MAÏA

Écrit Elle anime des ate­liers d’écri­ture, pour en­fants. des livres pour adultes, et vient pas… Rêve d’en avoir un. Qui ne

Cosmopolitan (France) - - À 30 ANS -

Pe­tite, je vou­lais être dan­seuse. La pre­mière chose que j’ai faite, une fois sur mes deux jambes, c’est dan­ser. Chez moi, il y a beau­coup de mu­sique. À 13 ans, j’ai une ré­vé­la­tion pour l’écri­ture. Ma prof de fran­çais lit ma ré­dac­tion à la classe, qui ap­plau­dit ! Pour­tant, après un bac lit­té­raire, je m’ins­cris en droit. Après le bac, je vis dans 7 mètres car­rés, en­fin seule. Avant, je par­ta­geais ma chambre avec mon frère et ma soeur. Je ba­by-sitte. Je pige pour la « Page des li­braires ». Deux ans plus tard, je rencontre Chen. Il ne parle pas fran­çais. Il est cla­ri­net­tiste, il voyage tout le temps. Quand je lui laisse une chance, je me dis : « Dans une se­maine c’est fi­ni. » Ça fait qua­torze ans qu’on est en­semble. 22 ans : je com­mence à écrire pour une col­lec­tion jeu­nesse. Je gagne un concours de nou­velles et je pu­blie « Vis ta vie Ni­na » (Gras­set Jeu­nesse). Chen voyage tou­jours. On prend un ap­par­te­ment plus grand. Je pu­blie mon pre­mier ro­man pour adultes « Nor­ma » (Fo­lies d’Encre). J’ai alors 26 ans, j’ai en­vie d’un en­fant. Au bout d’un an, voyant que ça ne vient pas, et alors que les exa­mens sont pra­ti­que­ment nor­maux, je dé­cide de mieux man­ger, de faire du sport. Mais ça tourne à l’ob­ses­sion. Je n’ar­rive plus du tout à écrire. J’anime des ate­liers d’écri­ture. Et on dé­couvre le pro­blème, c’est mé­di­cal, un truc très rare. Si c’est mé­di­cal, il y au­ra une so­lu­tion. Mais je vais mal, je ne peux plus sor­tir et voir une pous­sette. Je com­mence un ro­man, « l’In­ha­bi­tée », j’y met­trai un point fi­nal quand je se­rai en­ceinte. Je veux tout dire, tout dé­crire : mon corps de femme face à l’homme que j’aime, mon corps face au corps mé­di­cal, étu­dié, mal­trai­té, parce que les FIV, c’est éprou­vant. On se trans­forme sous l’ef­fet des hor­mones. Quand c’est un échec, il faut re­trou­ver l’es­poir, puis un corps en bonne san­té afin de pou­voir le sol­li­ci­ter à nou­veau. Je fi­nis « l’In­ha­bi­tée » le jour où je com­prends que ce ro­man ne m’ai­de­ra pas à avoir un en­fant, mais qu’il m’a ai­dée à ac­cou­cher de moi-même. Je dois faire le deuil de la femme idéale qui a des en­fants, qui tra­vaille et qui est en plus glam et amou­reuse. Non, je suis Maïa Bra­mi, une femme qui a du mal à être en­ceinte, mais le se­ra un jour ! Je me re­mets à l’écri­ture. Mon ro­man vient d’être pu­blié aux édi­tions de l’Aman­dier. Et d’ici mes 40 ans, je vou­drais… don­ner la vie. Conti­nuer à creu­ser mon sillon en lit­té­ra­ture.

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