« Est-ce que t’es une prin­cesse ? »

Cosmopolitan (France) - - Boostée -

Avec les en­fants, je n’ai pas beau­coup de pa­tience. J’ai un pro­blème avec les his­toires, je bâille en les li­sant. Et je les ou­blie trop vite pour pou­voir les ra­con­ter. Pour­tant ce mer­cre­di après-mi­di, avec ma filleule à son cours de danse, je me re­trouve en­cer­clée par dix pe­tites Bar­bie en tu­tu qui me dé­vi­sagent. Il y en a une qui s’avance et qui, en me re­gar­dant droit dans les yeux, me de­mande : « Est-ce que t’es une prin­cesse ? » Mer­ci à mon dia­dème H&M à 7,90 eu­ros. Et mer­ci à cette pe­tite fille qui m’a of­fert un mo­ment de ma­gie : le bon­heur d’être Kate Midd­le­ton à ses yeux. Iris, 24 ans

C’est ce que me ré­pond Di­na, ma coif­feuse, quand je lui fais la liste de mes rai­sons de dé­pri­mer, en tête de la­quelle : « Je ne ren­contre que des lo­sers… » Quand je fais le même constat de­vant mes amies, elles me disent qu’il faut lais­ser faire le temps. Di­na, elle, pas ma co­pine, juste la fille qui me coupe les che­veux, me parle vrai. Et quand je vois tout son par­cours de­puis qu’elle a quit­té le Li­ban sans un sou, ça me booste. Ce jour-là, alors qu’elle veut me faire « la plus belle », je sais qu’elle a rai­son. Évi­dem­ment que les choses ne chan­ge­ront pas si je ne fais rien pour ! Quelques se­maines plus tard, week-end de quatre jours, je prends un billet pour Lis­bonne, où l’une de mes amies de ly­cée vit de­puis quelques an­nées. Le pre­mier soir dans un bar, je ren­contre Guiller­mo. Ce n’est pas l’homme de ma vie, mais il me fait du bien. C’est une his­toire sans len­de­main… M’en fiche. Une autre sui­vra, et puis une autre… parce que main­te­nant, c’est dé­ci­dé, je vais être aux com­mandes. Clo­tilde, 28 ans

C’est ma co­pine Léo­nie qui dé­boule chez moi, ouvre les vo­lets, me fait sor­tir de mon lit… en larmes. Je me sens nulle, parce que lar­guée. Elle ne me fait pas de grand dis­cours sur la chance qui tourne, elle ne m’in­flige pas de phrase comme « le temps est ton al­lié », m’épargne l’hor­rible « un de per­du, dix de re­trou­vés ». Non, elle m’en­gueule d’abord, pré­tend que je pra­tique la po­li­tique de l’au­truche. Une mé­thode de lâche pour évi­ter de re­gar­der la réa­li­té en face. Qu’ai-je à ré­pondre pour ma dé­fense ? Rien. Mais c’est ma meilleure amie, et pas ques­tion de me culpa­bi­li­ser plus de trois mi­nutes. Elle me prend dans ses bras, et après m’avoir pro­mis des jours meilleurs, elle me dit juste : « On va se faire belles, et on va sor­tir. » Bar­ba­ra, 27 ans

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.