Il n’y a qu’à Cos­mo

Cosmopolitan (France) - - LEURS CONFESSIONS -

Res­pect de l’éti­quette

Je prends le train une à deux fois par se­maine, et l’éti­que­tage des ba­gages est mon atout drague : je jette un coup d’oeil ra­pide aux co­or­don­nées at­ta­chées à une va­lise pour en­ta­mer la conver­sa­tion avec sa pro­prié­taire. Là, j’ai re­pé­ré une jo­lie brune au sou­rire ren­ver­sant, alors je tente ma chance : « Hé­lène ? C’est bien ça ? On était en ter­mi­nale dans le même ly­cée ! » Elle est scep­tique, alors j’in­siste : « Tu ha­bites tou­jours rue des Li­las ? » Son vi­sage s’éclaire en­fin, et son sou­rire s’élar­git : « Bien es­sayé, le coup de l’éti­quette, mais Hé­lène de la rue des Li­las, c’est ma mère, j’ai em­prun­té sa va­lise. » Grillé de­vant tout le wa­gon.

Adrien, 21 ans

Courge mas­quée

19 heures, Li­li est déses­pé­rée : mes pa­rents viennent dî­ner ce soir et rien n’est prêt. Il faut dire que mon père tient un res­tau­rant, et que Li­li veut l’épa­ter. Mais une réunion in­ter­mi­nable a chan­gé ses plans, elle n’a pas fi­ni ses courses, c’est la ca­ta ! Im­pos­sible de l’ai­der en cui­sine, je suis une buse. En re­vanche, je peux fi­nir les courses. Je pars avec ses ins­truc­tions, la pre­mière su­pé­rette n’a pas ce que je cherche mais ouf, la bou­tique bio me sauve. Re­tour à la mai­son en hé­ros, je pose triom­pha­le­ment mon bu­tin sur le plan de tra­vail. « Qu’est-ce que tu veux que je fasse de ça ? » Elle m’a de­man­dé d’al­ler ache­ter du beurre de ca­ca­huète, non ? « Non, ché­ri, je t’ai de­man­dé une but­ter­nut. C’est une courge. » Ha. Je ré­serve au res­tau d’en bas ?

An­to­nio, 25 ans

Con­nec­ting people

La vie est bien faite : mon en­vie de montre connec­tée coïn­cide à la fois avec l’ap­proche de mon an­ni­ver­saire et ma prime de ré­sul­tats au taf. Zou, je pro­fite d’une pro­mo pour m’ache­ter la Rolls des montres quand ma soeur m’alerte : « Ly­sia éco­no­mise de­puis des mois pour t’of­frir la même pour tes 30 ans. » Im­pos­sible de lui gâ­cher sa sur­prise, im­pos­sible de rendre la montre en ma­ga­sin. Reste la so­lu­tion de la re­vendre en ligne. Coup de bol, en deux jours, je trouve un ache­teur ! Je suis ra­vi jus­qu’à ce que je dé­couvre les co­or­don­nées der­rière le pseu­do : celles de… Ly­sia. J’ai re­ven­du mon propre ca­deau d’an­ni­ver­saire à ma pe­tite amie. Au moins, je suis sûr d’avoir le mo­dèle qui me plaît.

Sté­phane, 30 ans

Suis-moi, je te fuis

Ga­brielle est jo­lie, drôle, a prio­ri cé­li­ba­taire. Et si je ne me bouge pas, elle ne va pas le res­ter long­temps. À la fin de la soi­rée, alors qu’on se quitte sur le trot­toir, je me lance : « Ga­brielle, tu m’as sans doute à peine re­mar­qué, mais moi je ne vois que toi, je suis cer­tain qu’on pour­rait vivre une très belle his­toire tous les deux. Je ne te mets pas de pres­sion, si tu n’es pas in­té­res­sée, ou­blie ce que je viens de dire et tu ne me re­ver­ras ja­mais. » Comme dans les co­mé­dies ro­man­tiques, je m’es­quive à la fin de ma ti­rade. Je marche cent mètres en croi­sant les doigts puis je me re­tourne : Ga­brielle m’a sui­vi ! J’en dé­duis que mon ro­man­tisme a payé ? « Heu… Non, mais moi aus­si je rentre en mé­tro. » Fi­na­le­ment, je vais ren­trer à pied.

Hu­go, 22 ans

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