LE JOUR OÙ JE ME SUIS SEN­TI PRÊT À ÊTRE PÈRE

Nous, a prio­ri, on sait ce qui nous at­tend… Pour eux, c’est moins évident.

Cosmopolitan (France) - - SOM­MAIRE - Par Oli­vier Gay. Pho­to Lu­cas Za­re­bins­ki.

Nous, a prio­ri, on sait ce qui nous at­tend… Pour eux, c’est moins évident. Par Oli­vier Gay.

Mon frère et sa femme sont par­tis une se­maine en voyage pour se re­trou­ver, et nous avons gar­dé Ethan, leur bé­bé de 1 an. Au dé­but, je n’osais même pas le tou­cher, je lais­sais ma co­pine s’oc­cu­per de tout… et pe­tit à pe­tit, je l’ai pris dans mes bras, j’ai chan­gé ses couches, je lui ai don­né à man­ger. On s’en fait une mon­tagne, mais fi­na­le­ment ça a tout dé­dra­ma­ti­sé pour moi. Du coup, Ju­lie a ar­rê­té la pi­lule. Pierre, 28 ans

Ma femme était en­ceinte de sept mois quand on s’est en­fin dé­ci­dés à amé­na­ger la chambre de notre fu­ture fille. On a ache­té un ber­ceau, de la dé­co… Jus­qu’ici, tout me pa­rais­sait as­sez théo­rique. Mais une fois que j’ai amé­na­gé la pièce… c’est de­ve­nu une évi­dence. J’al­lais être pa­pa ! Et ça al­lait être gé­nial ! Sté­phane, 32 ans

Il y a un an, ma co­pine a eu un long re­tard de règles. On était té­ta­ni­sés car on a tou­jours été d’ac­cord sur un point : pas d’en­fant avant 30 ans. On est al­lés ache­ter un test de gros­sesse, et pen­dant tout le tra­jet on se de­man­ dait ce qu’on fe­rait si elle était ef­fec­ti­ve­ment en­ceinte. Au fi­nal, le test était né­ga­tif… et j’étais presque triste. C’est là que j’ai réa­li­sé que ce dé­sir d’en­fant, je l’avais en moi, bien en­foui mais dé­jà pré­sent. On en a dis­cu­té, et on va se lan­cer – vrai­ment, cette fois. Marc, 27 ans

J’ai tou­jours re­fu­sé d’avoir des en­fants. Ma co­pine pen­sait qu’elle pour­rait me faire chan­ger d’avis, elle n’y est ja­mais par­ve­nue et elle m’a quit­té. De­puis, j’ai ren­con­tré Ma­non et je n’ai plus ce blo­cage. In­cons­ciem­ment, je pense que j’at­ten­dais sim­ple­ment la bonne per­sonne. Phil, 31 ans

Lors du der­nier week­end que j’ai or­ga­ni­sé à la cam­pagne, la mai­son était en­va­hie de lits pa­ra­pluie ! Il a bien fal­lu me rendre à l’évi­dence : tous mes potes avaient des en­fants… sauf moi. Je me suis sen­ti un peu hors du coup, un peu en re­tard. Alors OK, c’est peut­être une mau­vaise rai­son, mais c’est ça qui m’a dé­ci­dé. Hugues, 35 ans

Avoir des en­fants, c’est un en­ga­ge­ment à vie et je suis pho­bique de ce genre de dé­ci­sion. Mais un jour, on a pris un ba­teau pour al­ler ad­mi­rer le cou­cher de so­leil sur les ca­lanques. Et là, alors que le cré­pus­cule tom­bait, je me suis ren­du compte que je vou­lais pas­ser ma vie avec cette fille et construire une fa­mille. Une sorte de ré­vé­la­tion mys­tique, en fait. Yann, 30 ans

J’étais OK pour avoir un en­fant, mais je ne m’étais ja­mais réel­le­ment pro­je­té, même quand ma co­pine est tom­bée en­ceinte. Mais lors de l’écho­gra­phie, quand on a en­ten­du le coeur qui bat­tait et que la gy­né­co nous a mon­tré cette forme étrange… J’ai réa­li­sé que j’al­lais être pa­pa. J’avais les larmes aux yeux. Oli­vier, 27 ans

On n’est ja­mais « prêt » à être père. En tout cas, je ne l’ai pas res­sen­ti comme ça. On ap­prend sur le tas et on fait de son mieux ! Fa­brice, 36 ans

Ça ne m’est en­core ja­mais ar­ri­vé. Au­cune en­vie d’avoir un en­fant, j’ima­gine tous les chan­ge­ments que ça en­traîne, sans par­ler du monde qu’on leur lègue… Oui je sais, ce n’est pas gai, mais au moins je suis au clair avec moi­même. Na­bil, 32 ans

