Louane

Lu­mi­neuse, spon­ta­née, chan­teuse et co­mé­dienne, Louane est une star à qui on pré­dit un ave­nir rayon­nant. Elle nous bluffe.

Cosmopolitan (France) - - LA UNE - Par Florence Tré­dez. Pho­to Syl­vie Lancrenon/H&K.

“Tout ce qui m’ar­rive est dingue ”

elles’ap­pelle Eme­ra et on a tout de suite en­vie de l’ai­mer, Louane. Quand on la ren­contre, la jeune chan­teuse, cé­sar du meilleur es­poir fé­mi­nin pour « la Fa­mille Bé­lier » res­semble à n’im­porte quelle fille de son âge. Ha­billée en jean et tee-shirt à manches longues, « H&M, comme tout le monde », di­telle. Puis elle sou­rit. Et lorsque Louane sou­rit, et qu’elle vous fixe de son re­gard in­nocent et pro­fond, où on lit son en­thou­siasme, sa fougue, sa ten­dresse, on ne peut pas s’em­pê­cher d’être émue. Elle fait par­tie de ces êtres rares qui em­bel­lissent la vie par leur simple pré­sence.

Une vraie fan

Tout ex­ci­tée à l’idée de faire une in­ter­view pour Cos­mo, elle a in­sis­té au­près de son agent pour que la ren­contre se fasse. Comme elle n’ose pas dire pour­quoi, l’agent se charge de dé­voi­ler le pot aux roses : l’une des soeurs de Louane garde pré­cieu­se­ment sa col­lec­tion de vieux Cos­mo, et elles le lisent toutes les deux chaque mois. C’est elle qui a ven­du 400 000 exem­plaires de son pre­mier al­bum, « Chambre 12 », elle qui s’en­vole pour le Ja­pon ou la Co­rée du Sud pour al­ler pré­sen­ter « la Fa­mille Bé­lier » aux sept mil­lions d’en­trées, elle qui va chan­ter en Po­logne et a col­la­bo­ré sur un titre avec Gaë­tan Rous­sel, elle qui s’ap­prête à par­tir pour une tour­née fran­çaise avec deux Ba­ta­clan et un Olym­pia, mais c’est nous qui nous sen­ti­rions presque star tant elle est contente de par­ler à une jour­na­liste de son ma­ga­zine pré­fé­ré. On la fé­li­cite pour sa re­prise de Tay­lor Swift qui vient d’ap­pa­raître sur le Net. « Tay­lor Swift ? C’est mon mo­dèle. Elle est gé­niale, j’ad­mire son pro­fes­sion­na­lisme », s’em­balle-t-elle. On glisse qu’on l’a dé­jà ren­con­trée plu­sieurs fois. Louane manque s’éva­nouir : « Je vous dé­teste ! J’es­saie de ne pas être hys­té­rique et de res­ter calme en en­ten­dant ça ! » À 18 ans, la nou­velle star pré­fé­rée des Fran­çais, hy­per at­ta­chante, a gar­dé toute la fraî­cheur et la spon­ta­néi­té de l’ado­les­cence. Mais elle sait aus­si se mon­trer par­fai­te­ment mûre quand il le faut. On lui de­mande d’al­ler consul­ter l’his­to­rique de son or­di pour sa­voir quelle était sa der­nière re­cherche en ligne. Elle re­garde et com­mente : « C’était un ar­ticle sur les mi­grants. J’es­saie de me te­nir au cou­rant tous les jours. C’est une honte de voir qu’un tel drame hu­main soit en­core pos­sible au xxie siècle. Je sais que je suis en­core trop jeune pour m’im­pli­quer po­li­ti­que­ment, mais un jour, je pren­drai po­si­tion. Je trouve que les jeunes de ma gé­né­ra­tion ne sont pas as­sez po­li­ti­sés, même s’ils ré­agissent très ra­pi­de­ment et en masse sur les ré­seaux so­ciaux lors­qu’ils ne sont pas d’ac­cord avec un fait de so­cié­té. » Dans une autre in­ter­view, elle dé­fen­dait fer­me­ment la li­ber­té d’ex­pres­sion et re­ven­di­quait d’être des­cen­due dans la rue, comme beau­coup d’autres, lors de la ma­ni­fes­ta­tion pour « Char­lie Heb­do ». Bluf­fante !

