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Cosmopolitan (France) - - SOMMAIRE -

je sonne chez Ri­ta Ora, mais je ne m’at­tends pas non plus à ce que ce soit elle qui vienne m’ou­vrir.

La mai­son, si­tuée dans une al­lée pri­vée, est pro­té­gée par une grille élec­trique comme les autres for­te­resses de cette rue à mil­liar­daires. Sou­dain, une Land Ro­ver pile de­vant moi. Ce doit être elle. Eh non. La fe­nêtre se baisse, et un beau gosse, la ving­taine, me de­mande : « C’est pour une li­vrai­son ? » Quand je lui dis que je suis sup­po­sée in­ter­vie­wer Ri­ta au­jourd’hui, il est tout gê­né… et m’in­vite à le suivre à tra­vers le jar­din, jus­qu’à un bun­ga­low. Ri­ta est là de­vant la porte, et m’ac­cueille avec un grand sou­rire : « Je suis vrai­ment dé­so­lée. Je croyais qu’on avait ren­dez-vous à 13 h 30. » Elle se tourne vers le gar­çon qui m’a fait en­trer : « C’est mon co­pain Fai. On bosse en­semble sur des mor­ceaux. »

Won­der wo­man…

D’abord, il y a sa « si­gna­ture » : ses che­veux ! Une masse blonde per­oxy­dée qu’elle a at­ta­chée en queue-de-che­val. Elle porte des lu­nettes de so­leil vin­tage cer­clées de rose, un ru­ban noir au­tour du cou et un mi­cro-maillot de bain grif­fé So­lid & Stri­ped. On note son air fa­ti­gué. Et pour cause : elle vient de ter­mi­ner les tour­nages de « 50 Nuances plus sombres » 2 et 3, a si­gné avec un nou­veau la­bel, At­lan­tic Re­cords, et en­re­gistre en stu­dio son deuxième al­bum. Sans comp­ter qu’elle s’ap­prête à sor­tir sa sixième ligne de chaus­sures en col­la­bo­ra­tion avec Adi­das Ori­gi­nals, et qu’elle va rem­pla­cer Ty­ra Banks comme ju­ré dans le très po­pu­laire « Ame­ri­ca’s Next Top Mo­del ». Mais Ri­ta adore ça. La mai­son ap­par­tient à un ami. Elle s’y est ins­tal­lée le temps de fi­na­li­ser les mor­ceaux avec Fai, et d’as­su­rer le shoo­ting de la cam­pagne Adi­das, qui s’est ter­mi­née à 2 heures du ma­tin dans les rues de Los An­geles. Puis, il y a eu la co­ver Cos­mo dans une mai­son à Ma­li­bu, avec qua­si­ment pas de pause dé­jeu­ner. De là, elle s’est ren­due au fes­ti­val de mu­sique de la Gay Pride, pour un concert avec Char­li XCX.

… Et seule­ment 25 ans !

