MA VIE EN ROSE : LE SEXE EN CO­LOC

Com­ment avoir une vie sexuelle quand une cloi­son aus­si fine qu’un par­che­min me sé­pare de mon co­loc ?

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE - Par Ch­loé Plan­cou­laine Photo Ch­ris Cray­mer

Com­ment avoir une vie sexuelle quand une cloi­son aus­si fine qu’un par­che­min me sé­pare de mon co­loc ? Par Ch­loé Plan­cou­laine.

Le lit

Ro­main, contre moi en mis­sion­naire, fait des va-et-vient aus­si dis­crets que pos­sible. Mais après de longues ca­resses pas­sion­nées, les choses s’in­ten­si­fient, on s’em­porte. Grouick grouick grouick… Le lit grince et le rythme bien trop ré­gu­lier ne laisse au­cune place au doute. Avec un peu de chance, mon co­loc, de l’autre cô­té de la cloi­son, dort pro­fon­dé­ment ? Non, comme nous l’in­dique sou­dai­ne­ment son coup de poing contre le mur. Vio­laine, 25 ans

Elles ont trou­vé la so­lu­tion

Avant on met­tait le ma­te­las par terre. Main­te­nant on a ache­té un grand ta­pis bien épais pour es­sayer toutes les po­si­tions sans faire de bruit… Julie, 24 ans J’ai éloi­gné le lit de la cloi­son de cinq bons cen­ti­mètres pour être sûre qu’il ne tape pas contre le mur. J’ai aus­si ca­lé les pieds avec des bouts de car­ton et mis du talc sur les join­tures en bois. Ni­ckel ! Cé­cile, 23 ans De­bout contre le mur du fond de la chambre, ou al­lon­gée sur le bu­reau avec Maxime der­rière, ça marche aus­si et ça fait moins de bruit… Ca­ro­line, 26 ans

Le cri

Après une soirée où j’ai bu dix verres d’eau – un entre chaque verre de punch –, je rentre avec mon ché­ri et une en­vie pres­sante de lui sau­ter des­sus. On va chez moi, c’est plus près. L’al­cool me dés­in­hibe com­plè­te­ment et… « Je ne sa­vais pas que j’étais en co­loc avec Ma­riah Ca­rey », se moque gen­ti­ment Lin­da le len­de­main. Elle fait ré­fé­rence aux vo­ca­lises sur­ai­guës que j’ai lâ­chées en conti­nu entre 2 et 3 heures du mat. Gloups. Mae­va, 28 ans

Elles ont trou­vé la so­lu­tion

Je fais tour­ner une sé­rie sur Net­flix en même temps et je n’ai plus qu’à at­tendre les pas­sages les plus in­tenses pour lâ­cher quelques cris de sa­tis­fac­tion ni vu ni connu. Bon, pas après mi­nuit non plus. Fanny, 22 ans Je pré­viens ma co­loc à l’avance : « Ce soir, Ga­briel se­ra là… » Elle en­file un casque ou des boules Quies sans bron­cher. Je fais pa­reil quand son mec dé­barque. Et par­fois, ça tombe en même temps, et cha­cune pousse la mu­sique à fond ! So­phia, 29 ans Je garde tou­jours un truc dans la bouche : le drap, le coin du cous­sin, son doigt ou son sexe… Ly­die, 27 ans

L’agen­da

Le jeu­di, ma co­loc Ca­ro fi­nit le boulot à 19 heures et en­chaîne avec son cours de barre au sol. On l’a bien no­té avec mon amou­reux et, chaque se­maine, on en pro­fite comme des pe­tits fous. Ce soir-là, je suis à quatre pattes sur le ca­na­pé en train de m’oc­cu­per de Da­mien quand Ca­ro pousse la porte. Son cours de barre au sol a été an­nu­lé, on peut se rha­biller… Amé­lie, 23 ans

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Ma co­loc a un mec de­puis deux mois. Je m’ar­range pour qu’ils aient au moins une soirée de libre dans l’ap­part : « Je vais au ciné ven­dre­di ! » En échange, elle fait ça chez lui le reste du temps. Lua­na, 28 ans

On a ac­cro­ché une cloche à la porte d’en­trée. Même en pleine ac­tion, im­pos­sible de ne pas en­tendre ma co­loc ren­trer. Char­lotte, 23 ans

Le tuel’amour

Je suis chaude comme un clip de Ka­nye West et j’en­traîne Mar­tin chez moi. Je lui touche les fesses dans les es­ca­liers, je me presse contre son sexe de­vant la porte d’en­trée et on se dé­pêche de re­joindre le sa­lon qui me sert de chambre – Ni­co­las et Ch­loé, mes co­locs, sont chez leurs pa­rents res­pec­tifs. Sou­dain je bloque… C’est quoi cette odeur ? Celle de la ra­clette or­ga­ni­sée par Ni­co et ses potes la veille et qui colle sur le ca­na­pé (mon lit)… Ça casse l’am­biance. Pau­la, 26 ans

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Aé­ra­tion obli­ga­toire tous les jours, même quand il neige ! On est cinq dans l’ap­part et ça peut vite de­ve­nir étouf­fant. Louise, 30 ans On paye une femme de mé­nage une fois par se­maine. À quatre, ça nous coûte 25 € de plus par mois et ça nous évite un sa­cré nombre de dis­putes. Ca­role, 28 ans Comme il n’y a qu’une chambre, on a dé­li­mi­té mon pé­ri­mètre d’in­ti­mi­té dans le sa­lon avec un ri­deau de­vant mon pe­tit lit. Deux mètres carrés où je suis la seule à po­ser les pieds, c’est peu mais ça change tout ! Oli­via, 24 ans