Une vraie fi­dèle

De­ve­nue cé­lèbre grâce à « The Voice », la na­tive d’Hé­ninBeau­mont, dans le Nord, aime aus­si évo­quer ses quatre soeurs et son frère – Sté­pha­nie, 30 ans, Be­noît, 29 ans, Cé­line, 25 ans, Ma­rine 23 ans et Louise, 17 ans –, une fa­mille qu’on sent en­core plus unie de­puis la dis­pa­ri­tion de leurs deux pa­rents. À 18 ans, Louane vit dé­sor­mais seule dans son ap­par­te­ment du 18e ar­ron­dis­se­ment, « un quar­tier qu’elle adore », à Pa­ris « où elle est trop contente d’avoir em­mé­na­gé ». La fer­veur des gens dans la rue qui l’ar­rêtent pour lui par­ler, aus­si bien « des qua­dras que des ados ou des per­sonnes âgées », elle le prend comme un ca­deau. « C’est comme si je fai­sais par­tie d’une grande fa­mille, ça fait chaud au coeur. » Elle s’es­claffe lors­qu’on lui de­mande si elle trouve tou­jours le temps d’avoir la vie d’une fille de son âge, même si, dans son mé­tier, elle est constam­ment en­tou­rée d’adultes. « Hier, j’ai fê­té les 18 ans de ma meilleure amie. Mes amis, ma nou­velle cé­lé­bri­té, ça les fait rire. Ils s’en fichent un peu, à vrai dire. D’ailleurs, on ne parle pas de moi H24. Ma vie a chan­gé, mais pas moi. » On la sonde un peu. Elle avoue avoir « un hu­mour un peu bête, fa­cile, qui ne fait rire per­sonne » et une af­fec­tion par­ti­cu­lière pour les blagues Ca­ram­bar. Elle écrit un peu tous les jours dans son jour­nal in­time « des pe­tites nou­velles, des pe­tites his­toires ». « J’écris pour me vi­der de mes émo­tions, c’est tan­tôt gai, tan­tôt triste, ça dé­pend. » Ses films pré­fé­rés ? « Nos étoiles contraires » et « Char­lie et la cho­co­la­te­rie ». Ses chan­teurs fa­vo­ris ? « La­na Del Rey, Sam Smith, Lorde. » Dans son sac à main, elle trim­balle toute sa vie avec elle. « Des vê­te­ments, des pe­tites trousses à ma­quillage, des che­wing-gums, des gri­gris. Je ne quitte ja­mais non plus mon porte-clés tour Eif­fel. C’est comme si j’avais tou­jours ma mai­son avec moi ! » Elle se pas­sionne aus­si pour le street art, se ver­rait bien un jour ou­vrir une ga­le­rie d’art, pour faire dé­cou­vrir des ar­tistes in­con­nus. Confon­dante de na­tu­rel, tou­jours.

Une vraie gé­né­reuse

On s’en­quiert du truc le plus dingue qui lui soit ar­ri­vé dans sa vie. Elle n’hé­site pas : « Mon truc le plus dingue, c’est d’avoir eu un cé­sar ! » Elle se ra­vise : « Tout ce que je fais est com­plè­te­ment dingue ! La tour­née qui s’an­nonce, avoir joué dans “la Fa­mille Bé­lier”… » Elle pour­suit, en­tière : « Ce mé­tier, ça va avec le don de soi. Je crois que je suis as­sez gé­né­reuse de na­ture, as­sez “ex­ten­sible”. Je me donne énor­mé­ment. Pour jouer l’hé­roïne de “la Fa­mille Bé­lier”, je crois que je ne me suis pas ren­du compte de la dif­fi­cul­té. J’ai fait confiance au réa­li­sa­teur et je me suis je­tée à l’eau ! J’adore, c’est ce que j’ai tou­jours rê­vé de faire de­puis l’âge de 8 ans. Ma nour­rice m’avait même ins­crite à un cours de chant ! » Elle donne l’im­pres­sion d’être heu­reuse, bien dans sa peau. Même s’il lui ar­rive de dou­ter aus­si. « Je me de­mande si je vais être ca­pable d’as­su­rer sur une tour­née en­tière. Est-ce que je ne vais pas ou­blier les pa­roles ? Est-ce que tout ça ne va pas s’ar­rê­ter ? » s’in­quiè­tet-elle. Elle as­sure, sé­rieuse : « Je suis très consciente que tout ça peut s’ar­rê­ter de­main. » On la ras­sure, très sûre de nous. Avec Louane, on tient une star, une vraie.

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