On ou­blie sou­vent son âge. Elle a tou­jours été un bour­reau de tra­vail. Ko­so­vare, d’ori­gine al­ba­naise, née à Pris­ti­na, elle ar­rive à Londres à l’âge d’un an avec ses pa­rents, son frère et sa soeur. Son père tient un pub, « The Queens Arms » à Kil­burn, au nord-est de Londres. La mère est psy­chiatre. En­fant, Ri­ta veut être chan­teuse. Elle in­tègre l’école de théâtre Sylvia Young deux jours par se­maine : « On nous pré­pa­rait da­van­tage aux co­mé­dies mu­si­cales, mais je n’avais pas le type de voix pour ça. Je n’étais pas une élève si­len­cieuse, j’ai tou­jours eu un rire so­nore, une voix cas­sée. Et je les ai en­core ! » Elle em­poche le di­plôme de la Sylvia Young à 16 ans, et aban­donne l’école : « J’ai sup­plié mes pa­rents de me lais­ser un an pour faire de la mu­sique. Je chan­tais dans le pub de mon père, et après je l’ai­dais à ser­vir der­rière le bar. C’est très dur de rem­plir une bonne pinte d’ailleurs… Je pour­rais vous don­ner des cours ! » Elle éclate de rire. Peu à peu, elle se pro­duit dans le pub de fa­çon qua­si pro­fes­sion­nelle et les gens ont l’air de trou­ver Ri­ta for­mi­dable, le pu­blic ne fait que s’agran­dir. Elle se trouve une ma­na­ger, Sa­rah Sten­nett, qui est aus­si celle de Zayn Ma­lik. En 2008, elle par­ti­cipe à la pré­sé­lec­tion an­glaise pour l’Eu­ro­vi­sion, et en part à temps. Son in­tui­tion paye, quelques mois plus tard elle signe avec Roc Na­tion, et sort un single « Hot Right Now » avec DJ Fresh, le pre­mier d’une sé­rie de trois qui res­te­ront nu­mé­ro 1 des ventes. En 2012, son pre­mier al­bum « Ora » car­tonne. Ri­ta consi­dère qu’elle a hé­ri­té de ses pa­rents une édu­ca­tion qui prône le tra­vail comme vraie va­leur : « Il y a des gens que j’ad­mire parce que ce sont des bos­seurs. Vic­to­ria Beck­ham par exemple, c’est un de mes mo­dèles, j’adore ce qu’elle fait. Quand on pense que c’est une ex-Spice Girls ! Les gens se contentent sou­vent de ce qu’ils voient dans les jour­naux : “Ri­ta fait la fête !” Que je bosse seize heures par jour, on s’en fiche. Il faut être in­croya­ble­ment so­lide pour sur­vivre dans ce monde. »

Une vo­lon­té de fer

Elle a in­ten­té un pro­cès contre Roc Na­tion, avec qui elle avait si­gné à l’âge de 18 ans. Le la­bel de son men­tor Jay Z a exi­gé d’elle 2,3 mil­lions de dol­lars. C’était en dé­cembre

der­nier, un mois après les spé­cu­la­tions des fans sur le fait que Ri­ta était la « Be­cky with the good hair », per­son­nage de « Sor­ry », une chan­son de Beyon­cé sur l’his­toire d’un ma­ri in­fi­dèle qui quitte sa femme pour une cer­taine Be­cky. Ri­ta a fait taire les ru­meurs sur Snap­chat avec une photo d’elle et Beyon­cé, et ce com­men­taire : « La famille. » Pour ce qui est de l’agi­ta­tion au­tour du pro­cès contre Roc Na­tion, elle dit : « Jay est un boss, Beyon­cé une reine, j’ai pas­sé mon temps à les ob­ser­ver, à ap­prendre ce que c’était d’être une lé­gende, com­ment ça se construit… Je les res­pecte beau­coup. » Mais elle est tel­le­ment heu­reuse de son deuxième al­bum à ve­nir : « Ça fait du bien d’être de re­tour et d’être libre mu­si­ca­le­ment. »

Des doutes aus­si

Mal­gré l’as­su­rance qu’elle af­fiche, Ri­ta a des mo­ments de doute. Ma­lade avant de chan­ter aux Os­cars. Ner­veuse parce qu’elle s’im­plique à fond. An­xieuse à la veille d’en­re­gis­trer en stu­dio. « Les gens souffrent d’an­xié­té, et ça prend di­verses formes ; pour ma part, c’est plu­tôt quand j’en­vi­sage le long terme que je m’an­goisse. Je suis quel­qu’un d’ins­tinc­tif, qui vit dans l’ins­tant pré­sent, si je dois faire quelque chose tout de suite, ça se passe bien, si j’ai du temps pour y ré­flé­chir, j’an­goisse. » Au mo­ment de notre in­ter­view, Ri­ta est en pleine forme, elle a hâte de ren­trer à Londres re­trou­ver sa chienne Cher, et d’as­sis­ter au fes­ti­val de Glas­ton­bu­ry. « À cause du tour­nage de “Cin­quante Nuances plus sombres”, je ne suis pas rentrée chez moi de­puis cinq mois. Londres me manque, j’ai en­vie d’al­ler au pub et de voir mes amis. » Mais pour le mo­ment, Ri­ta va re­trou­ver son amie Char­li XCX et elles iront en­semble au Nail Spa pour une ma­nu­cure. En­suite, di­rec­tion le stu­dio d’en­re­gis­tre­ment. « Mes ongles, le stu­dio, et au lit ! »

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