Les ac­ces­soires

Il y a deux ans, notre his­toire com­mence sur un fias­co. Yoann ne s’at­tend pas à ce qu’on aille chez lui si vite, mais après des dis­cus­sions pas­sion­nées au res­tau­rant et de longs bai­sers sur le che­min du re­tour, on se re­trouve nus dans son lit, qu’on a re­joint sur la pointe des pieds pour ne ré­veiller per­sonne. Mais alors que les pré­li­mi­naires de­viennent de plus en plus bouillants, Yoann tilte : « Tu as des pré­ser­va­tifs ? » Non. Et lui ? « At­tends, je re­viens. » Il noue une ser­viette au­tour de sa taille, sort de la chambre et entre dans celle d’à cô­té : « Dé­so­lé de te ré­veiller vieux, t’au­rais une ca­pote pour me dé­pan­ner ? » Quand il re­vient, je suis com­plè­te­ment blo­quée et je rentre chez moi sur un coup de tête. Il s’est fait par­don­ner la fois sui­vante en ap­por­tant des ca­potes… et un dé­li­cieux brow­nie fait mai­son. Ch­loé, 27 ans

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Dans la salle de bains, on a un « pa­nier de la der­nière

chance ». De­dans, on s’as­sure qu’il y a tou­jours : des mou­choirs, des tam­pons, des boules Quies et des ca­potes. Ce­lui ou celle qui s’en sert a vingt-quatre heures pour rem­pla­cer ce qu’il y a pris. Lu­di­vine, 26 ans J’ai l’ap­pli TUP qui géo­lo­ca­lise le dis­tri­bu­teur de pré­ser­va­tifs le plus proche. J’ai sau­vé plu­sieurs soi­rées et épa­té plu­sieurs mecs avec ça ! Mo­na, 29 ans

La douche

Le pre­mier soir où Vic­tor vient dor­mir, on s’éclate dans ma chambre bien iso­lée au bout du cou­loir. Ce n’est qu’après, dé­gou­li­nante de sueur, qu’un dé­tail me re­vient : il faut tra­ver­ser la chambre de ma co­loc An­na pour ac­cé­der à la salle de bains. L’idée me met mal à l’aise, l’évier de la cui­sine fe­ra l’af­faire. Pas de chance qu’An­na soit ve­nue cher­cher un verre d’eau… Sa­lut ! Lau­ra, 25 ans

« J’AI ÉLOI­GNÉ LE LIT DE LA CLOI­SON DE CINQ BONS CEN­TI­MÈTRES POUR ÊTRE SÛRE QU’IL NE TAPE PAS CONTRE LE MUR. »

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Un stock de lin­gettes. En re­vanche il faut bien les plan­quer. « Qu’est-ce que tu fa­briques avec ça ? » En voyant mes joues de­ve­nir to­mate, ma co­loc a vite com­pris… Jane, 24 ans On fait ça sous la douche… Comme ça, on n’a pas à faire le tra­jet à moi­tié nus et hon­teux entre la chambre et la salle de bains. Et puis avec le bruit de l’eau qui coule, on peut mas­quer les autres bruits louches. Ma­ry­line, 21 ans

Le dé­brief

Lise est aus­si ma meilleure amie. De­puis le col­lège et nos pre­miers bai­sers avec des mecs, on se ra­conte toute notre vie in­time sans ta­bous, dé­tails com­pris. On par­tage un ap­part de­puis quelques mois quand je com­mence à voir Ré­my. Je passe la nuit avec lui et le len­de­main, alors qu’il part bos­ser, Lise s’ins­talle à cô­té de moi et lâche : « Alors, un peu ra­pide le Ré­my, non ? » Elle a lan­cé le chro­no de l’autre cô­té du mur ou quoi ? Elle n’a pas l’air gê­né, mais moi, sou­dain, j’ai une grosse en­vie de lui cla­quer la porte de mon jar­din se­cret au nez… Maud, 26 ans

Elles ont trou­vé la so­lu­tion

On ne parle ja­mais de nos re­la­tions in­times entre co­locs. On par­tage tout le reste. Je n’ai pas en­vie qu’ils croisent mon mec en se di­sant : « Tiens, c’est lui qui aime qu’on lui mor­dille l’or­teil… » Mar­tha, 22 ans Comme dans « How I Met Your Mo­ther », on a éta­bli un « Bro Code » concer­nant les re­la­tions in­times, si­gné par tous les nou­veaux en­trants dans la co­loc. « En si­lence le plus pos­sible tu co­pu­le­ras », « pas plus de deux nuits par se­maine ton mec tu ra­mè­ne­ras », « l’in­ti­mi­té de tes co­lo­ca­taires à par­tir de 21 heures tu res­pec­te­ras », etc. On s’y ré­fère à chaque fois qu’il y a un sou­ci et ça per­met d’ou­vrir les conver­sa­tions de ma­nière plus lé­gère : « D’après l’ar­ticle 3 du Bro Code… » Isa­belle, 28 ans l

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