ROADBOOK : SÉOUL

On pro­fite de l’an­née France-Co­rée pour vous faire vi­si­ter la ville qui ne dort ja­mais à l’ex­trême de l’Orient. Coup de foudre as­su­ré. Par Mar­tine Tar­tour

Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE -

Don­ner rai­son à Psy…

Et me­su­rer l’ido­lâ­trie des Co­réennes pour les grandes marques, en fai­sant une pause gour­mande dans les « ca­fés-mode », comme le Ca­fé Dior by Pierre Her­mé, au der­nier étage de la bou­tique Dior (464 Ap­gu­jeon­gro). Plu­tôt que des ma­ca­rons, on y com­mande une coupe gla­cée Is­pa­han, à la rose et aux lit­chis. On ne rate pas non plus le 10 Cor­so Co­mo Cafe (79 Cheong­dam-dong), un concept store im­por­té d’Ita­lie qui a fait fort : 1 400 mètres carrés, le plus grand d’Asie ! Les stars des sé­ries té­lé fleur bleue, dont les Co­réens sont to­ta­le­ment ad­dicts, comme « School 2015 », viennent y pi­co­rer une moz­za­rel­la di bu­fa­la. Les lu­nettes de Psy s’achètent là.

Pous­ser la porte d’une cli­nique es­thé­tique

Juste pour voir les af­fiches avant/après ! La cause est en­ten­due : les Co­réennes sont fans d’es­thé­tique. Et la chi­rur­gie est un acte ba­nal dès qu’il s’agit de re­faire son nez ou de ra­jou­ter un bour­re­let de graisse sous l’oeil pour le rendre plus oc­ci­den­tal – très à la mode en ce mo­ment. Mais les ex­cès ne viennent pas seule­ment des Co­réennes. Des tou­ristes russes, aus­tra­liennes ou chi­noises viennent à Séoul en es­pé­rant des trans­for­ma­tions ex­trêmes. Au point que les au­to­ri­tés dé­livrent des « cer­ti­fi­cats d’iden­ti­té » du fait que cer­taines de­viennent mé­con­nais­sables après

l’opé­ra­tion ! Il existe même un Centre de pro­mo­tion du tou­risme mé­di­cal in­té­gré à l’Of­fice de tou­risme co­réen.

Goû­ter de la cer­velle ou de la pieuvre Le mar­ché de la viande Ma­jang

(68 Ma­jang-ro 35-gil, Seong­dong-gu) aligne une cen­taine d’étals. Cô­té hy­giène, rien à craindre (non, il n’y a pas de viande de chien !) : tout est sous contrôle de KMA, l’as­so­cia­tion mé­di­cale de Co­rée. Quelques pe­tits res­tau­rants pro­posent de la cer­velle, des in­tes­tins, des oreilles de bo­vin ou de porc… Autre adresse, le mar­ché aux pois­sons No­ryang­jin (688 No­deul­ro, Don­giak-gu). Pas moins de 800 ven­deurs et 30 000 clients par jour : ça donne une idée de la taille ! On achète ses pieuvres vi­vantes et on s’at­table pour les dé­gus­ter grillées. Le bon plan : on y va à 4 heures du mat, avec les fê­tards qui sortent de boîte.

Sou­per sur un ta­bou­ret de­vant un po­jang­ma­cha

Un po­jang­ma­cha, en fait, c’est une sorte de food truck ! Et on en trouve par­tout dans la ville. Ne vous at­ten­dez pas à de gros ca­mions, ce sont plu­tôt des pe­tites re­morques. Ga­rés et bâ­chés le jour, les po­jang­ma­chas n’ouvrent qu’à la nuit tom­bée. Tout le monde prend le par­ti de man­ger avec les doigts et de s’as­seoir sur un ta­bou­ret. On y sert des bols de tteok­bok­ki (des que­nelles de riz), ou des cor­nets de beon­de­gi (des larves de vers à soie bouillies), du to­ta­le­ment lo­cal, ra­re­ment des piz­zas ! C’est dans le quar­tier étu­diant de Hong­dae que l’on trouve les plus sym­pas.

