REN­CONTRE

Se lan­cer des dé­fis, c’est nor­mal pour un couple. Pour eux, ce se­ra la tra­ver­sée de l’An­tarc­tique, 2 000 km à par­cou­rir.

Cosmopolitan (France) - - SOM­MAIRE - Par Constance Ma­ria Pho­to Sté­pha­nie La­combe

Où, quand, comment ?

Sté­pha­nie : 2002, ren­trée à HEC. Dans ma classe, il y a un autre pro­vin­cial : je suis tou­lou­saine, il est bre­ton, ça nous rap­proche. Tout de suite, c’est l’al­chi­mie. Mais être en couple n’est pas ma prio­ri­té. Jé­ré­mie : On était dans la même classe à HEC et nos noms se sui­vaient sur la liste al­pha­bé­tique. Ni elle, ni moi n’étions pa­ri­siens et on pas­sait sou­vent nos va­cances sur le cam­pus, les liens se sont créés. On avait 19 ans…

Pre­mier bai­ser ?

Le 29 mars 2003, il faut dire qu’au bout de six mois, il était temps ! On sa­vait qu’on se plai­sait, je n’ai pas pris trop de risques non plus.

Et après ?

À la ren­trée sui­vante, une chambre à deux sur le cam­pus et l’an­née d’après un stu­dio à Pa­ris. Notre pre­mier voyage en­semble : un road trip de 10 000 ki­lo­mètres aux États-Unis, sans ar­gent. C’est là que Jé­ré­mie m’a de­man­dé de l’épou­ser. Pour une vie à deux tré­pi­dante et spor­tive ! Ponc­tuée de sa­me­dis pas­sés à cou­rir dans un en­tre­pôt fri­go­ri­fique dès 5 heures du ma­tin pour pré­pa­rer une ex­pé­di­tion au Groen­land ou un ma­ra­thon au pôle Nord ! Là des­sus, on s’est vrai­ment trou­vés. Ce n’est pas l’un qui pousse l’autre. Fin de nos études, on est avo­cats tous les deux. Vient alors ce pro­jet de tra­ver­sée de l’An­tarc­tique : il nous faut quatre ans pour trou­ver des spon­sors, être prêts phy­si­que­ment… Nos proches nous ont sou­te­nus. Pas fa­cile, sur­tout quand ils ont pris conscience des risques après la mort d’un aven­tu­rier qui ten­tait cette tra­ver­sée aus­si. Cô­té bou­lot, mon em­ployeur m’a oc­troyé un congé sans solde. Ce­lui de Sté­pha­nie a été moins conci­liant : il a mis fin à son contrat. Cette aven­ture nous a beau­coup sou­dés.

Prin­ci­pale qua­li­té ?

Son op­ti­misme. Il voit le bien par­tout. Et il est très al­truiste. Elle a le sens du dé­tail. Quand il fait -50°C, chaque chose compte.

Prin­ci­pal dé­faut ?

Son im­pa­tience. Il ai­me­rait voir les pro­jets que l’on pré­pare se concré­ti­ser plus vite. En épou­sant une femme qui vient de Tou­louse, je pen­sais me ré­ga­ler, mais hé­las, les four­neaux, c’est moi !

Plus beau sou­ve­nir ?

La réus­site de la tra­ver­sée de l’An­tarc­tique après 74 jours d’ex­pé­di­tion. On était épui­sés, amai­gris. On a pleu­ré. At­teindre le pôle Sud le 23 dé­cembre et y pas­ser Noël avec l’im­pres­sion d’être sur une autre pla­nète.

Des pro­jets ?

Écrire d’autres livres. On a dé­jà pu­blié « Ex­pé­di­tion Across An­tar­ti­ca » aux édi­tions Vi­lo, pré­fa­cé par Ni­co­las Va­nier. Re­par­tir, mais aus­si fon­der une fa­mille. Et conti­nuer à par­ta­ger pour in­ci­ter cha­cun à croire en ses rêves.

Sté­pha­nie, 33 ans, avo­cate et aven­tu­rière-confé­ren­cière. Jé­ré­mie, 33 ans, avo­cat et aven­tu­rier­con­fé­ren­cier.

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