pack de dix, pas au rou­leau. J’es­père que les filles ont de la place pour sto­cker. Zo­ran, 22 ans

Rou­pillon couillon

Avec Oriane, on a un deal : elle m’ap­plau­dit pen­dant mes matchs d’escrime, et moi en échange, je l’ac­com­pagne à la Ci­né­ma­thèque. Ce soir, c’est film d’au­teur avec couple en dé­tresse. J’es­saie de m’in­té­res­ser, mais ça ne loupe pas, au bout de dix mi­nutes, je pique du nez. Quand les lu­mières se ral­lument, je sur­saute. Oriane n’est plus là. Aux toi­lettes peut-être ? Je vais l’at­tendre dans le hall et je l’aper­çois qui me fait des signes fu­rieux de­puis l’ex­té­rieur. En cher­chant les toi­lettes au mi­lieu du film, elle a pris la sor­tie de se­cours par er­reur, et ils ne l’ont pas lais­sée re-ren­trer. « En une heure et de­mie, tu ne t’es pas aper­çu de mon ab­sence ? ! » Heu, les films où y a pas d’ex­plo­sions qui ré­veillent… Clo­vis, 22 ans

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