OUI

Cosmopolitan (France) - - VICTOIRE -

De­puis quelque temps, on est de ma­riage tous les étés. Pen­dant l’an­née, on fait ri­sette aux nou­veaux bé­bés. « Et vous, c’est pour quand ? ! » Laurent « n’est pas contre » un bé­bé, mais re­fuse l’idée du ma­riage… « Un truc qui a été in­ven­té par les trai­teurs. » Tout le monde nous dit que c’est l’en­fant qui soude un couple. Sauf qu’avant de s’en­ga­ger à trois, je pré­fé­re­rais qu’on s’en­gage à deux. Alors que je n’étais pas bran­chée ma­riage, voi­là que je fan­tasme sur la robe blanche avec nuage de mous­se­line et crêpe Geor­gette. Le pro­blème main­te­nant, c’est de le dire à Laurent, sans le bra­quer. Je com­mence à tâ­ter le terrain : « Tu as vu ce qu’on éco­no­mise en im­pôts une fois ma­riés ? » Oui, bon. « C’est beau une al­liance quand même. » Bof. Je re­fuse de l’avoir à l’usure, j’ar­rête de lui en par­ler. J’es­saie de me faire à l’idée, mais ça me laisse une pe­tite amer­tume. Jus­qu’à ce jour. Re­tour du ma­riage de son cousin : vingt per­sonnes, un mé­choui, une cé­ré­mo­nie laïque dans le jar­din, il a ado­ré. Je lui lance : « Tu veux qu’on se ma­rie comme ça ? », « Af­fir­ma­tif. Mais sans chi­chi. » Moi, se ma­rier comme ça ou au­tre­ment, je m’en moque. Ce que je veux, c’est qu’on fête notre amour. Et dans son « Oui » ce que j’en­tends, c’est que ce qui est im­por­tant pour moi le de­vient aus­si pour lui. On était cin­quante. Et le coup de la robe blanche, c’est lui qui y a te­nu.

Le

Mo­na, 32 ans

de la dé­ter­mi­na­tion

chère. Avec un stage, je pour­rais par­faire ma tech­nique. Au­tour de moi, ça fuse : « Sans ex­pé­rience, tu rêves ! » Tant pis, je veux rê­ver. J’en­voie plus de qua­tre­vingts de­mandes à des joailliers. Ni Bou­che­ron, ni Car­tier bien sûr, je sais bien qu’ils ne m’at­tendent pas, eux. Mais ces mai­sons tra­vaillent avec des sous-trai­tants qui font sou­vent 80 % du tra­vail sur une pièce. Je re­çois quatre ré­ponses… né­ga­tives ! Au té­lé­phone, je ne tombe ja­mais sur la bonne per­sonne, et si on m’écoute, on me re­met à ma place : « Vous sa­vez com­bien de de­mandes avec CAP sont sur mon bu­reau ? » Après trois mois, je me dis qu’il faut y al­ler au cu­lot. Pous­ser la porte d’un joaillier et im­plo­rer un stage. J’ai mal au ventre en y al­lant, je me sens par­fois ri­di­cule. Jus­qu’à ce jour. « Vous avez des connais­sances en chi­mie ? » Non. « Vous avez une idée de ce qu’est le po­lis­sage d’une pierre ? » Non. Mais je montre au joaillier ce que je fais. Et plus mo­ti­vée que moi, il ne trou­ve­ra pas. J’ai po­tas­sé l’his­toire du bijou de l’An­ti­qui­té à nos jours. Le voi­là im­pres­sion­né par ma dé­ter­mi­na­tion tou­chante : « D’ac­cord, fai­sons un es­sai. » Ce oui, c’est à moi que je le dois. Moi qui ai pous­sé toutes les portes et en ai pris plein la fi­gure. Au­jourd’hui, j’ap­prends les bases, je taille des pierres pré­cieuses et mon men­tor n’en re­vient pas de mes pro­grès.

Le

Va­lé­rie, 24 ans

de ré­con­ci­lia­tion

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