L

Cosmopolitan (France) - - ÉDITO -

e réveil n’a pas son­né. 35 mi­nutes. Le taxi ar­rive dans 35 mi­nutes. Plus que 34 mi­nutes pour prendre une douche, la­ver et bru­sher mes che­veux, bou­cler ma va­lise, consti­tuer une trousse de mé­docs – la grosse crève qui pointe – re­lire ma pré­sen­ta­tion, pres­ser des oranges. Plus que 32 mi­nutes pour… ré­vi­ser toutes mes am­bi­tions à la baisse. Le sham­pooing, ce se­ra sec, le Po­wer­point, ce se­ra dans le train, et le jo­li mot que je comp­tais ai­man­ter sur le fri­go à l’at­ten­tion de mes filles et mon amou­reux, ce se­ra un tex­to de groupe dans le taxi. S’il ar­rive, car un jour comme ça, sou­vent, le taxi n’ar­rive pas. Quatre heures de TGV plus tard, ma pré­sen­ta­tion est fi­ce­lée, j’ai en­quillé deux épi­sodes de « The Night Of » et qua­si fi­ni ma nuit. Pour­tant le coeur n’y est pas. C’est ce qu’on ap­pelle un jour sans. Jus­qu’au mo­ment où je l’aper­çois. Pile poil face à l’hô­tel. La pis­cine. Un coup d’oeil à ma montre, c’est jouable. Dans n’im­porte quelle va­lise, même bou­clée à la hâte, j’ai tou­jours un maillot, des lu­nettes, un bon­net. En moins de temps qu’il n’en faut pour souf­fler les bou­gies d’un gâ­teau, je suis dans l’eau. Oh cette dou­ceur de voir dé­fi­ler les nuages sans autre bruit que ce­lui de l’eau qui glisse le long de mon bras puis de mon oreille à gauche, à droite. Le monde n’a plus prise sur moi. Je suis bien, apai­sée. Après ce der­nier bain d’au­tomne, le ciel est plus bleu que ja­mais, l’ac­cent du Sud chante dou­ce­ment jus­qu’à mes tym­pans. Pour trans­for­mer un jour sans en jour avec, p. 128, on a cha­cune un se­cret. Dé­sor­mais vous connais­sez le mien. Plouf ! @ma­rie­la­fon­ta

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.