Gaëlle, mon amie en pré­pa

Cosmopolitan (France) - - Parolesd'hommes -

Le pre­mier jour, elle est aus­si pau­mée que moi dans ce cours pri­vé qui pré­pare au concours du bar­reau. Avec son mètre soixante-quinze, elle n’est pas du tout mon genre de fille. En plus, je sors d’une his­toire com­pli­quée avec une An­glaise chez qui j’ai lais­sé mes jeans et mes idées sur le grand amour. « Mais le monde est plein de filles, et plein de jeans », me dit Gaëlle. Avant de la ren­con­trer, j’étais per­sua­dée que l’ami­tié gar­çons-filles, quoi qu’on en dise, était tou­jours un peu am­bi­guë. Mais pas avec elle : on joue à la Plays­ta­tion, on fait des blagues de cul… Comme je vais dé­jà mieux, je lui de­mande son avis : « Je drague Lau­ra… Tu va­lides ? » Et puis, on forme une équipe qui gagne : on réus­sit tous les deux l’exa­men d’avo­cat. On dé­marre nos stages res­pec­tifs dans des ca­bi­nets dif­fé­rents, on se voit moins, mais c’est ma seule amie avo­cate, donc la seule qui sait ce que c’est de com­men­cer à bos­ser dans ce mi­lieu : la pres­sion, les jour­nées qui se ter­minent à 23 heures… Échange de tex­tos, de blagues par mail, mais pour se voir, c’est ga­lère. On met trois mois à s’or­ga­ni­ser un verre. Est-ce le fait d’avoir été sé­pa­rés quelque temps qui dé­clenche les choses ? Peut-être. Elle ar­rive. Elle n’a pas chan­gé, mais c’est moi qui la re­garde sous un autre angle, phy­si­que­ment d’abord. « T’es ca­non là. » Pour le reste, on est tou­jours aus­si com­plices : « Quand je pense que j’ai été ca­pable de t’en­traî­ner à Londres pour ré­cu­pé­rer un tee­shirt chez mon ex… » Il n’y a qu’elle pour oser conclure : « T’étais vrai­ment un petit con ! » Ce soir-là, on passe la nuit en­semble. On fait l’amour, puis on se quitte comme deux amis. Elle me parle de ses dos­siers, pas un mot sur ce qui vient de se pas­ser ! Je me dis : on a fait une conne­rie… Et pour­tant, au mi­lieu de l’après-mi­di, je re­çois un tex­to : « On

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.