CÉ­CILE

Fait deux Pen­dant son cli­ni­cat, elle maxil­loen­fants. Car cette chi­rur­gienne de front… fa­ciale veut tout me­ner

Cosmopolitan (France) - - FARFUMS - Pho­to Ju­lie An­siau. Par Mar­tine Tar­tour.

Pe­tite, je vou­lais être hô­tesse de l’air. Ori­gi­naires de Nor­man­die, on s’ex­pa­trie en famille au Ma­roc, où mon père en­seigne l’al­le­mand au ly­cée fran­çais. Ma mère, d’ori­gine co­réenne, est in­fir­mière et s’oc­cupe de mon frère et moi. So­leil, mer, pique-niques sur la plage… J’ai 9 ans quand on part tous aux États-Unis. Re­tour au bout de quatre ans car mes pa­rents veulent que mon frère passe son bac en France, à Caen. Il est très brillant à l’école et je suis sou­vent com­pa­rée à lui. Alors quand je passe mon bac S avec men­tion bien, ce se­ra mé­de­cine. À 18 ans, j’entre en pre­mière an­née. Des jour­nées en­tières pas­sées à mon bu­reau, le­vée le week-end à 7 h 30 pour ré­vi­ser. Mais ça ne me pèse pas. Je suis taillée pour ça. Je dé­croche le PCEM1. Ce n’est pas le cas de mon meilleur pote de ly­cée qui doit re­ten­ter le concours. Du coup, on au­ra une an­née de dé­ca­lage. Mais on tra­vaille sou­vent en­semble. En 3e an­née de mé­de­cine, c’est le dé­clic : il de­vient mon pe­tit ami. À 21 ans, on dé­cide de prendre un ap­part en­semble. On vit sur­tout entre étu­diants en mé­de­cine. Pas d’Eras­mus, ni de stages à l’étran­ger, mais pour moi qui ai bou­gé toute mon en­fance, ce cô­té sé­den­taire ne me gêne pas. En 6e an­née, je pré­pare l’in­ter­nat pour ma spé­cia­li­té. Et j’ob­tiens ce que je veux : la chi­rur­gie maxil­lo-fa­ciale. C’est une spé­cia­li­té pas­sion­nante et va­riée, mais la charge de tra­vail est co­los­sale. Mon co­pain, après son in­ter­nat, choi­sit la mé­de­cine gé­né­rale À 28 ans, on part six mois à Ta­hi­ti. On se ma­rie au re­tour. Je vais à Pa­ris faire mon der­nier se­mestre d’in­ter­nat. On me pro­pose alors un poste de chef de cli­nique, ce qui est très rare ! Je ne peux pas re­fu­ser. On s’ins­talle dans la ca­pi­tale. Une se­maine après, j’ap­prends que je suis en­ceinte. J’ar­rive à te­nir le rythme : à six mois de gros­sesse, j’as­sure en­core des opé­ra­tions de plus de dix heures grâce au sou­tien de mes col­lègues. En 2015, après trois ans de cli­ni­cat, je suis à nou­veau en­ceinte. Cette fois en­core, j’as­sure des gardes de nuit jus­qu’au cin­quième mois, et des ho­raires 7 h 30-20 heures. J’ai la chance d’avoir un ma­ri qui me sou­tient. D’ici mes 40 ans. Dé­jà re­tour à Caen. Je m’ins­talle dans le pri­vé où je veux tra­vailler dif­fé­rem­ment, à mon rythme. Voya­ger, pro­fi­ter de mes filles. Chi­rur­gien, ce n’est pas un sa­cer­doce, c’est un mé­tier.

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