Boire du so­ju

Tous les Co­réens aiment boire. Gar­çons comme filles. Et sur­tout du so­ju, de l’al­cool de riz qui fait quelque 20 de­grés. Dans cer­taines pro­vinces, il peut même mon­ter à 45 ! À Séoul, au res­tau­rant, il n’est pas rare qu’on se dé­fie de­vant une bou­teille. Et en­core moins rare de ren­trer émé­ché. Une fa­çon d’éva­cuer le stress ? Oui, mais pas seule­ment, c’est aus­si un « in­con­tour­nable », d’au­tant qu’on ne connaît pas d’autres ad­dic­tions ici. Chez Ma­po Eul­mil­dae (118-1 Ju­gyo-dong, Jung-gu), on dé­vore des nouilles ou des grillades

de porc au bar­be­cue, ar­ro­sées de so­ju ou de baek­se­ju, un al­cool de riz avec du ginseng, cen­sé vous rendre cen­te­naire…

Croi­ser des étran­gers à Itae­won

Séoul, c’est plus de 10 mil­lions d’ha­bi­tants dont 250 000 étran­gers. Par­mi eux, un grand nombre de sol­dats amé­ri­cains. Les États-Unis ont si­gné un pacte de sé­cu­ri­té avec la Co­rée du Sud pour sur­veiller la zone dé­mi­li­ta­ri­sée à la fron­tière des deux Co­rées. Itae­won est leur quar­tier, comme il est le quar­tier de toutes les ren­contres. On peut y croi­ser des Co­réens qui parlent un an­glais (ou un fran­çais) par­fait, et pas du tout leur langue d’ori­gine. Adop­tés lors­qu’ils étaient en­fants, ces jeunes adultes cherchent au­jourd’hui leurs ra­cines, leurs pa­rents. De1960 à nos jours, 180 000 en­fants co­réens ont été adop­tés, dont 130 000 par des étran­gers. Il existe un sys­tème de bourse qui leur est fa­vo­rable, et même une émis­sion de té­lé qui per­met de lan­cer des mes­sages pour re­trou­ver leurs fa­milles.

Dan­ser au Ca­ke­shop

C’est le club le plus tren­dy de la ca­pi­tale, qui re­gorge de lieux où faire la fête. Mais là, ça ne désem­plit pas. La rai­son? Le club est à Itae­won, et c’est quand même moins guin­dé qu’à Gan­gnam. Clien­tèle sym­pa et haute en cou­leur ga­ran­tie. La mu­sique y est ex­cel­lente. À Séoul, la culture club est de haut ni­veau. La preuve : on se sou­vient en­core du pas­sage des DJ co­réens Soo­lee, Mu­shXXX et Grace Kim à la Tech­no Pa­rade pa­ri­sienne de 2015. 34-16 Itae­won­dong, Yong­san-gu.

Re­nouer avec la Co­rée d’an­tan à Buk­chon

En 1953, à la fin de la guerre de Co­rée, le pays était un champ de ruines. Son PIB fait au­jourd’hui le double de ce­lui de la France. Tout a pous­sé très vite. Et la mé­ga­pole ne cesse d’être ten­ta­cu­laire. Pour­tant, Séoul est en­core em­preint de poé­sie. Il suf­fit de se pro­me­ner à Buk­chon. Coup de foudre as­su­ré pour ce « vil­lage » dans la ville et ses mai­sons tra­di­tion­nelles, les ha­noks, avec ate­liers et ga­le­ries d’art. Un itinéraire ? Se perdre au ha­sard des ruelles. Ou com­men­cer par la sta­tion An­guk, sor­tie 1, et re­mon­ter la rue de Sam­cheong­dong.

Re­pen­ser l’art au Leeum, Sam­sung Mu­seum of Art

Le mu­sée est un com­plexe de trois bâ­ti­ments ayant cha­cun un concept et une ar­chi­tec­ture dis­tincts. Le Mu­seum 1, oeuvre de Ma­rio Bot­ta, est dé­dié aux arts tra­di­tion­nels co­réens, le Mu­seum 2, ré­ser­vé à l’art mo­derne, est si­gné Jean Nou­vel. Le troi­sième bâ­ti­ment, de Rem Kool­haas, est consa­cré à l’édu­ca­tion. On adore le guide au­dio qui re­con­naît l’ob­jet de­vant le­quel on s’ar­rête, et qui se dé­clenche au­to­ma­ti­que­ment en fran­çais ou en an­glais. 60-16 Itae­won 55-gil, Yong­san-gu. l

Ren­du mon­dia­le­ment cé­lèbre par la chan­son « Gan­gnam Style », le quar­tier le plus hup­pé de la ville mêle gratte-ciel et bou­tiques chics.

L’éclec­tique mar­ché de Nam­dae­mun, l’un des plus grands de Co­rée.

Les ruelles pré­ser­vées du vil­lage de Buk­chon.

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