Pa­roles de da­ting as­sis­tants

Pas­sés de la grande en­tre­prise à l’en­tre­prise de sé­duc­tion… Cinq love coach ra­content.

Cosmopolitan (France) - - ENTREMETTEUSE -

Ma vie d’avant ? Ven­deur de livres pour un géant de l’in­ter­net. J’étais ac­cro aux sites de ren­contres et bluf­fais tout le monde avec ma pré­dis­po­si­tion à dé­cro­cher ren­dez-vous sur ren­dez­vous. Un re­por­tage m’a fait réa­li­ser que je pou­vais en faire mon mé­tier. Au dé­but, ce job d’ap­point me per­met­tait de dé­ga­ger en moyenne 400 € en plus par mois. J’ai jon­glé entre mes deux ac­ti­vi­tés plus d’un an. Mais mes clients m’appelaient pour que je leur tienne la main aus­si dans le réel : oreillette et mi­cro, plan­qué à la table d’à-cô­té pour souf­fler les bonnes phrases au bon mo­ment. J’ai fi­ni par lâ­cher la vente et suis love coach à temps plein. Le pote à qui on peut se confier et qui donne le bon conseil sans com­plai­sance, c’est moi !

Clé­ment, 27 ans

Re­cherche dra­gueur à gages #da­tin­gas­sis­tant. Il a suf­fi de cette an­nonce sur Twit­ter pour que ma vie bas­cule ! Plus un sou pour le loyer, pas une perspective pro­fes­sion­nelle et une vie sexuelle aus­si pal­pi­tante que celle d’une mouche prête à hi­ber­ner… À 31 ans, je n’avais pas trente-six so­lu­tions : pos­tu­ler à ce job ou re­tour­ner chez papa-ma­man. J’ai eu le job, mais pas que : un de mes clients est de­ve­nu mon grand amour. Nos conver­sa­tions cen­sées l’ai­der à ré­di­ger son pro­fil vi­raient sys­té­ma­ti­que­ment au Ve­ry Très Pri­vate. Et en pho­to, il était ca­non. Sous de faux pré­textes, on s’est ren­con­trés et on est tom­bés dans les bras l’un de l’autre. De­puis, j’ai trou­vé un autre job pour vivre notre re­la­tion sans am­bi­guï­té.

Vir­gi­nie, 34 ans

J’étais in­gé­nieur spé­cia­liste des risques in­dus­triels et en­vi­ron­ne­men­taux. Au chô­mage. Un ami m’a par­lé de ce bou­lot. Je suis loin d’être un se­rial dra­gueur, j’ai ap­pris les fi­celles du mé­tier au fur et à me­sure. J’ai été for­mé. J’ai ap­pris à po­ser des li­mites, no­tam­ment avec les clients qui ont dû mal à se dé­ta­cher de leur da­ting as­sis­tant, même une fois les ren­dez-vous dé­cro­chés. Point né­ga­tif tou­te­fois : ma pe­tite amie n’ap­pré­cie pas for­cé­ment que je drague sur les sites de ren­contres, même si c’est pour quel­qu’un d’autre. Faire la part des choses n’est pas for­cé­ment simple pour elle.

Adrien, 29 ans

Vi­vant en Équa­teur, je cher­chais un job que je puisse exer­cer n’im­porte où et avec une grande sou­plesse ho­raire. J’aime l’idée d’être la bonne fée qui va cham­bou­ler les choses. J’es­saie d’ai­der mes cé­li­ba­taires à de­ve­nir au­to­nomes, car on peut très vite de­ve­nir dé­pen­dant de son da­ting as­sis­tant. Là, j’ai un ex-client qui ré­clame mon aide pour stop­per sa pe­tite amie dans sa nou­velle lu­bie : ma­riage, bé­bé et ap­par­te­ment, alors que ce­la ne fait que trois mois qu’ils sont en­semble. Il ne sait plus com­ment mettre le ho­là sans la perdre.

Ambre, 35 ans

Après deux di­vorces, se re­trou­ver cé­li­ba­taire au tout dé­but de la bulle in­ter­net a été plus que for­ma­teur. On fi­nit par ap­pré­hen­der tous les codes de la drague en ligne. Il m’ar­rive d’avoir jus­qu’à quatre cé­li­ba­taires à ai­der en même temps. Je passe du fé­mi­nin au mas­cu­lin en quelques mi­nutes, jongle avec les ex­pres­sions que l’on peut avoir à 25 ou à 60 ans. Je me glisse dans la peau d’un autre. Et quand on sait que la du­rée de vie moyenne d’un couple est de trois ans, c’est mal­heu­reu­se­ment un mé­tier d’ave­nir.

Flo­rence, 50 ans

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.