Avec mon co­pain, on est pac­sés de­puis

long­temps et on at­ten­dait avec im­pa­tience la lé­ga­li­sa­tion du ma­riage gay. On fait par­tie des pre­miers couples pas­sés de­vant le maire ! Ça m’a mo­ti­vé à fond pour de­ve­nir pa­pa. On a com­men­cé les dé­marches pour adop­ter et on garde es­poir, même si c’est très long. Ga­briel, 25 ans C’était com­plè­te­ment ir­ra­tion­nel. J’étais à l’en­ter­re­ment de mon oncle, qui n’a ja­mais eu d’en­fants, et je me suis dit que sa li­gnée al­lait s’ar­rê­ter. L’idée de « trans­mettre » m’a sou­dain sem­blé es­sen­tielle. Le soir même, j’en par­lais à ma co­pine – qui était prête de­puis long­temps, elle. Fred, 33 ans

Je n’ai pas eu le temps de m’y pré­pa­rer. Un jour, mon ex m’a an­non­cé que j’avais un fils de six mois. Elle vou­lait me le ca­cher, mais elle a chan­gé d’avis et a consi­dé­ré que c’était im­por­tant qu’il ait aus­si un père dans sa vie. Au­jourd’hui, il a 7 ans, elle s’est re­ma­riée, et nous avons la garde par­ta­gée… Mais mon uni­vers a bas­cu­lé du jour au len­de­main, et j’ai mis du temps à trou­ver mes re­pères. Pour moi, être père, ça ne s’im­pro­vise pas. Il nous faut au moins le temps de la gros­sesse pour nous faire à cette idée, et je ne l’ai pas eu. Yous­souf, 28 ans

À cer­taines pé­riodes, mon fil Fa­ce­book est en­va­hi de pho­tos d’en­fants. Au mo­ment de la fête des Mères, des ker­messes de fin d’an­née, de cer­tains ex­ploits spor­tifs, des an­ni­ver­saires… Pe­tit à pe­tit, je me suis ren­du compte que toutes ces fa­milles ar­ri­vaient à se dé­brouiller, et avaient l’air plu­tôt heu­reuses. Ça a été un tra­vail de longue ha­leine, mais comme je le dis en plai­san­tant à ma femme, Fa­ce­book a joué un grand rôle dans mon en­vie d’être père. Ke­vin, 30 ans

Je ne me suis ja­mais vrai­ment po­sé la ques­tion, je me suis lais­sé por­ter par les évé­ne­ments. Ma co­pine vou­lait un en­fant, moi j’étais plu­tôt dans le « pour­quoi pas ». Elle est ra­pi­de­ment tom­bée en­ceinte, puis il y a eu la nais­sance, et je me suis re­trou­vé avec ce pe­tit gar­çon fri­pé dans les bras, et j’ai pleu­ré bê­te­ment. Rien ne m’avait pré­pa­ré à ça, mais c’était mer­veilleux. Ya­cine, 27 ans Mon meilleur ami est le pire bras cas­sé de l’uni­vers. Il est in­ca­pable de chan­ger une am­poule ou de faire cuire un oeuf au plat, et il lui ar­rive tou­jours des tuiles. Alors quand il m’a an­non­cé qu’il al­lait être père, je me suis dit que s’il ar­ri­vait à abor­der cette nou­velle vie avec confiance, il n’y avait pas de rai­son que je n’y ar­rive pas aus­si ! Le soir même, j’en par­lais à ma femme. Ni­co, 28 ans

Lorsque j’ai ren­con­tré Cé­lia, je suis tom­bé com­plè­te­ment sous son charme, on a dis­cu­té toute la nuit, et je lui ai dit : « Un jour, on au­ra des en­fants en­semble. » Elle a ri, mais j’étais très sé­rieux. Au­jourd’hui, on est pa­rents de deux su­perbes filles de 6 ans et 3 ans. Maël, 34 ans

C’est une ex­pé­rience in­croyable d’être pa­rent, mais ça si­gni­fie aus­si aban­don­ner une grande part de li­ber­té. On en a dis­cu­té avec ma femme, et on a dé­ci­dé de faire un tour du monde avant pour n’avoir au­cun re­gret. On a donc pris cha­cun une an­née sab­ba­tique, et on en a pro­fi­té à fond. Au re­tour, on s’est re­gar­dés in­ten­sé­ment. Puis elle m’a de­man­dé si je me sen­tais prêt à fon­der une fa­mille, et j’ai ré­pon­du oui. Ber­trand, 31 ans

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