On par­tage des vi­déos X

Cosmopolitan (France) - - MA VIE EN ROSE -

mise en scène pour ne pas vi­rer à la ver­sion por­no du « Pro­jet Blair Witch », un film d’hor­reur tour­né ca­mé­ra à l’épaule où les ac­teurs ont tous un teint de rhi­no­pha­ryn­gite (pour les lec­trices nées après 1990, NDLR). Sans pour au­tant se ma­quiller à mort, on peut ou­vrir son re­gard avec quelques couches de mas­ca­ra et ca­mou­fler ses cernes, que la ca­mé­ra de vi­sio­con­fé­rence a ten­dance à sou­li­gner. On crée une am­biance lu­mi­neuse sexy, et on se tient de­vant l’écran exac­te­ment comme si l’on pas­sait un en­tre­tien d’em­bauche avec Ryan Gos­ling : sûre de soi, le dos bien droit, les reins cam­brés, al­lu­meuse mais pas morte de faim. Et bien en­ten­du, en cas de panne de ré­seau, on ne ba­lance pas un coup de pied à sa Li­ve­box en râ­lant : « ’tain fait chhhhhhh*@ % eeeeuh, cette connexion ! », le vi­sage plis­sé en ori­ga­mi, sous peine de ne ja­mais re­trou­ver les boîtes noires de sa li­bi­do. Ab­del et moi par­tons sou­vent en va­cances cha­cun de notre cô­té : lui va voir sa famille aux États-Unis, et je pars avec mes co­pines, que je vois peu du­rant l’an­née. Le fait d’être en­tou­rés en per­ma­nence nous a dis­sua­dés de faire l’amour en live, car les murs ont les oreilles de Dum­bo ! Alors on a trou­vé la pa­rade : on par­tage une vi­déo hot sur To­ge­therTube, un site gra­tuit qui per­met de par­ta­ger des films syn­chro­ni­sés en temps réel. On échange des com­men­taires via la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née de la pla­te­forme, et j’avoue que le fait de s’al­lu­mer avec l’image mais sans le son, tout en étant obli­gés d’être très dis­cret, est par­fois frus­trant, mais sur­tout très, très ex­ci­tant ! Ça ajoute à notre his­toire un par­fum d’in­ter­dit as­sez sul­fu­reux…

Maë­lys, 31 ans

Pré­cau­tions d’emploi Sur les sites de par­tages syn­chro­ni­sés, comme To­ge­therTube (en an­glais) ou myCircle.tv (existe en ver­sion fran­çaise), on peut par­ta­ger des vi­déos YouTube, Vi­meo ou Dai­ly­mo­tion, mais aus­si ses propres films. Si l’on choi­sit cette op­tion, on n’ou­blie pas de sup­pri­mer l’oeuvre après vi­sion­nage, pour évi­ter de se re­trou­ver dans le re­make IRL du film « Sex Tape », avec Ca­me­ron Diaz. Plus pru­dent, la vi­déo éphé­mère, en strea­ming ou via une ap­pli dé­diée : sur Pe­ri­scope, le nou­veau ré­seau so­cial qui buzze, on peut re­trans­mettre en di­rect, et en pri­vé, ce que l’on est en train de fil­mer, et la vi­déo s’ef­face au bout de vingt­quatre heures. Les amants geeks peuvent aus­si par­ta­ger de mi­ni-vi­déos sur Vine, six se­condes max, ou sur Snap­chat, qui pré­sente l’avan­tage de ne sto­cker au­cun conte­nu. Dans tous les cas, on ne force sur­tout pas son na­tu­rel : si l’on est plus Pe­tit Ba­teau que guê­pière la­cée dans le dos, on ne se trans­forme pas en égé­rie Marc Dor­cel tout en feu­le­ments et bouche en tuyau d’as­pi­ra­teur. D’abord, parce que c’est le Co­ca Zé­ro de l’éro­tisme, en­suite parce que ce ne sont pas ses zy­go­ma­tiques que l’on cherche à sti­mu­ler, voyez ?

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