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Des Fran­çaises n’ont pas en­vie de trin­quer avec leur belle-mère.

Cosmopolitan (France) - - TCHIN-TCHIN -

(Opi­nionWay, 2014) miettes (« Lève ta flûte, ton as­siette et ton por­table deux se­condes ») et les prises de conscience pa­ni­quées (« Quel­qu’un a vu le chat ? ! »), là, notre chère ma­man, elle est à deux doigts du burn-out spé­cial Noël. Suf­fit d’un pe­tit four trop cuit pour qu’elle s’éva­nouisse. Comment on gère ? Même si ses al­lers­re­tours in­in­ter­rom­pus cui­sine-sa­lon nous donnent le tour­nis et que, sé­rieux, elle est quand même un peu stres­sée pour une soi­rée din­don­ca­deaux, il faut avouer qu’elle s’est don­née. Alors on lui glisse, de temps en temps, que la dé­co est top, que les plats sont dé­li­cieux… On lui dit qu’elle a as­su­ré, et qu’on lui en est re­con­nais­sante. Et on la re­charge en cham­pagne. Tout le temps.

L’oncle li­bi­di­neux

« C’est pas parce que t’as plus 10 ans que tu vas pas ve­nir em­bras­ser ton vieux ton­ton, hein ! » Clin d’oeil lu­brique, rire gras et trois pe­tites tapes sur les cuisses : Ton­ton Hu­bert, c’est le bou­let de la soi­rée, ce­lui qu’on évite comme une plaque d’égout quand on est en ta­lons. Ce­lui à cô­té de qui il ne faut sur­tout pas fi­nir, sous peine de pas­ser trois heures à ti­rer ner­veu­se­ment sur notre jupe en res­pi­rant par la bouche (parce que Ton­ton Hu­bert, qui en­chaîne les verres de whis­ky, a la même no­tion des dis­tances que la vieille dame stres­sée qui nous colle dans la file du su­per­mar­ché). Comment on gère ? Si on n’est pas dé­si­gnée pour s’oc­cu­per du plan de table, on pro­fite de l’apé­ro pour in­ver­ser dis­cre­tos les éti­quettes. Ni vu, ni connu, je t’em­brouille. Et quand il nous fait une re­marque gê­nante, on fait mine de ne pas en­tendre, ou on lui ré­pond car­ré­ment qu’il nous met mal à l’aise. Si on ne se sent pas de te­nir tête à la cra­pule, on se la joue in­gé­nue ef­fa­rou­chée : « Papa, ton frère me fait peur. » Non, mais.

La grand-mère bel­li­queuse

« C’est mar­rant, je la fais pas comme ça, la dinde, moi. » Dans la fa­mille, c’est bien connu : Mé­mé, elle adore ca­ler sa canne dans toutes les roues qui passent. Ses deux ap­pels par an (un pour notre an­ni­ver­saire, avec 3 à 10 jours de re­tard, et un pour nous de­man­der, trois mois après, si on a bien re­çu sa carte ca­deau de 5 € chez Cy­rillus), on les at­tend comme la pluie après un bru­shing. Ins­tal­lée dans son fau­teuil qu’elle ne quit­te­ra pas de la soi­rée, Mé­mé toise chaque in­vi­té et piaille une pique quand elle est ins­pi­rée – c’est-à-dire dès que quel­qu’un ouvre la bouche. On s’en pas­se­rait bien (et on n’est pas la seule) mais qu’est-ce que vous vou­lez, à ce qu’il pa­raît, elle est de la fa­mille. Comment on gère ? Trois mots : com­mu­ni­ca­tion non-vio­lente. Au lieu de s’éner­ver – ce qui ne pour­rait lui faire plus plai­sir – on adopte cette tech­nique qui consiste à ex­pri­mer ce qu’on res­sent. On lui offre notre plus belle moue de chiot bat­tu, et on lève vers elle de grands yeux of­fen­sés : « Ce que tu me dis me blesse. Pour­quoi tu parles comme ça ? » Et hop ! on sort le pop-corn : la voir hé­si­ter, fron­cer les sour­cils et sé­cher, ça vaut toutes les piques sur nos deux kilos de trop.

Les gosses hys­té­riques

En moins de temps qu’il n’en faut à Ton­ton Hu­bert pour se ser­vir un whis­ky, six ga­mins sur­ex­ci­tés ont fait val­din­guer la crèche, ex­plo­sé un vase, et se ba­lancent des boules de Noël, ca­chés der­rière les fau­teuils. Dès que le calme semble ré­ta­bli, ils dé­barquent en ga­lo­pant, tout trans­pi­rants, les yeux

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